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Ces dernière années, les défenseurs de la théorie gaia se sont concentrés sur comment des mécanismes évolutifs ont pu donner lieu à des boucles de rétrocontrôles à même de stabiliser le climat. 2 types de critiques ont été dénombrés : (1) Il n’y a pas d’autorégulation dans le climat terrestre, et la situation actuelle n’est que le fruit du hasard. (2) Il y a effectivement des mécanismes de régulation, mais il n’y a aucune tendance évolutive vers une autorégulation planétaire.
Les éruptions volcaniques et autre phénomène géologiques ont modifiés le climat terrestre, mais celui-ci est toujours revenu à des conditions favorables, la critique (1) est probablement fausse. Les auteurs responsables de la critique (2) suggère que la régulation pourrait avoir lieu sans la vie, avec pour unique origine les rétrocontrôles géochimiques et géophysiques. Certains phénomènes comme l’érosion des silicates par les pluies acides pourraient maintenir des conditions favorables, mais ces rétrocontrôles sont trop lents pour répondre efficacement aux perturbations.
Les modèles prenant en compte la vie sont de deux types. Ils peuvent considérer que les organismes altèrent leur environnement pour favoriser leur croissance, mais sans influencer la sélections pesant sur le trait. Ils ont prouvé que la vie amplifiait les rétrocontrôles geochimiques et géophysiques, et qu’elles les rendaient davantage sensible et répondant aux perturbations. D’autres modèles prennent en compte l’effet de l’altération de l’environnement sur la sélection des traits. C’est le cas du modèle Daisyworld, qui montre que la sélection naturelle peut contribuer à l’apparition d’une autorégulation environnementale. Néanmoins les évolutionnistes prédisent qu’il y a un conflit inhérent entre l’optimisation locale, immédiate du à la sélection naturelle, et l’optimisation sur le long terme due aux processus de régulation environnementale. Pour étudier ce point Lovelock introduisit dans le modèle Daisyworld un phénotype « tricheur », mais cette modification n’a pas conduit à la destruction de la régulation.
Les organismes, en altérant et contraignant leur environnement, sont responsables de rétrocontrôles. Ces rétrocontrôles se font à l’échelle individuelle mais peuvent potentiellement se propager à l’échelle globe. Ainsi, pour l’auteur, si certaines activités altèrent leur environnement de manière avantageuse elles peuvent se fixer dans l’espèce et devient une propriété fondamentale de l’organisme (e.g. photosynthèse). Les écosystèmes possédant des rétrocontrôles stabilisants, comme la forêt amazonienne ou les forêts boréales, auront davantage tendance à subsister que ceux ayant des rétrocontrôles déstabilisant. Si des changements internes dans les rétrocontrôles surviennent, cela pourra influencer le climat tout entier. Ce climat peut aussi être directement influencé par des groupes d’organismes, comme c’est le cas du phytoplancton marin. Celui-ci, en produisant du dimethyl sulphide, favorise l’apparition de nuage, ce qui entraine une augmentation de l’énergie solaire renvoyé dans l’espace et donc un refroidissement de la planète.
Enfin si plusieurs expériences on montrés l’influence des organismes et des écosystèmes sur le climat, très peu on directement testé l’hypothèse gaia. Du fait des échelles spatiales et temporelles qu’elle implique ceci ne peut se faire qu’avec des modèles. Il est donc nécessaire aujourd’hui de perfectionner ces modèles afin de les rendre plus réalistes.
Rigueur de la review :
Cet articles ne présente que quelques exemple pour appuyer ses propos. De plus il ne décris pas en détail les mécanisme évolutif permettant aux "rétrocontrôles stabilisants" de passer de l'échelle locale à l'échelle globale.
Ce que cette review apporte au débat :
L’intérêt de cette review est qu'elle fait l'inventaire de plusieurs modèles testant la théorie gaia.
Elle traite d'un large panel de mécanismes et d'exemples. Ainsi elle s'attaque à des processus à large échelle comme les cycles géochimiques, mais aussi à des échelle beaucoup plus fines comme les différents types de sélection s’exerçant sur les traits fonctionnels. Cela permet d'avoir une approche élargie de la théorie gaia et d'assimiler les différentes dimensions qu'elle met en jeux (approche multi-scalaire).
