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Les différences entre espèces dans les réponses à la captivité : stress, bien-être et la méthode comparative
Résumé de la review :
Le bien-être des animaux en captivité est important pour la conservation des espèces, le stress et le mal-être contribuant à une baisse dans le succès reproductif. Les animaux captifs bénéficient de ressources alimentaires en quantité suffisante, ainsi que d'une protection contre la prédation, le conflit et l'exposition aux maladies. Néanmoins, alors que certaines espèces s'adaptent bien à la captivité (hausse dans la longévité et fécondité), d'autres réagissent de manière négative dans les mêmes conditions de vie : baisse dans la fécondité, comportements stéréotypés et plus forte mortalité. Ces réactions varient fortement même chez les espèces proches phylogénétiquement. Il est possible alors que les besoins psychologiques et physiologiques spécifiques à certaines espèces ne soient pas remplis par les conditions de vie actuelles des zoos.
Plusieurs études utilisant une méthode comparative (où l'on utilise des données de plusieurs espèces pour tester une hypothèse donnée) montrent que les différences dans la tolérance à la vie en captivité ne sont pas aléatoires. Ces différences seraient liées à la capacité d'adaptation des espèces à un nouvel environnement: les espèces s'adaptant le mieux à la vie en captivité sont des espèces invasives et/ou tolérantes à l'urbanisation des milieux naturels. On peut identifier un certain nombre de traits comportementaux qui permettent cette capacité d'adaptation :
1) La témérité face à la présence humaine : les espèces qui tolèrent le contact fréquent avec l'homme ne sont pas perturbées par la présence des visiteurs dans les zoos.
2) Le fait de ne pas migrer et occuper des habitats de petite taille : les espèces occupant des grands territoires supportent moins bien l'espace réduit dans un enclos. Quant aux espèces migratoires, il est possible que l'incapacité à réaliser leurs cycles de migration soit une source de stress.
3) Être généraliste : il est plus facile pour les espèces généralistes de s'adapter à un nouveau milieu et donc à de nouvelles conditions de vie. Leur comportement flexible permet une adaptation à l'exploitation de nouvelles ressources.
Ces traits comportementaux permettent aux espèces non seulement de s'adapter rapidement à la vie en captivité, mais également aux changements globaux actuels. Ainsi, les espèces qui, à l'heure actuelle, sont incapables d'adapter à la vie en captivité sont celles qui courrent un risque important de disparition. Il n'est donc pas surprenant de voir que les espèces en voie de disparition sont souvent sous-représentées dans les zoos.
Ce que cette review apporte au débat :
Il est essentiel de comprendre et de considérer ces différences afin d'améliorer les conditions de vie des animaux en captivité. La conservation ex situ peut alors être pertinente lorsque les conditions de vie s'adaptent aux nécessités particulières de chaque espèce. Cela notamment dans le cas des espèces les plus susceptibles aux changements environnementaux.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
B. Acuna.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Les différences entre espèces dans les réponses à la captivité : stress, bien-être et la méthode comparative
Résumé de la review :
Le bien-être des animaux en captivité est important pour la conservation des espèces, le stress et le mal-être contribuant à une baisse dans le succès reproductif. Les animaux captifs bénéficient de ressources alimentaires en quantité suffisante, ainsi que d'une protection contre la prédation, le conflit et l'exposition aux maladies. Néanmoins, alors que certaines espèces s'adaptent bien à la captivité (hausse dans la longévité et fécondité), d'autres réagissent de manière négative dans les mêmes conditions de vie : baisse dans la fécondité, comportements stéréotypés et plus forte mortalité. Ces réactions varient fortement même chez les espèces proches phylogénétiquement. Il est possible alors que les besoins psychologiques et physiologiques spécifiques à certaines espèces ne soient pas remplis par les conditions de vie actuelles des zoos.
Plusieurs études utilisant une méthode comparative (où l'on utilise des données de plusieurs espèces pour tester une hypothèse donnée) montrent que les différences dans la tolérance à la vie en captivité ne sont pas aléatoires. Ces différences seraient liées à la capacité d'adaptation des espèces à un nouvel environnement: les espèces s'adaptant le mieux à la vie en captivité sont des espèces invasives et/ou tolérantes à l'urbanisation des milieux naturels. On peut identifier un certain nombre de traits comportementaux qui permettent cette capacité d'adaptation :
1) La témérité face à la présence humaine : les espèces qui tolèrent le contact fréquent avec l'homme ne sont pas perturbées par la présence des visiteurs dans les zoos.
2) Le fait de ne pas migrer et occuper des habitats de petite taille : les espèces occupant des grands territoires supportent moins bien l'espace réduit dans un enclos. Quant aux espèces migratoires, il est possible que l'incapacité à réaliser leurs cycles de migration soit une source de stress.
3) Être généraliste : il est plus facile pour les espèces généralistes de s'adapter à un nouveau milieu et donc à de nouvelles conditions de vie. Leur comportement flexible permet une adaptation à l'exploitation de nouvelles ressources.
Ces traits comportementaux permettent aux espèces non seulement de s'adapter rapidement à la vie en captivité, mais également aux changements globaux actuels. Ainsi, les espèces qui, à l'heure actuelle, sont incapables d'adapter à la vie en captivité sont celles qui courrent un risque important de disparition. Il n'est donc pas surprenant de voir que les espèces en voie de disparition sont souvent sous-représentées dans les zoos.
Il est essentiel de comprendre et de considérer ces différences afin d'améliorer les conditions de vie des animaux en captivité. La conservation ex situ peut alors être pertinente lorsque les conditions de vie s'adaptent aux nécessités particulières de chaque espèce. Cela notamment dans le cas des espèces les plus susceptibles aux changements environnementaux.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.