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Le réensauvagement du Pléistocène: un programme pour la conservation au 21ème siècle
Introduction à l'article :
C. Josh Donlan est l'un des premiers et plus ardents défenseurs du rewilding (réensauvagement), cet article fait suite à un autre publié en 2005 servant d'ébauche. Il part du constat que les écosystèmes naturels n'existent plus car sont tous sous influence humaine, les premières espèces touchées étant les méga-faunes. Donlan critique la biologie de la conservation qui ne prend pas en compte les conséquences de cette extinction (datant de la fin du Pléistocène) sur les écosystèmes actuels. Pourtant, selon lui, la disparition des méga-faunes est liée à un dérèglement des écosystèmes tels que nous les observons actuellement. Le reensauvagement Pléistocène permettrait de reconstituer des écosystèmes qui ont disparus avec les méga-faunes. Dans cet article il détaille les bénéfices qu'apporterait le rewilding. Il prend ensuite l'exemple d'espèces qui ont été réintroduites avec succès, propose un programme de réintroduction pour 6 autres taxa et expose les principales objections au rewilding.
Expériences de l'article :
Dolan n'a pas réalisé d'expériences,néanmoins il s'appuie sur des expériences et observations antérieures, réalisées par d'autres chercheurs pour illustrer son propos:
La disparition du loup gris a eu pour conséquences une multiplication d'ongulés qui ont décimé certaines espèces d'arbres ce qui a eu un impact sur les passereaux. Sa réintroduction dans le parc de Yellowstone's a été bénéfique.
Réintroduction du faucon pèlerin dans le midwest
Réintroduction du condor de Californie qui était présent dans toute l'Amérique du Nord au Pléistocène mais sont restés uniquement sur une petite bande de la côte ouest après la disparition de la méga-faune dont ils se nourrissaient. Sa réintroduction dans le Colorado nécessite le sacrifice de carcasses de bovins, Dolan argumente en disant qu'un rewilding complet de la méga-faune éviterait ce sacrifice.
Résultats de l'article :
Pour Donlan le réensauvagement permettrait de rééquilibrer les écosystèmes, de sauver des espèces en danger d'extinction et apporterai même des bénéfices économiques aux parcs naturels résultant de la curiosité humaine pour la méga-faune. Il s'oppose à ceux critiquant son manque de réalisme en citant l'exemple du condor de Californie et à ceux qui pensent que les méga-faunes actuelles sont génétiquement différentes de celles du Pléistocène en citant la réintroduction du faucon pèlerin qui s'est faites à partir de sous espèces différentes. De plus, il propose que les taxons ayant complètement disparus soient substitués par d'autres comme cela a déjà été fait avec des tortue de Mauritanie. Pour conclure, Donlan voit dans le rewilding le meilleur moyen d'étudier les interactions inter-espèces sans l'impact de l'Homme.
Rigueur de l'article :
pour l'exemple du faucon: il ne s'est pas éteint au Pléistocène mais à faillit s'éteindre de nos jours, ce n'est donc pas un argument en faveur du rewilding Pleistocène
pour l'exemple du Condor: pour savoir s'il s'agit vraiment d'une réussite il faudrait reconstituer toute la faune Pléistocène ce n'est donc peut-être pas le meilleur argument contre ceux qui s'appuient sur le manque de réalisme du rewilding.
Néanmoins, sur l'ensemble de l'article Dolan s'appuie sur une bibliographie conséquente ce qui en fait un article de bonne qualité.
Ce que cet article apporte au débat :
Dolan apporte des arguments en faveur du rewilding, dans cet article il ne répond à personne car il s'agit d'un des premiers réalisé. En revanche, plusieurs questions en effet peuvent se poser: a-t-il raison lorsqu'il affirme que la réintroduction de méga-faunes retablirai les écosystèmes? Ces derniers ne sont ils pas stables mais différemment? Ces méga-faunes seraient-elles adaptées à un environnement qui a pu changer depuis leur disparition?
