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Spread of social information and dynamics of social transmission within Drosophila groups.
Introduction à l'article :
La façon dont l'information façonne des comportements dépend de la balance entre l'information recueillie au travers d'expériences personnelles et celles glanées au cours d'interactions sociales et leur diffusion dans le groupe. Cet article étudie la façon dont les femelles Drosophila melanogaster, en conditions semi naturelles, utilisent les informations sociales et si ces informations peuvent se répandre et se maintenir à l'intérieur d'un groupe, un pré-requis pour établir une transmission comportementale.
Le site de ponte chez les Drosophile a une importance majeure sur la fitness. Ce choix peut dépendre de facteurs génétiques et environnementaux et peut être modifié par des expériences personnelles et des indices sociaux (hormones, interactions). Les Drosophiles utilisent des informations sociales pour l'oviposition en l'absence de ces facteurs. Cet article cherche à savoir si la préférence pour un site peut se diffuser et se stabiliser au sein d'un groupe.
Expériences de l'article :
Le premier set d'expérience a été conçu pour déterminer si les mouches utilisent des informations sociales pour décider du site de ponte lorsqu'elles ont à la fois accès à des informations sociales et individuelles.
Le deuxième set d'expérience vise à tester si des informations sociales transmises de mouches démonstratrices aux mouches observatrices peuvent à nouveau se transmettre de ces observatrices à des observatrices naïves, visant à évaluer la stabilité de l'information sociale à l'intérieur d'un groupe.
Résultats de l'article :
Ces expériences montrent que le choix du site de ponte est hautement influencé par des interactions sociales préalables. En effet, les mouches observatrices naïves développent une préférence pou le même support (banane ou fraise) de site de ponte que les mouches démonstratrices conditionnées pour choisir un des deux supports seulement. Etonnamment, le site de ponte préférentiel a été transmis des mouches démonstratrices aux observatrices même si elles ont interagi avec une cage contenant pour seul support de l'agar sans saveur et même si les observatrices ont eu une expérience préalable avec un des deux autres supports (banane ou fraise). Ces recherches illustrent des processus de diffusion d'informations sociales à l'intérieur d'un groupe et posent la base d'une adaptation des comportements à un contexte local.
Rigueur de l'article :
Cet article de 2012, est déjà cité une trentaine de fois. Les conditions des expériences sont clairement établies et la rigueur scientifique est de mise.
Ce que cet article apporte au débat :
Les Drosophiles peuvent transmettre et utiliser des informations sociales à l'intérieur d'un groupe. Ces informations sont privilégiées au détriment d'informations d'ordre individuelles, d'hormones et de facteurs environnementaux qui paraissent bénéfiques pour la reproduction. De fait, les drosophiles ont capables d'adapter leur comportement à un contexte local et de transmettre à nouveau ces informations à des individus naïfs. La question se pose donc de savoir si l'on pourrait envisager le concept de culture et de transmission culturelle dans un taxon si éloigné du notre.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
sebgic.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Spread of social information and dynamics of social transmission within Drosophila groups.
Introduction à l'article :
La façon dont l'information façonne des comportements dépend de la balance entre l'information recueillie au travers d'expériences personnelles et celles glanées au cours d'interactions sociales et leur diffusion dans le groupe. Cet article étudie la façon dont les femelles Drosophila melanogaster, en conditions semi naturelles, utilisent les informations sociales et si ces informations peuvent se répandre et se maintenir à l'intérieur d'un groupe, un pré-requis pour établir une transmission comportementale.
Le site de ponte chez les Drosophile a une importance majeure sur la fitness. Ce choix peut dépendre de facteurs génétiques et environnementaux et peut être modifié par des expériences personnelles et des indices sociaux (hormones, interactions). Les Drosophiles utilisent des informations sociales pour l'oviposition en l'absence de ces facteurs. Cet article cherche à savoir si la préférence pour un site peut se diffuser et se stabiliser au sein d'un groupe.
Le premier set d'expérience a été conçu pour déterminer si les mouches utilisent des informations sociales pour décider du site de ponte lorsqu'elles ont à la fois accès à des informations sociales et individuelles.
Le deuxième set d'expérience vise à tester si des informations sociales transmises de mouches démonstratrices aux mouches observatrices peuvent à nouveau se transmettre de ces observatrices à des observatrices naïves, visant à évaluer la stabilité de l'information sociale à l'intérieur d'un groupe.
Ces expériences montrent que le choix du site de ponte est hautement influencé par des interactions sociales préalables. En effet, les mouches observatrices naïves développent une préférence pou le même support (banane ou fraise) de site de ponte que les mouches démonstratrices conditionnées pour choisir un des deux supports seulement. Etonnamment, le site de ponte préférentiel a été transmis des mouches démonstratrices aux observatrices même si elles ont interagi avec une cage contenant pour seul support de l'agar sans saveur et même si les observatrices ont eu une expérience préalable avec un des deux autres supports (banane ou fraise). Ces recherches illustrent des processus de diffusion d'informations sociales à l'intérieur d'un groupe et posent la base d'une adaptation des comportements à un contexte local.
Cet article de 2012, est déjà cité une trentaine de fois. Les conditions des expériences sont clairement établies et la rigueur scientifique est de mise.
Les Drosophiles peuvent transmettre et utiliser des informations sociales à l'intérieur d'un groupe. Ces informations sont privilégiées au détriment d'informations d'ordre individuelles, d'hormones et de facteurs environnementaux qui paraissent bénéfiques pour la reproduction. De fait, les drosophiles ont capables d'adapter leur comportement à un contexte local et de transmettre à nouveau ces informations à des individus naïfs. La question se pose donc de savoir si l'on pourrait envisager le concept de culture et de transmission culturelle dans un taxon si éloigné du notre.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.