ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Structure des communautés de nématodes chez le wallaby des rochers à queue touffue, Petrogale penicillata: implications de la reproduction en captivité et de la translocation


Introduction à l'article :

Les impacts écologiques de la conservation ex situ ont été largement inexplorés. Des ** risques** liés à l'exposition à de nouveaux parasites ou pathogènes apparaissent avec la translocation. Un changement d'environnement peut provoquer un stress rendant les animaux plus susceptibles à certaines affections. Enfin, une alteration de la dynamique hôte/parasite peut apparaître.

Les auteurs utilisent ici la méthode du polymorphisme de la longueur du fragment de restriction terminal pour caractériser les communautés de nématodes Strongylida de l'appareil gastro-intestinal de Petrogale penicillata. Cette espèce d'Australie a été classée quasi menacée par l'UICN, avec moins de 30 000 individus à l'état sauvage.

Cet article se centre sur la comparaison de ces communautés pour des populations sauvages et élevées en captivité.

Expériences de l'article :

Des analyses ont été effectuées sur de la matière fécale fraîche récupérée en 2010 dans 4 sites: 2 sites correspondant à une conservation ** ex situ** de l'espèce dans des zones aménagées et 2 sites où l'espèce est présente à l'état sauvage (200 échantillons en tout).

Le nombre d’œufs par gramme a été déterminé par la méthode de McMaster. L'ADN contenu dans les échantillons a ensuite été extrait et amplifié par PCR. Des unités taxonomiques opérationnelles ont été définies, et la structure de l'ADN a été comparée entre les 4 populations. La prépondérance des nématodes a été étudiée via le test du Chi2, la variation dans l'infection par un modèle linéaire et une ANOVA, les assemblages de parasites par une classification hiérarchique en clades et une analyse des similarités.

Résultats de l'article :
  1. L'abondance des nématodes est plus grande chez les populations sauvages.
  2. Analyse de l'ADN montre que les nématodes trouvés sont proches, et appartiennent surtout aux clades Cloacinidae et Trichostrongylidae.
  3. Deux groupes peuvent être identifiés à un niveau de divergence de 27%: les nématodes communs et un petit groupe inféodé à l'un des sites de conservation ex situ.

Les conditions écologiques sont altérées dans un environnement artificiel par l'optimisation de l'écologie de l'espèce. Les individus obtenus sont en meilleure condition physique et plus robuste. La présence d'enclos séparés, la limitation du pâturage, la distance au milieu originel et les traitements parasitaires limitent encore le taux de colonisation par des nématodes.

On ne peut conclure sur la question de la restructuration des communautés de parasites après translocation, ou sur le partage de communautés par des populations isolées. D'autres études et l'application de méthodes différentes sont nécessaires.

Rigueur de l'article :

Les auteurs notent eux-même que leur méthode n'est pas fiable pour dresser un inventaire de tous les nématodes présents, car elle ne permet pas une identification exhaustive. Ainsi, les individus sont moins parasités par Strongylida quand issus de conservation ex situ, mais ils pourraient avoir développé d'autres parasites.

De plus, cet article ne donne pas d'éléments sur l'état d'individus élevés en captivité mais réintroduits, qui pourraient être moins adaptés à la vie sauvage et donc plus sujets à des attaques de parasites et pathogènes que les populations initiales. Il ne définit pas non plus l'état de santé global des animaux sauvages, qui pourraient être capables de vivre avec ces parasites.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article pose la question importante de l'émergence de maladies en lien avec le type de conservation. Il note également l'importance de l'environnement et des interactions avec d'autres espèces dans le milieu naturel, ce qui n'est pas conservé dans le cadre de la conservation ex situ. Cependant, dans cette étude, l'apparition de parasites est moins importante dans le cas d'individus conservés ex situ. Ici, la sortie d'un animal de son environnement et la limitation des interactions apparaît plutôt positive. Cependant, des résultats supplémentaires sont nécessaires pour tirer des conclusions fiables.

Publiée il y a plus de 9 ans par camilled et B. Acuna.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.