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Titre de la review :

Exploiting diversity and synthetic biology for the production of algal biofuels


Résumé de la review :

Avec l’épuisement des stocks d’énergies fossiles et la prise de conscience de leur responsabilité dans le réchauffement climatique, il devient important de se tourner vers des énergies renouvelables afin de remplacer le pétrole. Cependant pour être séduisante ces nouvelles énergies doivent être compétitive économiquement par rapport au pétrole.
Les biocarburants dits de 3éme génération ou sont produits à partir d’algues dont on extrait des lipides pour produire du biodiésel par transestérification ou de la bio-essence par distillation ou « cracking ».
Les biocarburants à base d’algues semblent être actuellement les biocarburants les plus rentables en terme de rendement par rapport à la surface puisque puisqu’ils faudrait selon l’estimation de cette rewiew environ 30 millions d’hectare d’installation pour remplacer totalement le pétrole aux états unis, soit moins de 4 % de la surface du pays contre 24 % de la surface dans le cas où on utiliserait de l’huile de palme. Cela a donc une implication importante en matière d’usage de terres, puisqu’un des principaux reproches faits aux biocarburants de 1er mais aussi de 2nd génération est d’occuper des surfaces de terres cultivables qui ne sont alors plus disponible pour l’agriculture. Malgré le fait que la culture de ces biocarburants à base d’algues soit grandement consommatrice d’eau, elle présente l’avantage de pouvoir utiliser des eaux de rejet ou encore de l’eau salée, ne mobilisant ainsi pas d’eau potable
Cependant malgré tous ces avantages les biocarburants à base d’algues ne sont pas encore compétitif par rapport au prix du pétrole mais ça ne peut que s’inverser avec le temps, puisque le pétrole s’épuisant, son prix va augmenter, alors que celui des biocarburants ne devrait faire que baisser si les moyens nécessaire sont mis en place pour les développer.
La rewiew dresse ici une liste des différents points où des efforts de recherche et de développement à cibler afin d’améliorer le rendement final des biocarburants à base d’algues.
Ils expliquent d’abord les différents modes de culture possible :

  • Agricole : Les algues sont cultivées dans des bassins ouverts, cela a l’avantage d’être peu coûteux en installation mais présente également plus de difficultés liées au fait que l’environnement est beaucoup moins contrôlable
  • Industriel : les algues sont cultivées dans des photoréacteurs, à la lumière du soleil ou en utilisant des LEDs. Dans ce cas le rendement est meilleur, mais le prix de production est beaucoup plus élevé Finalement en comparant rendement pur et prix de production, les auteurs tirent la conclusion que le prix du litre de biocarburant à base d’algue reste moins cher dans le cas d’une production en bassins ouverts.

Ensuite ils nous expliquent que pour continuer à augmenter le rendement , il y a un gros travail à faire de domestication des algues, comme il a été fait historiquement avec les plantes cultivées en agriculture. C’est-à-dire qu’il faut développer des variétés qui soient bien adaptées à certaines conditions environnementales qui varient selon les climats et les saisons. Elles doivent permettre de remplir/améliorer un certain nombre de fonctions comme une meilleure efficacité de photosynthèse, augmenter la teneur des algues en lipides, être résistante aux pathogènes, etc ... Pour cela les auteurs proposent d’utiliser des méthodes « classiques » de croisement mais également des méthodes de transgénèse.
Il faudrait également selon eux améliorer des processus plus technique comme le recyclage des nutriments et des déchets de production ainsi que les processus de récolte et d’extraction des lipides.
Ils concluent en disant qu’il reste encore beaucoup d’amélioration à apporter pour une commercialisation à grande échelle mais que cela en vaut la peine puisque ces biocarburants à base représentent de réels avantages.

Rigueur de la review :

Cette revue me semble rigoureuse. Les chiffres donnés sont référencés. De plus cet article a été publié dans Nature, un journal renommé, ce qui même si ça ne doit pas effacé l’esprit critique du lecteur, reste un gage de qualité. Cependant il est probable que cette rewiew ne soit pas objective sur tous ces points, puisqu’un des auteurs, Stephen P. Mayfield, est un des fondateurs de l’entreprise Sapphyre Energy qui produit de l’huile à partir d’algue et qui a donc des intérêts à promouvoir les avantages des biocarburants à base d’algue.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette rewiew nous éclaire sur la faisabilité du développement des biocarburants à base d’algues. En effet elle nous donne des informations sur le type d’infrastructure qui peuvent être mise en place pour produire ces biocarburants. Elle nous renseigne surtout sur les efforts à mettre en place pour que ces biocarburants puissent être commercialisés et remplacent le pétrole. Elle évoque également les avantages de cette 3ème génération de biocarburants par rapport aux précédentes. Elle apporte des arguments en faveur de leur développement et présentent donc ces biocarburants comme une solution écologique faisable pour remplacer les énergies fossiles liquides utilisées dans le transport. Malheureusement elle ne compare pas l’efficacité, la faisabilité et l’impact écologique des biocarburants à bases d’algues avec d’autres formes d’énergie renouvelable non liquides comme par exemple l’électricité produite par de l’éolien ou des panneaux solaires.

Publiée il y a plus de 10 ans par Thibault.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.