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Limites de la reproduction en captivité pour la réhabilitation des espèces menacées.
Résumé de la review :
La reproduction en captivité a permis de sauver des espèces menacées dans quelques cas. Un essor de cette technique a suivi, alors que beaucoup d'espèces n'en tirent pas de bénéfice. L'élevage en captivité à long terme est même désormais recommandé par le Conservation and Assessment Management Plans pour une réintroduction tardive. Les auteurs affirment que cette technique ne devrait cependant être utilisée qu'en dernier recours. Ils présentent en effet de nombreuses limitations à la conservation ex situ.
1. Les taux de survie et de reproduction sont limités en captivité pour de nombreuses espèces du fait de conditions psychologiques, physiologiques et environnementales particulières, d'un régime inadéquat et de la dépression de consanguinité. Les populations créées ne sont pas forcément autonomes.
2.Les réintroductions ne sont pas toujours réussies (11% de réussite seulement dans une étude). Les conditions initiales du milieu ne sont en effet pas toujours restaurées et une déficience comportementale peut apparaître. Ainsi pour des espèces soumises à des processus d'apprentissage ou sous forte pression de prédateurs, la réintroduction est vouée à l'échec.
3. Des changements génétiques et phénotypiques en captivité conduisent à une domestication des espèces. Des techniques modernes visent à éviter l'adaptation à la captivité, mais sont difficiles à mettre en oeuvre. Il n'est pas toujours possible de contrôler la reproduction pour limiter la perte de diversité génétique (échec de l'insémination artificielle par exemple). Des processus évolutifs conduisent à l'adaptation à la vie en captivité. Les populations seront alors peu viables dans la nature, et pourront subir une pression génétique de la part des populations sauvages. L'apprivoisement peut être très rapide quand les cycles sont courts, et une méconnaissance de ses effets sur le système nerveux et endocrinien ne permet pas de savoir si ce phénomène est reversible dans tous les cas.
4. La diminution de la diversité génétique pourrait augmenter la vulnérabilité aux maladies. Les parcs zoologiques concentrant des espèces variées, ils exposent les individus à des pathogènes exotiques auxquels ils ne sont pas habitués. Le manque de recherche dans ce domaine limite la quantité de traitements développés. De plus, certains pathogènes pourraient ne pas se manifester en captivité où le stress est limité, et ainsi infecter les populations sauvages une fois la réintroduction effectuée. Le manque de financements ne permet pas d'isoler les espèces et de les conserver dans plusieurs zones géographiques, ni dans des lieux fermés au public pour éviter la contamination. Il faut également noter que les espèces sont souvent conservées loin de leur milieu d'origine, auxquelles elles sont davantage acclimatées.
5. Enfin se posent les problème de l'espace nécessaire, des coûts et des conflits d'intérêts. L'élevage en captivité peut détourner l'attention des problèmes causant le déclin des espèces, et donc les prolonger. De même, si les parcs zoologiques attirent l'attention du public sur la thématique de la conservation, ils peuvent devenir une fin en soi. Dans la plupart des cas, il serait finalement plus efficace de conserver un habitat que les espèces individuellement.
Rigueur de la review :
Cet article a été écrit à la fois par des membre d'organismes de préservation de la faune sauvage et des chercheurs travaillant dans des parcs zoologiques. Les limites à la conservation ex situ avancées paraissent donc assez fiables. De plus, les auteurs ne remettent pas en question l'utilité de ce mode de conservation à court terme dans certains cas, et tentent plutôt de proposer des améliorations en fonction des limites observées. Le nombre très important de références démontre une utilisation de nombreux exemples. La date de publication laisse cependant penser que des améliorations dans les techniques de conservation ex-situ ont pu avoir lieu depuis. De plus, peu d'attention est apportée aux inconvénients de la conservation in situ.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review met en avant les points posant problème dans la conservation ex situ, et apporte ainsi un cadre pour l'évaluation des techniques de conservation qui pourront être proposées dans d'autres articles. Elle propose également quelques solutions qui permettraient de trouver un équilibre entre conservation in situ et ex situ. Plus précisément, elle soulèves les questions liées aux moyens d'ordre financier et pratique très importants pour une conservation ex situ efficace et peu abordés dans les autres articles. Elle soulève la thématique de l'impossibilité de la réintroduction des espèces dans certains cas.
Remarques sur la review :
Cette review ne considère pas la possibilité de conserver des espèces sans objectif de réintroduction.
