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Cette revue synthétise les preuves fossiles en relation avec l'évolution dans le genre Homo.
Ils se concentrent notamment sur les indices montrant une diversité taxonomique au début de l'histoire évolutive d'Homo.
Les définitions d'un genre applicables aux relevés fossiles utilisent deux catégories d'inférences à partir d'indices phénotypiques:
Générer des hypothèses sur la proximité de taxons : les taxons sont-ils dans le même clade ?
Générer des hypothèses sur le niveau adaptatif du taxon : les taxons sont-ils dans le même grade ?
Il est largement supposé que les espèces inclues dans le genre Homo devraient être comprises dans un groupe monophylétique, et qu'ils devraient partager les mêmes caractéristiques fonctionnelles. Ainsi, la recherche de l'origine du genre Homo est une recherche de l'origine d'une entité étant à la fois un grade et un clade.
Quand commence le genre Homo ?
Actuellement, le genre Homo comprend H. sapiens, H. neanderthalensis, H. heidelbergensis et H. erectus. Qu'en est-il de H. habilis et H. rudolfensis ? (Figure 2). Il semblerait qu'ils devraient également être inclus dans le genre Homo, cependant les indices permettant de les placer chez Homo ne sont pas aussi forts que ceux utilisés pour inclure les autres espèces.
Critères de grade
Il est supposé que les similarités adaptatives devraient être jugées sur la base de données tirées directement des tissus durs, plutôt que d'inférences faites à partir de ces tissus. Les critères adaptatifs considérés peuvent être : la taille et la forme du corps, la posture, le mode de locomotion, indices des capacités cognitives, indices de dextérité, régime alimentaire et les histoires de vie.
Avec ce type d'études, l'homme d'Olduvai (H. habilis) présente des caractéristiques (taille et forme) plus proches des hominidés archaïques (Australopithecus), de même pour la posture et le mode de locomotion. Les autres critères vont également dans ce sens pour H. rudolfensis.
Ainsi, la limite inférieure du genre Homo se déplace en fonction du critère adaptatif utilisé. Si on utilise la taille du cerveau, alors le genre Homo n'inclue pas H. erectus, en revanche, si l'on utilise la forme du corps, H. erectus est inclus mais pas H. habilis ni H. rudolfensis.
Evolution dans le genre Homo
En considérant H. habilis et H. rudolfensis inclus dans le genre Homo, que peut on conclure à propos de l'évolution dans le genre Homo ? Les nouvelles espèces apparaissent-elles par anagenèse ou par cladogenèse ?
Preuves d'une diversité taxonomique chez Homo primitifs
Certains auteurs classent H. habilis sensu stricto et H. rudolfensis dans la même espèce : H. habilis sensu lato. Cependant, des preuves (degré de variation important, différents assemblages de caractères primitifs et dérivés) tendent à montrer que ces deux espèces sont bien distinctes.
Il y a également un débat pour savoir si H. habilis s.l. et H. erectus sont successifs ou ont vécu en même temps. Les données montrent que ces taxons ont coexisté pendant près d'un demi million d'années. Il est donc peu probable que le second ait évolué à partir du premier, et cela fournit ainsi une preuve en faveur de la cladogenèse chez les Homo primitifs.
Preuves d'une diversité taxonomique chez Homo tardifs
Il existe également des preuves de diversité taxonomique mais pas nécessairement de sympatrie pour les taxons plus récents du clade Homo. En effet, il est accepté depuis longtemps que H. sapiens et neanderthalensis ont vécu à la même période (mais à des endroits différents), plus récemment Grün et al (1997) ont suggéré que H. erectus aurait persisté plus longtemps que ce que la plupart des chercheurs pensent actuellement (ex d'Homo floresiensis). Cependant des analyses récentes tendent à montrer que ce dernier serait plus proche des homininés "de transition" comme H. habilis s.s..
Rigueur de la review :
Les auteurs précisent que : "Les auteurs ne sont au courant d'aucune affiliation, adhésion, financement ou participation financière qui pourraient être perçues comme affectant l'objectivité de cette revue"
Ce que cette review apporte au débat :
Cette revue se concentre sur les espèces appartenant au genre Homo, et discute pour savoir si les Homo primitifs que sont H. habilis et H. rudolfensis peuvent être ou non intégrés dans le genre Homo. Elle permet la mise en évidence que ce choix va dépendre de la définition du genre ainsi que des critères utilisés (clade ou grade).
