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Comparaison de traits de reproduction et performances de croissance des agneaux chez les moutons de Kivircik sous conservation in situ et ex situ
Introduction à l'article :
Les populations de mouton en Turquie ont diminué de 47% dans les deux dernières décennies. La variété des races dans ce pays permet l'existence de ressources génétiques diverses. Les races indigènes, adaptées à une région particulière du pays, présentent un intérêt économique, pour l'emploi, l'alimentation et le maintien des coutumes. Le mouton de Kirvicik est présent dans les régions de Thrace et Marmara, mais est en danger. Or il est d'intérêt pour les populations locales et permet la production de viande et laine de qualité. Il est concerné par le Farm animal resources project de la FAO et le programme de conservation génétique du gouvernement Turc.
L'objectif de cet article est d'améliorer les connaissances pour le choix de la meilleure méthode de conservation (ex situ ou in situ). Pour cela, les auteurs étudient dans ces deux situation:
la reproduction des brebis
la croissance des agneaux
les coûts et bénéfices associés.
Expériences de l'article :
Deux troupeaux ont été suivis pendant les saisons d'agnelage de 2007 à 2011.
Le troupeaux de Kirklareli, de 912 brebis, constitue un cas de conservation in situ (région d'origine). L'élevage est extensif, des abris et compléments alimentaires étant fournis uniquement dans des périodes critiques.
Celui de Balikesiv, de 929 brebis, est conduit en conditions semi-intensives dans une ferme essai (conservation ex-situ).
Le taux de survie des agneaux est évalué au sevrage. Leur poids est mesuré à la naissance et au sevrage. Le taux d'agnelage, la taille de la portée et la fécondité sont également évalués. La rentabilité de l'élevage est enfin calculée. Suivant les variables, un modèle de type logit ou un modèle linéaire généralisé sont utilisés. Deux types de modèles sont utilisés dans chaque cas: un modèle prenant en compte les facteurs intrinsèques comme l'âge des brebis et l'année. Un autre modèle vise à étudier l'influence des facteurs environnementaux.
Résultats de l'article :
Les paramètres suivants sont significativement plus élevés dans le cas d'une conservation in situ:
Le taux d'agnelage et de naissances multiples.
La performance de croissance des agneaux.
Le taux de survie des agneaux jusqu'au sevrage.
Le revenu net, qui est même négatif dans le cas de la conservation ex situ.
Ces meilleures performances sont expliquées par une meilleure gestion de l'accouplement et une nourriture de meilleure qualité dans le cas in situ (pâtures plus riches). Une mauvaise qualité des prairies entraîne de plus une mauvaise qualité du lait. La période d'allaitement est également différente dans les deux cas, et la race est mal adaptée à l'environnement pour le cas de conservation ex situ et donc moins résistante. Les coûts d'alimentation sont très élevés dans le deuxième cas.
D'autre facteurs pourraient être intervenus comme la présence d'autres troupeaux dans la ferme essai, ce qui entraîne une organisation plus complexe du travail.
Rigueur de l'article :
L'étude de troupeaux dans un cadre de conservation étant assez novatrice, peu d'études existent pour comparer ces résultats. et Les données utilisées pour les discuter proviennent d'expériences à but commercial. Cette étude ne comportant qu'un troupeau dans chaque cas de conservation, les résultats doivent être analysés avec précaution.
De plus, deux éléments varient entre les deux cas: la localisation et le mode de gestion. Il est donc difficile d'affirmer avec certitude quelles variables influent sur quels résultats.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article est important pour le débat car il considère la conservation non plus d'une espèce sauvage menacée comme la plupart des autres articles mais d'une espèce domestique. Cela permet de créer de nouvelles pistes de réflexion.
Les espèces domestiques peuvent aussi avoir besoin de la mise en place de programmes de conservation.
La façon d'aborder la conservation ex situ est un peu différente dans ce cas, car on ne veut pas soustraire totalement une espèce au contact humain, et car des intérêts économiques sont en jeu.
D'après les résultats, la conservation ex situ n'est pas adaptées dans le cas des animaux d'élevage en danger. Leur survie, reproduction et croissance diminuent dans un environnement différent et sous une influence trop importante de l'homme.
La conservation in situ est plus économique.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
camilled et E. Fruitet.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Comparaison de traits de reproduction et performances de croissance des agneaux chez les moutons de Kivircik sous conservation in situ et ex situ
Introduction à l'article :
Les populations de mouton en Turquie ont diminué de 47% dans les deux dernières décennies. La variété des races dans ce pays permet l'existence de ressources génétiques diverses. Les races indigènes, adaptées à une région particulière du pays, présentent un intérêt économique, pour l'emploi, l'alimentation et le maintien des coutumes. Le mouton de Kirvicik est présent dans les régions de Thrace et Marmara, mais est en danger. Or il est d'intérêt pour les populations locales et permet la production de viande et laine de qualité. Il est concerné par le Farm animal resources project de la FAO et le programme de conservation génétique du gouvernement Turc.
L'objectif de cet article est d'améliorer les connaissances pour le choix de la meilleure méthode de conservation (ex situ ou in situ). Pour cela, les auteurs étudient dans ces deux situation:
Deux troupeaux ont été suivis pendant les saisons d'agnelage de 2007 à 2011.
Le taux de survie des agneaux est évalué au sevrage. Leur poids est mesuré à la naissance et au sevrage. Le taux d'agnelage, la taille de la portée et la fécondité sont également évalués. La rentabilité de l'élevage est enfin calculée. Suivant les variables, un modèle de type logit ou un modèle linéaire généralisé sont utilisés. Deux types de modèles sont utilisés dans chaque cas: un modèle prenant en compte les facteurs intrinsèques comme l'âge des brebis et l'année. Un autre modèle vise à étudier l'influence des facteurs environnementaux.
Les paramètres suivants sont significativement plus élevés dans le cas d'une conservation in situ:
Ces meilleures performances sont expliquées par une meilleure gestion de l'accouplement et une nourriture de meilleure qualité dans le cas in situ (pâtures plus riches). Une mauvaise qualité des prairies entraîne de plus une mauvaise qualité du lait. La période d'allaitement est également différente dans les deux cas, et la race est mal adaptée à l'environnement pour le cas de conservation ex situ et donc moins résistante. Les coûts d'alimentation sont très élevés dans le deuxième cas.
D'autre facteurs pourraient être intervenus comme la présence d'autres troupeaux dans la ferme essai, ce qui entraîne une organisation plus complexe du travail.
L'étude de troupeaux dans un cadre de conservation étant assez novatrice, peu d'études existent pour comparer ces résultats. et Les données utilisées pour les discuter proviennent d'expériences à but commercial. Cette étude ne comportant qu'un troupeau dans chaque cas de conservation, les résultats doivent être analysés avec précaution.
De plus, deux éléments varient entre les deux cas: la localisation et le mode de gestion. Il est donc difficile d'affirmer avec certitude quelles variables influent sur quels résultats.
Cet article est important pour le débat car il considère la conservation non plus d'une espèce sauvage menacée comme la plupart des autres articles mais d'une espèce domestique. Cela permet de créer de nouvelles pistes de réflexion.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.