ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Agenda en quatre temps pour améliorer les connaissances écologiques des écosystèmes et lmportance des aspects fonctionnels des entités clés fournissant les services
Résumé de la review :
Actuellement, de nombreux services écosystémiques sont en déclins du fait de l’impact de l’Homme sur les écosystèmes. Les services écosystémiques, bien que très utilisés à présent pour des justifications économiques, reposent sur de faibles connaissances concernant leur écologie. Or leur gestion et leur conservation se doivent de reposer sur des fondements scientifiques. En outre, le rôle de la biodiversité dans la production de ces services, ce qui est pourtant un enjeu clé, est trop peu relaté et étudié. Les études portant sur le lien entre biodiversité est fonctionnalité des écosystèmes portées par les laboratoires de recherche les étudient en conditions expérimentales, ce qui diffère largement des conditions in-situ. Bien que ces approches aient apportées de nombreuses connaissances, il est maintenant indispensable d’allier connaissances fondamentales sur l’écologie des écosystèmes et conservation in-situ des services écosystémiques.
Dans cet article, au lendemain du Millénium Assessment Ecosystem, Claire KREMEN propose un “Agenda écologique de recherche pour les services écosystémiques ”.
La gestion des services écosystémiques est une tâche complexe puisqu’elle oblige à prendre en considération l’ensemble des composants de l’écosystème. Il est indispensable pour cela de travailler en quatre temps :
Identifier les entités clés « ecosystem service providers »
Déterminer les différents aspects de la structure de la communauté qui influence les fonctions
Identifier les facteurs clés influençant la production des services écosystémiques
Mesurer l’échelle spatio temporelle des « ecosystem service providers » et des services eux-mêmes_
Tous ces enjeux se doivent d’être étudiés en synergie pour une conservation efficace des services écosystémiques. Bien que la vision socio-économique soit très importante, ce n’est pas l’objet de cette étude. Un tel agenda serait un défi important mais réalisable et permettrait d’utiliser la notion de services écosystémiques à bon escient.
Une entité clé de fournisseur de service écosytémique peut être une population, un groupe fonctionnel, un habitat, un réseau trophique, etc. Définir la bonne échelle de biodiversité à étudier (génétique, population, écosystème) est un pré-requis pour étudier les liens entre services et biodiversité. Un SE peut être décrit localement par une approche fonctionnelle. L’importance fonctionnelle d’une espèce correspond à la part prise par cette entité dans la réalisation du SE. Il s’agit d’un travail complexe afin de réaliser un inventaire exhaustif. Cette étape est indispensable mais non suffisante. Il est important en outre d’étudier leur densité, biomasse, interactions et variations spatiales et temporelles.
Conclusion : L'utilisation de la méthode en pratique
L’auteur conclue avec un exemple en cours au moment de la parution de son article : l’application de la méthode en quatre temps pour développer un programme de conservation des services de pollinisation via les abeilles sauvages en Californie. Il s'agirait ici, d'un exemple de réussite de la mise en oeuvre d'un tel agenda.
Rigueur de la review :
*L’auteur *
Claire KREMEN est Professeur à l’Université de Californie, Berkley, département de sciences environnementales, politique et management. Son travail d’écologue se concentre sur la caractérisation et la compréhension des liens entre biodiversité et services écosystémiques, afin de développer des programmes durables de conservation. Ses recherches actuelles explorent les aspects écologiques, sociaux et économiques avec un intérêt particulier pour la pollinisation.
Ce que cette review apporte au débat :
Il s'agit d'une méthode de gestion innovante (pour 2005 tout du moins, qui correspond à l’année du MEA).
13% de la surface des continents pourraient être préservés pour des enjeux d’utilisation de l’eau uniquement (Reid, 2001). 3 milliosn d’ha pourraient être reforesté pour la séquestration du carbone par an.