Elle répond aussi à plusieurs critiques et donne quelques exemples appuyant la théorie. Au final elle permet de voir les avancées qui ont été faites depuis la publication initiale.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
T. De solan bethmale.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Gaia et la sélection naturelle
Résumé de la review :
Ces dernière années, les défenseurs de la théorie gaia se sont concentrés sur comment des mécanismes évolutifs ont pu donner lieu à des boucles de rétrocontrôles à même de stabiliser le climat. 2 types de critiques ont été dénombrés : (1) Il n’y a pas d’autorégulation dans le climat terrestre, et la situation actuelle n’est que le fruit du hasard. (2) Il y a effectivement des mécanismes de régulation, mais il n’y a aucune tendance évolutive vers une autorégulation planétaire.
Les éruptions volcaniques et autre phénomène géologiques ont modifiés le climat terrestre, mais celui-ci est toujours revenu à des conditions favorables, la critique (1) est probablement fausse. Les auteurs responsables de la critique (2) suggère que la régulation pourrait avoir lieu sans la vie, avec pour unique origine les rétrocontrôles géochimiques et géophysiques. Certains phénomènes comme l’érosion des silicates par les pluies acides pourraient maintenir des conditions favorables, mais ces rétrocontrôles sont trop lents pour répondre efficacement aux perturbations.
Les modèles prenant en compte la vie sont de deux types. Ils peuvent considérer que les organismes altèrent leur environnement pour favoriser leur croissance, mais sans influencer la sélections pesant sur le trait. Ils ont prouvé que la vie amplifiait les rétrocontrôles geochimiques et géophysiques, et qu’elles les rendaient davantage sensible et répondant aux perturbations. D’autres modèles prennent en compte l’effet de l’altération de l’environnement sur la sélection des traits. C’est le cas du modèle Daisyworld, qui montre que la sélection naturelle peut contribuer à l’apparition d’une autorégulation environnementale. Néanmoins les évolutionnistes prédisent qu’il y a un conflit inhérent entre l’optimisation locale, immédiate du à la sélection naturelle, et l’optimisation sur le long terme due aux processus de régulation environnementale. Pour étudier ce point Lovelock introduisit dans le modèle Daisyworld un phénotype « tricheur », mais cette modification n’a pas conduit à la destruction de la régulation.
Les organismes, en altérant et contraignant leur environnement, sont responsables de rétrocontrôles. Ces rétrocontrôles se font à l’échelle individuelle mais peuvent potentiellement se propager à l’échelle globe. Ainsi, pour l’auteur, si certaines activités altèrent leur environnement de manière avantageuse elles peuvent se fixer dans l’espèce et devient une propriété fondamentale de l’organisme (e.g. photosynthèse). Les écosystèmes possédant des rétrocontrôles stabilisants, comme la forêt amazonienne ou les forêts boréales, auront davantage tendance à subsister que ceux ayant des rétrocontrôles déstabilisant. Si des changements internes dans les rétrocontrôles surviennent, cela pourra influencer le climat tout entier. Ce climat peut aussi être directement influencé par des groupes d’organismes, comme c’est le cas du phytoplancton marin. Celui-ci, en produisant du dimethyl sulphide, favorise l’apparition de nuage, ce qui entraine une augmentation de l’énergie solaire renvoyé dans l’espace et donc un refroidissement de la planète.
Enfin si plusieurs expériences on montrés l’influence des organismes et des écosystèmes sur le climat, très peu on directement testé l’hypothèse gaia. Du fait des échelles spatiales et temporelles qu’elle implique ceci ne peut se faire qu’avec des modèles. Il est donc nécessaire aujourd’hui de perfectionner ces modèles afin de les rendre plus réalistes.
Cet articles ne présente que quelques exemple pour appuyer ses propos. De plus il ne décris pas en détail les mécanisme évolutif permettant aux "rétrocontrôles stabilisants" de passer de l'échelle locale à l'échelle globale.
L’intérêt de cette review est qu'elle fait l'inventaire de plusieurs modèles testant la théorie gaia.
Elle traite d'un large panel de mécanismes et d'exemples. Ainsi elle s'attaque à des processus à large échelle comme les cycles géochimiques, mais aussi à des échelle beaucoup plus fines comme les différents types de sélection s’exerçant sur les traits fonctionnels. Cela permet d'avoir une approche élargie de la théorie gaia et d'assimiler les différentes dimensions qu'elle met en jeux (approche multi-scalaire).
Elle répond aussi à plusieurs critiques et donne quelques exemples appuyant la théorie. Au final elle permet de voir les avancées qui ont été faites depuis la publication initiale.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.