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Titre de l'article :

Pleistocene Park : le réensauvagement de l'Amérique du Nord représente-t-il une initiative de conservation intelligente au 21ème siècle ?


Introduction à l'article :

Cet article d'opinion fut publié en réponse à l'article de Donlan et al. (2006) que nous avons déjà analysé, et auquel il s'oppose. Les auteurs y critiquent les arguments avancés en faveur du réensauvagement Pléistocène, en particulier appliqué à l'Amérique du Nord. Ils s’appuient sur des résultats de réintroductions déjà réalisées pour illustrer leurs opinions quant à cette initiative.

Bien que l'article propose une discussion intéressante sur les conséquences économiques et politiques que pourraient avoir le projet pour la conservation, ainsi que sur la faisabilité d'un tel projet, cela ne rentre pas dans le cadre de la controverse, nous nous intéressons aux conséquences écologiques des réintroductions.

Expériences de l'article :

Il s'agit d'un article de revue, il ne rapporte donc pas de résultat d'expérience. La discussion est basée sur les bilans de réintroductions ou d'introductions d'espèces exotiques déjà réalisées.

Résultats de l'article :

Rubenstein et al opposent plusieurs critiques au réensauvagement.
D'abord, la réintroduction de la mégafaune du Pléistocène dans son habitat d'origine suppose que celui-ci est toujours propice à l'accueillir, or les communautés végétales ont certainement changé depuis 10 000 ans. Surtout, les espèces proposées pour les réintroductions sont
des "proxies", introduites pour occuper le même rôle dans l'écosystème, mais sont différentes des espèces originelles. En conséquence, si à la fois les animaux réintroduits et les plantes présentes sont différents, comment espérer aboutir à un écosystème sain ? Les auteurs craignent au contraire des conséquences inattendues et catastrophiques pour la biodiversité.

Tester de telles interactions à petite échelle ne serait pas envisageable, car très long à mettre en place et peu représentatif des processus réels.

Enfin, il semble difficile de reconstruire les écosystèmes du Pléistocène avec les connaissances limitées dont on dispose sur eux.

Rigueur de l'article :

Les critiques formulées sont pertinentes, mais il serait intéressant d'analyser les références citées en exemples. On peut néanmoins critiquer la formulation de certains arguments, qui prend parfois un ton polémique : par exemple en conclusion, lorsqu'il appelle le lecteur à se souvenir du roman Jurassic Park pour décrire les conséquences catastrophiques qu'auraient le réensauvagement Pléistocène.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article relève un problème fondamental dans la démarche des initiateurs du réensauvagement Pléistocène : l'inadéquation de l'habitat et des espèces (ré)introduites.
Un tel programme de réintroduction pourrait avoir des conséquences imprévues et catastrophiques pour l'écosystème que l'on cherche à restaurer.
Cependant, plutôt que de conclure immédiatement sur le rejet absolu du projet comme les auteurs, nous préférerons analyser la validité ou non des arguments et contre-arguments évoqués. D'abord, il nous faudra (1) estimer l'impact de la disparition de la mégafaune sur les communautés de plantes des écosystèmes concernés, et vérifier si :
(a) de tels changements ont dégradé l'écosystème, qui mériterait alors d'être restauré à son état Pléistocène, (b) les communautés végétales seraient toujours convenables pour le retour de la mégafaune et réciproquemment.
Puis (2) évaluer les conséquences que pourraient avoir les réintroductions, tel que les auteurs l'ont fait ici.

Publiée il y a plus de 9 ans par T. Pannetier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.