Cela amènera la production d'autres articles critiquant sa thèse et d'autres la défendant.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
J. Soubise.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Le réensauvagement du Pléistocène: un programme pour la conservation au 21ème siècle
Introduction à l'article :
C. Josh Donlan est l'un des premiers et plus ardents défenseurs du rewilding (réensauvagement), cet article fait suite à un autre publié en 2005 servant d'ébauche. Il part du constat que les écosystèmes naturels n'existent plus car sont tous sous influence humaine, les premières espèces touchées étant les méga-faunes. Donlan critique la biologie de la conservation qui ne prend pas en compte les conséquences de cette extinction (datant de la fin du Pléistocène) sur les écosystèmes actuels. Pourtant, selon lui, la disparition des méga-faunes est liée à un dérèglement des écosystèmes tels que nous les observons actuellement. Le reensauvagement Pléistocène permettrait de reconstituer des écosystèmes qui ont disparus avec les méga-faunes. Dans cet article il détaille les bénéfices qu'apporterait le rewilding. Il prend ensuite l'exemple d'espèces qui ont été réintroduites avec succès, propose un programme de réintroduction pour 6 autres taxa et expose les principales objections au rewilding.
Dolan n'a pas réalisé d'expériences,néanmoins il s'appuie sur des expériences et observations antérieures, réalisées par d'autres chercheurs pour illustrer son propos:
La disparition du loup gris a eu pour conséquences une multiplication d'ongulés qui ont décimé certaines espèces d'arbres ce qui a eu un impact sur les passereaux. Sa réintroduction dans le parc de Yellowstone's a été bénéfique.
Réintroduction du faucon pèlerin dans le midwest
Réintroduction du condor de Californie qui était présent dans toute l'Amérique du Nord au Pléistocène mais sont restés uniquement sur une petite bande de la côte ouest après la disparition de la méga-faune dont ils se nourrissaient. Sa réintroduction dans le Colorado nécessite le sacrifice de carcasses de bovins, Dolan argumente en disant qu'un rewilding complet de la méga-faune éviterait ce sacrifice.
Pour Donlan le réensauvagement permettrait de rééquilibrer les écosystèmes, de sauver des espèces en danger d'extinction et apporterai même des bénéfices économiques aux parcs naturels résultant de la curiosité humaine pour la méga-faune. Il s'oppose à ceux critiquant son manque de réalisme en citant l'exemple du condor de Californie et à ceux qui pensent que les méga-faunes actuelles sont génétiquement différentes de celles du Pléistocène en citant la réintroduction du faucon pèlerin qui s'est faites à partir de sous espèces différentes. De plus, il propose que les taxons ayant complètement disparus soient substitués par d'autres comme cela a déjà été fait avec des tortue de Mauritanie. Pour conclure, Donlan voit dans le rewilding le meilleur moyen d'étudier les interactions inter-espèces sans l'impact de l'Homme.
pour l'exemple du faucon: il ne s'est pas éteint au Pléistocène mais à faillit s'éteindre de nos jours, ce n'est donc pas un argument en faveur du rewilding Pleistocène
pour l'exemple du Condor: pour savoir s'il s'agit vraiment d'une réussite il faudrait reconstituer toute la faune Pléistocène ce n'est donc peut-être pas le meilleur argument contre ceux qui s'appuient sur le manque de réalisme du rewilding.
Néanmoins, sur l'ensemble de l'article Dolan s'appuie sur une bibliographie conséquente ce qui en fait un article de bonne qualité.
Dolan apporte des arguments en faveur du rewilding, dans cet article il ne répond à personne car il s'agit d'un des premiers réalisé. En revanche, plusieurs questions en effet peuvent se poser: a-t-il raison lorsqu'il affirme que la réintroduction de méga-faunes retablirai les écosystèmes? Ces derniers ne sont ils pas stables mais différemment? Ces méga-faunes seraient-elles adaptées à un environnement qui a pu changer depuis leur disparition?
Cela amènera la production d'autres articles critiquant sa thèse et d'autres la défendant.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.