ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Orangutan Cultures and the Evolution of Material Culture
Introduction à l'article :
Considérer la culture comme l'ensemble des comportements à transmission sociale est très utile pour la réalisation d'études comparatives. En effet, cela permet de considérer qu'un élément culturel doit être présent chez plusieurs ou la totalité des individus d'un site, mais ne doit pas exister dans tout les sites similaires. Ainsi, seul la transmission social peut être à l'origine de ces différences de comportement (considérant que la variabilité génétique n'a pas d'effet sur ces comportements). Afin d'étudier la culture animale, il est donc essentiel d'étudier ces organismes et leurs interactions dans leurs milieux naturels. Néanmoins, il est difficile de prouver que c'est bien la transmission social qui est à l'origine des comportements similaires observés entre groupes d'une même espèce, et non des similarités écologiques entre sites ayant conduit à une convergence de comportement. Il faut donc prendre en compte l'écologie pour statuer sur l'aspect culturel d'un comportement animal.
Expériences de l'article :
Les auteurs utilisent des données d'observations de 6 populations d'orang-outan des îles de Sumatra et Bornéo pour inférer des comportements susceptibles d'être culturels. Ils ne choisissent pour leur étude que les comportements présentant des différences entre groupes, qui ne sont pas liés à la consommation de fruits -sauf si cela implique l'utilisation d'un outil- et qui ne reflete pas directement des différences écologiques entre sites. Ils utilisent la distance entre sites pour établir une relation entre distance et différence culturel ; Afin d'estimer leurs effets sur l'importance du répertoire culturel, ils mesurent le durée totale de repos par jours, celle attribuée à la recherche et la consommation de nourriture , ainsi que celle passée en association avec d'autres individus. Pour finir, ils utilisent l'habitat des sites d'études pour prendre en compte les aspects écologiques.
Résultats de l'article :
Dans un premiers temps, les auteurs observent sur les 6 sites au moins 24 comportements qu'ils peuvent attribuer à la culture.
Les auteurs observent une claire corrélation négative entre la distance entre site et le nombre de comportement culturel commun observé. De plus, si le temps de repos et de nourrissage ne semble pas avoir d'effet sur l'importance du répertoire culturel, ils observent une corrélation important entre le temps en association -utilisé comme proxy des opportunités d'apprentissages- et le nombre de traits culturels.
Ils n'observent pas d'effet de l'habitat sur les répertoires culturels des groupes d'orang-outan. Ils concluent donc qu'on observe bien de la culture chez les orangs-outans.
Rigueur de l'article :
Cet articles présente dans un premiers temps des limites statistiques. Du fait du faible nombre de site (6), leur résultats sont peu significatifs, et leurs conclusions doivent donc être considérées en prenant en compte cet élément. De plus, ils définissent seulement deux types d'habitat (plaines inondées et forets humides) pour établir que l'écologie n'a pas d'impact sur le répertoire culturel. Il semble nécessaire de prendre en compte d'autres facteurs pour statuer sur cette question. Pour finir, si ils observent bien de la culture chez les orangs-outans, leur étude n'isole pas séparément les différents traits ou types de trait culturel les uns des autres et donc ne permet pas de comprendre leurs origines et dynamiques.
Ce que cet article apporte au débat :
Nous avons ici un article assez classique sur les méthodes d'étude de la culture animal. En définissant préalablement la culture comme étant l'ensemble des comportement socialement transmis, les auteurs mettent en avant l'existence de tels comportements au sein d'une métapopulation d'orang-outan. Cet article prouve donc qu'on peux montrer la présence de culture chez des espèces animales, si l'on définit clairement ce que l'on entend par culture. De plus, ils introduisent par comparaison que seul l'humain possède une telle complexité d'éléments culturels dans une aussi grande proportion.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
Paul.J.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Orangutan Cultures and the Evolution of Material Culture
Introduction à l'article :
Considérer la culture comme l'ensemble des comportements à transmission sociale est très utile pour la réalisation d'études comparatives. En effet, cela permet de considérer qu'un élément culturel doit être présent chez plusieurs ou la totalité des individus d'un site, mais ne doit pas exister dans tout les sites similaires. Ainsi, seul la transmission social peut être à l'origine de ces différences de comportement (considérant que la variabilité génétique n'a pas d'effet sur ces comportements). Afin d'étudier la culture animale, il est donc essentiel d'étudier ces organismes et leurs interactions dans leurs milieux naturels. Néanmoins, il est difficile de prouver que c'est bien la transmission social qui est à l'origine des comportements similaires observés entre groupes d'une même espèce, et non des similarités écologiques entre sites ayant conduit à une convergence de comportement. Il faut donc prendre en compte l'écologie pour statuer sur l'aspect culturel d'un comportement animal.
Les auteurs utilisent des données d'observations de 6 populations d'orang-outan des îles de Sumatra et Bornéo pour inférer des comportements susceptibles d'être culturels. Ils ne choisissent pour leur étude que les comportements présentant des différences entre groupes, qui ne sont pas liés à la consommation de fruits -sauf si cela implique l'utilisation d'un outil- et qui ne reflete pas directement des différences écologiques entre sites. Ils utilisent la distance entre sites pour établir une relation entre distance et différence culturel ; Afin d'estimer leurs effets sur l'importance du répertoire culturel, ils mesurent le durée totale de repos par jours, celle attribuée à la recherche et la consommation de nourriture , ainsi que celle passée en association avec d'autres individus. Pour finir, ils utilisent l'habitat des sites d'études pour prendre en compte les aspects écologiques.
Dans un premiers temps, les auteurs observent sur les 6 sites au moins 24 comportements qu'ils peuvent attribuer à la culture.
Les auteurs observent une claire corrélation négative entre la distance entre site et le nombre de comportement culturel commun observé. De plus, si le temps de repos et de nourrissage ne semble pas avoir d'effet sur l'importance du répertoire culturel, ils observent une corrélation important entre le temps en association -utilisé comme proxy des opportunités d'apprentissages- et le nombre de traits culturels.
Ils n'observent pas d'effet de l'habitat sur les répertoires culturels des groupes d'orang-outan. Ils concluent donc qu'on observe bien de la culture chez les orangs-outans.
Cet articles présente dans un premiers temps des limites statistiques. Du fait du faible nombre de site (6), leur résultats sont peu significatifs, et leurs conclusions doivent donc être considérées en prenant en compte cet élément. De plus, ils définissent seulement deux types d'habitat (plaines inondées et forets humides) pour établir que l'écologie n'a pas d'impact sur le répertoire culturel. Il semble nécessaire de prendre en compte d'autres facteurs pour statuer sur cette question. Pour finir, si ils observent bien de la culture chez les orangs-outans, leur étude n'isole pas séparément les différents traits ou types de trait culturel les uns des autres et donc ne permet pas de comprendre leurs origines et dynamiques.
Nous avons ici un article assez classique sur les méthodes d'étude de la culture animal. En définissant préalablement la culture comme étant l'ensemble des comportement socialement transmis, les auteurs mettent en avant l'existence de tels comportements au sein d'une métapopulation d'orang-outan. Cet article prouve donc qu'on peux montrer la présence de culture chez des espèces animales, si l'on définit clairement ce que l'on entend par culture. De plus, ils introduisent par comparaison que seul l'humain possède une telle complexité d'éléments culturels dans une aussi grande proportion.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.