L’auteur se pose la question de la réalisabilité de cette méthode en quatre temps en pratique. Pour cela il faudrait standardiser les méthodes, les dupliquer, et réaliser des travaux interdisciplinaires. Les écologues doivent mettre en place des campagnes massives pour convaincre la société de l’importance des services écosystémiques et demander des ressources pour les études – «nothing less than our human future is at stake. »
Néanmoins, il s'agit d'un travail très chronophage vu les implications qui en découlent. Dans la réalité de la conception des programmes de gestion, il parait difficile de mettre en place une telle méthode.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
Muriel Drouglazet.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Agenda en quatre temps pour améliorer les connaissances écologiques des écosystèmes et lmportance des aspects fonctionnels des entités clés fournissant les services
Résumé de la review :
Actuellement, de nombreux services écosystémiques sont en déclins du fait de l’impact de l’Homme sur les écosystèmes. Les services écosystémiques, bien que très utilisés à présent pour des justifications économiques, reposent sur de faibles connaissances concernant leur écologie. Or leur gestion et leur conservation se doivent de reposer sur des fondements scientifiques. En outre, le rôle de la biodiversité dans la production de ces services, ce qui est pourtant un enjeu clé, est trop peu relaté et étudié. Les études portant sur le lien entre biodiversité est fonctionnalité des écosystèmes portées par les laboratoires de recherche les étudient en conditions expérimentales, ce qui diffère largement des conditions in-situ. Bien que ces approches aient apportées de nombreuses connaissances, il est maintenant indispensable d’allier connaissances fondamentales sur l’écologie des écosystèmes et conservation in-situ des services écosystémiques.
Dans cet article, au lendemain du Millénium Assessment Ecosystem, Claire KREMEN propose un “Agenda écologique de recherche pour les services écosystémiques ”.
La gestion des services écosystémiques est une tâche complexe puisqu’elle oblige à prendre en considération l’ensemble des composants de l’écosystème. Il est indispensable pour cela de travailler en quatre temps :
Tous ces enjeux se doivent d’être étudiés en synergie pour une conservation efficace des services écosystémiques. Bien que la vision socio-économique soit très importante, ce n’est pas l’objet de cette étude. Un tel agenda serait un défi important mais réalisable et permettrait d’utiliser la notion de services écosystémiques à bon escient.
Une entité clé de fournisseur de service écosytémique peut être une population, un groupe fonctionnel, un habitat, un réseau trophique, etc. Définir la bonne échelle de biodiversité à étudier (génétique, population, écosystème) est un pré-requis pour étudier les liens entre services et biodiversité. Un SE peut être décrit localement par une approche fonctionnelle. L’importance fonctionnelle d’une espèce correspond à la part prise par cette entité dans la réalisation du SE. Il s’agit d’un travail complexe afin de réaliser un inventaire exhaustif. Cette étape est indispensable mais non suffisante. Il est important en outre d’étudier leur densité, biomasse, interactions et variations spatiales et temporelles.
Conclusion : L'utilisation de la méthode en pratique
L’auteur conclue avec un exemple en cours au moment de la parution de son article : l’application de la méthode en quatre temps pour développer un programme de conservation des services de pollinisation via les abeilles sauvages en Californie. Il s'agirait ici, d'un exemple de réussite de la mise en oeuvre d'un tel agenda.
*L’auteur *
Claire KREMEN est Professeur à l’Université de Californie, Berkley, département de sciences environnementales, politique et management. Son travail d’écologue se concentre sur la caractérisation et la compréhension des liens entre biodiversité et services écosystémiques, afin de développer des programmes durables de conservation. Ses recherches actuelles explorent les aspects écologiques, sociaux et économiques avec un intérêt particulier pour la pollinisation.
Il s'agit d'une méthode de gestion innovante (pour 2005 tout du moins, qui correspond à l’année du MEA).
13% de la surface des continents pourraient être préservés pour des enjeux d’utilisation de l’eau uniquement (Reid, 2001). 3 milliosn d’ha pourraient être reforesté pour la séquestration du carbone par an.
L’auteur se pose la question de la réalisabilité de cette méthode en quatre temps en pratique. Pour cela il faudrait standardiser les méthodes, les dupliquer, et réaliser des travaux interdisciplinaires. Les écologues doivent mettre en place des campagnes massives pour convaincre la société de l’importance des services écosystémiques et demander des ressources pour les études – «nothing less than our human future is at stake. »
Néanmoins, il s'agit d'un travail très chronophage vu les implications qui en découlent. Dans la réalité de la conception des programmes de gestion, il parait difficile de mettre en place une telle méthode.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.