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Evaluation des causes des extinctions du Pléistocène supérieur sur les continents
Résumé de la review :
Alors que sur les îles, la disparition de la mégafaune est fortement liée à l'Homme directement (e.g. chasse) ou indirectement (e.g. introduction d'espèces invasives). En revanche sur les continents cela est plus controversé et selon les auteurs les changements climatiques pourraient avoir un impact plus ou moins grand. Les auteurs de cet article résument les différentes approches et leurs résultats qui permettent d'évaluer l'impact de l'Homme et du climat sur l'extinction des mégafaunes du Pléistocène. Dans le cadre de la controverse, si l'impact climatique est important, le rewilding amènerait à la réintroduction d'espèces dans des écosystèmes auxquels ils ne sont plus adaptés.
-Les modélisations de l’impact de la chasse donnent des résultats différents selon les paramètres utilisés (densité de population, zone géographique…). Le problème de ces modèles est qu’ils se basent sur une relation proie-prédateur simple alors que les proies de l’Homme sont multiples, il n’y a pas de modèle réaliste pour les grandes aires géographiques telles que l’Afrique ou l’Australie
-Les études chronologiques indiquent que les mégafaunes de l’hémisphère nord coïncident avec des phases de réchauffement climatique et également avec une plus grande répartition de l’Homme dans ces zones là, les mégafaunes survivantes se retrouvent là où l’Homme était peu présent. Cependant certaines espèces telles que les mammouths en Alaska s’éteignent également alors que l’Homme y est peu présent. Dans l’hémisphère sud la corrélation arrivée de l’Homme/extinction des mégafaunes n’est claire que pour l’Australie, les études manquent pour l’Afrique et l’Amérique du Sud.
-Des traces de découpes sur les restes de mégafaunes sont clairement mise en évidence en Amérique du Nord ce qui n’est pas le cas en Eurasie et en Afrique. Une modélisation du nombre de sites avec restes de chasse en Amérique du Nord semble indiquer que la chasse humaine a eu un fort impact sur la disparition de certaines mégafaunes sur ce continent, pour d’autre, le registre fossile est trop lacunaire pour pouvoir faire une estimation.
-Le réchauffement qui a eu lieu lors de la dernière transition glaciaire-interglaciaire a induit un changement de végétation, cependant ce changement est parfois lié à une extinction de mégafaune et parfois non. Il n’y a pas de réel consensus sur l’impact du changement climatique et cela demanderait d’autres études. Cependant il semblerait qu’en Eurasie et Alaska l’impact climatique ait été significatif.
En conclusion les auteurs encouragent à effectuer d'autres travaux afin de compléter les lacunes des différentes approches.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review indique que l'impact climatique a été important en Eurasie, cela apporte un argument sur le fait que le réensauvagement n'est pas forcément bon pour les espèces réintroduites car il est possible qu'elles ne survivent pas. En revanche le climat a eu moins d'impact en Amérique du Nord, il y aurait donc une plus grande chance de survie pour les espèces réintroduites sur ce continent. Cet article met en évidence le fait que l'argument d'adaptation aux écosystèmes actuels varie d'une zone géographique à une autre.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
J. Soubise.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Evaluation des causes des extinctions du Pléistocène supérieur sur les continents
Résumé de la review :
Alors que sur les îles, la disparition de la mégafaune est fortement liée à l'Homme directement (e.g. chasse) ou indirectement (e.g. introduction d'espèces invasives). En revanche sur les continents cela est plus controversé et selon les auteurs les changements climatiques pourraient avoir un impact plus ou moins grand. Les auteurs de cet article résument les différentes approches et leurs résultats qui permettent d'évaluer l'impact de l'Homme et du climat sur l'extinction des mégafaunes du Pléistocène. Dans le cadre de la controverse, si l'impact climatique est important, le rewilding amènerait à la réintroduction d'espèces dans des écosystèmes auxquels ils ne sont plus adaptés.
-Les modélisations de l’impact de la chasse donnent des résultats différents selon les paramètres utilisés (densité de population, zone géographique…). Le problème de ces modèles est qu’ils se basent sur une relation proie-prédateur simple alors que les proies de l’Homme sont multiples, il n’y a pas de modèle réaliste pour les grandes aires géographiques telles que l’Afrique ou l’Australie
-Les études chronologiques indiquent que les mégafaunes de l’hémisphère nord coïncident avec des phases de réchauffement climatique et également avec une plus grande répartition de l’Homme dans ces zones là, les mégafaunes survivantes se retrouvent là où l’Homme était peu présent. Cependant certaines espèces telles que les mammouths en Alaska s’éteignent également alors que l’Homme y est peu présent. Dans l’hémisphère sud la corrélation arrivée de l’Homme/extinction des mégafaunes n’est claire que pour l’Australie, les études manquent pour l’Afrique et l’Amérique du Sud.
-Des traces de découpes sur les restes de mégafaunes sont clairement mise en évidence en Amérique du Nord ce qui n’est pas le cas en Eurasie et en Afrique. Une modélisation du nombre de sites avec restes de chasse en Amérique du Nord semble indiquer que la chasse humaine a eu un fort impact sur la disparition de certaines mégafaunes sur ce continent, pour d’autre, le registre fossile est trop lacunaire pour pouvoir faire une estimation.
-Le réchauffement qui a eu lieu lors de la dernière transition glaciaire-interglaciaire a induit un changement de végétation, cependant ce changement est parfois lié à une extinction de mégafaune et parfois non. Il n’y a pas de réel consensus sur l’impact du changement climatique et cela demanderait d’autres études. Cependant il semblerait qu’en Eurasie et Alaska l’impact climatique ait été significatif.
En conclusion les auteurs encouragent à effectuer d'autres travaux afin de compléter les lacunes des différentes approches.
Cette review indique que l'impact climatique a été important en Eurasie, cela apporte un argument sur le fait que le réensauvagement n'est pas forcément bon pour les espèces réintroduites car il est possible qu'elles ne survivent pas. En revanche le climat a eu moins d'impact en Amérique du Nord, il y aurait donc une plus grande chance de survie pour les espèces réintroduites sur ce continent. Cet article met en évidence le fait que l'argument d'adaptation aux écosystèmes actuels varie d'une zone géographique à une autre.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.