Limites de la reproduction en captivité pour la réhabilitation des espèces menacées.
Résumé de la review :
La reproduction en captivité a permis de sauver des espèces menacées dans quelques cas. Un essor de cette technique a suivi, alors que beaucoup d'espèces n'en tirent pas de bénéfice. L'élevage en captivité à long terme est même désormais recommandé par le Conservation and Assessment Management Plans pour une réintroduction tardive. Les auteurs affirment que cette technique ne devrait cependant être utilisée qu'en dernier recours. Ils présentent en effet de nombreuses limitations à la conservation ex situ.
1. Les taux de survie et de reproduction sont limités en captivité pour de nombreuses espèces du fait de conditions psychologiques, physiologiques et environnementales particulières, d'un régime inadéquat et de la dépression de consanguinité. Les populations créées ne sont pas forcément autonomes.
2. Les réintroductions ne sont pas toujours réussies (11% de réussite seulement dans une étude). Les conditions initiales du milieu ne sont en effet pas toujours restaurées et une déficience comportementale peut apparaître. Ainsi pour des espèces soumises à des processus d'apprentissage ou sous forte pression de prédateurs, la réintroduction est vouée à l'échec.
3. Des changements génétiques et phénotypiques en captivité conduisent à une domestication des espèces. Des techniques modernes visent à éviter l'adaptation à la captivité, mais sont difficiles à mettre en oeuvre. Il n'est pas toujours possible de contrôler la reproduction pour limiter la perte de diversité génétique (échec de l'insémination artificielle par exemple). Des processus évolutifs conduisent à l'adaptation à la vie en captivité. Les populations seront alors peu viables dans la nature, et pourront subir une pression génétique de la part des populations sauvages. L'apprivoisement peut être très rapide quand les cycles sont courts, et une méconnaissance de ses effets sur le système nerveux et endocrinien ne permet pas de savoir si ce phénomène est reversible dans tous les cas.
4. La diminution de la diversité génétique pourrait augmenter la vulnérabilité aux maladies. Les parcs zoologiques concentrant des espèces variées, ils exposent les individus à des pathogènes exotiques auxquels ils ne sont pas habitués. Le manque de recherche dans ce domaine limite la quantité de traitements développés. De plus, certains pathogènes pourraient ne pas se manifester en captivité où le stress est limité, et ainsi infecter les populations sauvages une fois la réintroduction effectuée. Le manque de financements ne permet pas d'isoler les espèces et de les conserver dans plusieurs zones géographiques, ni dans des lieux fermés au public pour éviter la contamination. Il faut également noter que les espèces sont souvent conservées loin de leur milieu d'origine, auxquelles elles sont davantage acclimatées.
5. Enfin se posent les problème de l'espace nécessaire, des coûts et des conflits d'intérêts. L'élevage en captivité peut détourner l'attention des problèmes causant le déclin des espèces, et donc les prolonger. De même, si les parcs zoologiques attirent l'attention du public sur la thématique de la conservation, ils peuvent devenir une fin en soi. Dans la plupart des cas, il serait finalement plus efficace de conserver un habitat que les espèces individuellement.
Cet article a été écrit à la fois par des membre d'organismes de préservation de la faune sauvage et des chercheurs travaillant dans des parcs zoologiques. Les limites à la conservation ex situ avancées paraissent donc assez fiables. De plus, les auteurs ne remettent pas en question l'utilité de ce mode de conservation à court terme dans certains cas, et tentent plutôt de proposer des améliorations en fonction des limites observées. Le nombre très important de références démontre une utilisation de nombreux exemples. La date de publication laisse cependant penser que des améliorations dans les techniques de conservation ex-situ ont pu avoir lieu depuis. De plus, peu d'attention est apportée aux inconvénients de la conservation in situ.
Cette review met en avant les points posant problème dans la conservation ex situ, et apporte ainsi un cadre pour l'évaluation des techniques de conservation qui pourront être proposées dans d'autres articles. Elle propose également quelques solutions qui permettraient de trouver un équilibre entre conservation in situ et ex situ. Plus précisément, elle soulèves les questions liées aux moyens d'ordre financier et pratique très importants pour une conservation ex situ efficace et peu abordés dans les autres articles. Elle soulève la thématique de l'impossibilité de la réintroduction des espèces dans certains cas.
Cette review ne considère pas la possibilité de conserver des espèces sans objectif de réintroduction.
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