Elle montre également que les espèces dans le genre Homo se forment certainement par cladogenèse plutôt que par anagenèse, ce qui permet ainsi la coexistence dans le temps et/ou l'espace d'espèces différentes. Cette diversité taxonomique étant retrouvée dans les registres fossiles.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
M.Dubart.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Évolution dans le Genre Homo
Cette revue synthétise les preuves fossiles en relation avec l'évolution dans le genre Homo.
Ils se concentrent notamment sur les indices montrant une diversité taxonomique au début de l'histoire évolutive d'Homo.
Les définitions d'un genre applicables aux relevés fossiles utilisent deux catégories d'inférences à partir d'indices phénotypiques:
Il est largement supposé que les espèces inclues dans le genre Homo devraient être comprises dans un groupe monophylétique, et qu'ils devraient partager les mêmes caractéristiques fonctionnelles. Ainsi, la recherche de l'origine du genre Homo est une recherche de l'origine d'une entité étant à la fois un grade et un clade.
Quand commence le genre Homo ?
Actuellement, le genre Homo comprend H. sapiens, H. neanderthalensis, H. heidelbergensis et H. erectus. Qu'en est-il de H. habilis et H. rudolfensis ? (Figure 2). Il semblerait qu'ils devraient également être inclus dans le genre Homo, cependant les indices permettant de les placer chez Homo ne sont pas aussi forts que ceux utilisés pour inclure les autres espèces.
Critères de grade
Il est supposé que les similarités adaptatives devraient être jugées sur la base de données tirées directement des tissus durs, plutôt que d'inférences faites à partir de ces tissus. Les critères adaptatifs considérés peuvent être : la taille et la forme du corps, la posture, le mode de locomotion, indices des capacités cognitives, indices de dextérité, régime alimentaire et les histoires de vie.
Avec ce type d'études, l'homme d'Olduvai (H. habilis) présente des caractéristiques (taille et forme) plus proches des hominidés archaïques (Australopithecus), de même pour la posture et le mode de locomotion. Les autres critères vont également dans ce sens pour H. rudolfensis.
Ainsi, la limite inférieure du genre Homo se déplace en fonction du critère adaptatif utilisé. Si on utilise la taille du cerveau, alors le genre Homo n'inclue pas H. erectus, en revanche, si l'on utilise la forme du corps, H. erectus est inclus mais pas H. habilis ni H. rudolfensis.
Evolution dans le genre Homo
En considérant H. habilis et H. rudolfensis inclus dans le genre Homo, que peut on conclure à propos de l'évolution dans le genre Homo ? Les nouvelles espèces apparaissent-elles par anagenèse ou par cladogenèse ?
Preuves d'une diversité taxonomique chez Homo primitifs
Certains auteurs classent H. habilis sensu stricto et H. rudolfensis dans la même espèce : H. habilis sensu lato. Cependant, des preuves (degré de variation important, différents assemblages de caractères primitifs et dérivés) tendent à montrer que ces deux espèces sont bien distinctes.
Il y a également un débat pour savoir si H. habilis s.l. et H. erectus sont successifs ou ont vécu en même temps. Les données montrent que ces taxons ont coexisté pendant près d'un demi million d'années. Il est donc peu probable que le second ait évolué à partir du premier, et cela fournit ainsi une preuve en faveur de la cladogenèse chez les Homo primitifs.
Preuves d'une diversité taxonomique chez Homo tardifs
Il existe également des preuves de diversité taxonomique mais pas nécessairement de sympatrie pour les taxons plus récents du clade Homo. En effet, il est accepté depuis longtemps que H. sapiens et neanderthalensis ont vécu à la même période (mais à des endroits différents), plus récemment Grün et al (1997) ont suggéré que H. erectus aurait persisté plus longtemps que ce que la plupart des chercheurs pensent actuellement (ex d'Homo floresiensis). Cependant des analyses récentes tendent à montrer que ce dernier serait plus proche des homininés "de transition" comme H. habilis s.s..
Les auteurs précisent que : "Les auteurs ne sont au courant d'aucune affiliation, adhésion, financement ou participation financière qui pourraient être perçues comme affectant l'objectivité de cette revue"
Cette revue se concentre sur les espèces appartenant au genre Homo, et discute pour savoir si les Homo primitifs que sont H. habilis et H. rudolfensis peuvent être ou non intégrés dans le genre Homo. Elle permet la mise en évidence que ce choix va dépendre de la définition du genre ainsi que des critères utilisés (clade ou grade).
Elle montre également que les espèces dans le genre Homo se forment certainement par cladogenèse plutôt que par anagenèse, ce qui permet ainsi la coexistence dans le temps et/ou l'espace d'espèces différentes. Cette diversité taxonomique étant retrouvée dans les registres fossiles.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.