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Titre de la review :

Le rôle fonctionnel de la biodiversité dans les écosystèmes : intégrer la complexité trophique


Résumé de la review :

La Biodiversity Ecosystem Functionning theory (BEF) suppose une relation positive entre la biodiversité et le fonctionnement d'un écosystème. Avant l'émergence de cette théorie, l'importance de la structure des communautés sur le fonctionnement des écosystèmes avaient déjà été mise en évidence (avec notamment l'impact potentiellement très important de la disparition de prédateurs). Les interactions entre organismes faisant partie des principaux mécanismes pour expliquer la BEF, rassembler ces différentes études semblent désormais d'une importance capitale.

En un premier temps, les auteurs proposent d'incorporer les différents niveaux trophiques dans l'étude des écosystèmes en divisant la biodiversité en deux dimensions. Celle-ci serait alors composé d'un axe horizontal correspondant aux espèces au même niveau trophique. L'axe vertical décrirait lui le nombre de niveaux trophiques. Ces axes peuvent aussi correspondre à une diversité intra-espèce, on a alors des descripteurs du géneralisme des ressources exploités par les individus en horizontale et de l’omnivorie en verticale. Bien qu'imparfait puisque certaines espèces peuvent être omnivores ou cannibales, ce modèle permettrait de rassembler la théorie BEF et l'écologie des réseaux trophiques.

Les auteurs s’intéressent ensuite à plusieurs questions. En un premier temps, ils souhaitent comprendre l'impact de la biodiversité sur la production à différents niveau trophiques (ainsi que pour l'acquisition des ressources). Ainsi, les modèles théoriques prédisent qu'une perte de biodiversité aux niveaux trophiques élevés ne devrait pas avoir le même effet que ceux du bas, notamment à cause de l'effet de densité dépendance existant entre les différents niveaux. Cependant, c'est seulement la magnitude de la relation qui sera changé et non pas la forme qualitative. Pour l'instant très peu de résultats permettent de supporter ces modèles. On peut seulement citer que peu de preuves supportent une efficacité plus importante dans des écosystèmes très diverse face aux meilleurs monocultures. Cependant il est important de noter que peu d'études sur les organismes de niveaux trophiques supérieurs existent et que la complexité spatiale engendrée par la mobilité des organismes n'est pas prise en compte.

Par la suite, les auteurs s’intéressent à l'influence de changements à un niveau trophique sur ses interactions avec les autres niveaux. Cette partie, majoritairement composé de modèles théoriques, ne s’intéresse que peu à la BEF ou le fonctionnement de l'écosystème. Il permet cependant de mettre en avant de nombreuses hypothèses qui mettent bien en avant la complexité des interactions et des changements dans un réseau trophique.

Pour terminer, les auteurs soulignent l'importance d'étendre les études actuelles en BEF à des scénarios plus réalistes. Prendre en compte les interactions trophiques serait un pas important dans cette lancée. Les prédateurs par exemple, sont plus sujets à l'extinction et aux changements écologiques actuels.Comme vue précédemment, leurs pertes engendreraient des effets différents que celle de proies. De plus, les processus d'interaction entre plusieurs organismes sont parfois plus à même à expliquer la relation entre diversité et le fonctionnement d'un écosystème. Ainsi comprendre la structure d'une communauté pourrait expliquer de nombreux biais observés dans d'autres études de BEF. Le développement d'outils tels que les réseaux et les capacités de simulations croissantes annoncent un futur intéressant à ce domaine de recherche.

Rigueur de la review :

Les auteurs et le laboratoire ne semblent pas suggérer un quelconque conflit d’intérêt et la review est globalement sérieuse.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette review permet d'appuyer sur l'importance d'autres facteurs tel que les relations trophiques entre individus et espèces. Comme on a pu le voir, ce champ reste encore assez théorique. De nombreuses limites étant techniques, celui-ci est promis à fournir de nombreux résultats futurs intéressants. Ainsi, cette review permet de comprendre certaines limites de la BEF tout en proposant des pistes pour consolider les résultats et recherches déjà effectués. Elle met ainsi en avant la complexité nécessaire afin de capturer une image globale et complète des écosystèmes et de leurs fonctionnements.

Publiée il y a plus de 10 ans par C. Perret.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.