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Titre de l'article :

Démographie du condor de Californie: implications pour sa réintroduction


Introduction à l'article :

La population du condor de Californie (Gymnogyps californianus) a largement diminué depuis les années 1800 pour atteindre seulement 30 individus dans les années 1970. Un nouveau programme de conservation incluant de l'élevage en captivité a été instauré en 1980. Il a consisté à capturer progressivement tous les individus encore vivants et à en permettre la reproduction. Les premières tentative de réintroduction ont eu lieu en 1992. 88 oiseaux ont pour l'instant été relâchés. Les auteurs étudient dans cet article:

  1. un modèle démographique basé sur la population sauvage originale
  2. une analyse de la réintroduction effectuée
Expériences de l'article :

Pour établir le modèle démographique d'analyse de la population sauvage, les auteurs ont pris en compte divers paramètres:

  • une maturité sexuelle similaire à celle observée en captivité
  • un âge limite pour la reproduction de 50 ans, âge peu atteint dans la nature
  • deux pontes en trois ans
  • une probabilité de s'accoupler de nouveau la même année après un échec de 25 à 75%
  • un sex ratio de 1:1
  • une probabilité de se reproduire de 50 à 80%
  • un taux de réussite de nidification de 40 à 50%

La variable calculée est le taux de mortalité permettant l'obtention d'une population stable. Ce taux est supposé identique à tous les âges. 4 scénarios sont proposés, du plus optimiste au plus pessimiste.

Pour interpréter le taux de mortalité, les auteurs analysent les différentes données obtenues suite aux études menées avant et en parallèle du programme de conservation.

Résultats de l'article :

Les taux obtenus sont:

  • 5,3 à 6,7% pour le scénario pessimiste
  • 7,7 à 9,9% pour le scénario probable
  • 9,9 à 13,4% pour le scénario optimiste Ces taux correspondent à seulement 25 à 30% de la mortalité réellement observée à l'état sauvage avant le programme de réintroduction.

L'autopsie d'oiseaux morts a montré des empoisonnements alimentaires, en particulier au plomb. Cela est dû aux fragments des balles utilisées par les chasseurs présents dans les carcasses consommées. De ce fait, des carcasses non contaminées ont été mises à disposition des oiseaux. Une autre cause est la collision avec des cables électriques, qui diminue avec un conditionnement aversif des condors. La mortalité est toujours trop importante malgré le programme de reproduction.

Les solutions préconisées sont:

  • la création de larges réserves où la chasse serait interdite ou le remplacement des minutions au plomb.
  • favoriser les individus élevés par leurs parents à ceux élevés via l'utilisation de marionettes.
Rigueur de l'article :

Les données utilisées pour le modèle sont discutables car la population sauvage initiale n'existe plus, ce qui empêche leur validation. Les résultats obtenus ont été remis en question dans un autre article Beres et Starfield, 2001. Selon ce dernier, le modèle conçu ne prenant pas en compte de paramètres de gestion, il ne devrait pas être utilisé pour discuter la gestion de la conservation. De plus, un autre modèle démontre qu'exclure les individus élevés via l'utilisation de marionettes conduit à des populations trop peu importantes.

Les auteurs ont cependant répondu à ces remarques en explicitant qu'ils n'avaient émis des hypothèses que sur les cause de mortalité, et que les résultats du nouveau modèle créé ne sont pas valables Meretsky et al., 2001. Ce modèle ne se base en effet que sur la base du nombre de nouveaux individus produits et rejettent la question de la "qualité" de la reproduction et de la survie des nouveaux individus, peu adaptés quand élevés sans leurs parents.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article ne remet pas directement en cause la conservation ex situ, essentielle dans des cas comme celui-ci où l'espèce était vouée à l'extinction. Il critique les méthodes d'élevage et de réintroduction qui oublient de prendre en compte les paramètres comportementaux et sociaux, aussi importants que le succès de reproduction.

Une conservation ex situ efficace doit être réalisée autant que possible dans des espaces reproduisant le milieu originel (par exemple des réserves plutôt que des zoos). L'élevage des jeunes par leurs parents et/où des outils d'acclimatation sont essentiels pour préparer les individus à leur retour à l'état sauvage. L'influence de l'homme doit en particulier être prise en compte, car les individus réintroduits ne pourront pas retrouver un environnement totalement sauvage. Une reproduction efficace n'est pas le seul critère important, les problèmes ayant conduit à la mis en place des programmes de conservation doivent être résolus.

Publiée il y a plus de 9 ans par camilled.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.