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Titre de l'article :

Des preuves de stress chronique chez les guépards (Acinonyx jutabus) captifs, mais pas chez les individus en liberté, basées sur la morphologie et la fonction des glandes surrénales


Introduction à l'article :

Acinonyx jubatu est une espèce de guépard menacée par la perte d’habitat et les conflits avec les populations humaines. Les individus maintenus en captivité dans les zoos présentent des problèmes de reproduction dus à une inactivité des gonades. De plus, ils subissent de nombreuses maladies très rares chez les populations sauvages (e.g. occlusion veineuse, glomérulosclerose, infections par Helicobacter sp et péritonites félines). Ces conditions étant uniquement liées aux populations captives, elles pourraient être dues à une réponse endocrine au stress provoquée par un habitat non ajusté aux besoins de l’espèce. Le stress chronique peut être relié à une hyperplasie des glandes surrénales stimulées par une suractivité de la glande pituitaire. Un fort taux de cortisol produit par ces glandes devrait pouvoir être détecté dans l’organisme. Des analyses sur les glandes surrénales et le taux de cortisol sont réalisées sur cette espèce pour comparer les individus captifs et sauvages.

Expériences de l'article :

Les taux de cortisol, testostérone et oestradiol dans les fèces ont été mesurés pour un échantillon d’individus en captivité et en liberté par dosage radio-immunologique. L’oestradiol et la testostérone ont été quantifiés dans le but de vérifier que le taux de cortisol observé n’est pas du à une dégradation des échantillons prélevés. De même, la taille des glandes surrénales et le degré de vacuolisation des cellules corticocytes ont été obtenus pour les deux types d’individus. Les paramètres ont ensuite été comparés pour les individus en captivité ou en liberté.

Résultats de l'article :

Les taux de cortisol et des hormones sexuelles ne sont pas corrélés, ce qui indique que les taux de cortisol mesurés ne sont pas influencés par la conservation des prélèvements.
Les individus captifs présentent des concentrations en cortisol plus importantes que les individus en liberté pour les deux sexes. Les glandes surrénales sont de taille plus importante chez les guépards en captivité, mais la vacuolisation des corticocytes ne varie pas en fonction de ce paramètre. Cette dernière a été observée chez d’autres espèces captives mais elle reste méconnue pour ce modèle biologique. Son utilisation comme indicateur fiable du stress chronique est remis en cause. Ces résultats pourraient être dus un stress chronique induit par la captivité et traduit par une réponse surrénale persistente de fabrication de cortisol. Cela peut voir des effets physiologiques néfastes à l’origine de la prévalence de maladies rares et du faible succès reproducteur observés chez cette espèce.

Rigueur de l'article :

Les individus captifs sont divisés en plusieurs catégories : exposés ou non exposés au public dans le zoo, élevés par leur mère ou par l’homme. L’échantillon utilisé n’est pas homogène : tous les individus captifs élevés par l’homme vivaient non exposés au public, on n'a donc aucun représentant de la catégorie « élevés par l’homme » qui ait été exposé au public. De plus, ce statut n’est pas connu pour trois animaux. D’autre part, les échantillons de fèces des individus en liberté appartient à des animaux de sexe inconnu. Ils ont été collectés près d’un « arbre à jeux » où la plupart des visiteurs sont des mâles, les femelles ne sont pas représentées dans l’échantillon sauvage. Le résultats peuvent donc dépendre d'autres paramètres autres que la captivité. Il faudrait donc un échantillon plus représentatif des populations de guépards.

Ce que cet article apporte au débat :

La captivité peut entraîner chez certaines espèces (notamment les grands félins) un stress chronique à l'origine de problèmes physiologiques tels qu'une plus forte susceptibilité à certaines maladies et infections, ainsi qu'un succès reproducteur affaibli vis à vis des populations sauvages. Ces problèmes rendent difficile, voire impossible, la conservation ex situ de certaines espèces.

Remarques sur l'article :

On peut se demander pourquoi la testostérone n’a pas été mesurée chez les femelles. Cette hormone pourrait avoir des implications quant aux conséquences de la vie en captivité (e.g. un comportement plus agressif). Les implications des variations des taux d’hormones sexuelles vis à vis de la captivité ne sont pas discutées de manière approfondie dans cet article, en dépit du fait que les auteurs mentionnent bien l'impact de la captivité sur la reproduction.

Publiée il y a plus de 9 ans par B. Acuna.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.