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Résistance des abeilles d’Hawaï (USA) au Varroa destructor grâce à différentes proportions génétiques de Varroa Sensitive Hygiene (VSH).
Figure :
Figure 1
Article : Varroa destructor resistance of honey bees in Hawaii, USA, with different genetic proportions of Varroa Sensitive Hygiene (VSH)
Robert G Danka, Jeffrey W Harris, Ethel Villalobos, Thomas Glenn (2012)
Introduction à l'article :
Cette étude a pour but de déterminer quelles proportions de caractères VSH (% d'allèles provenant de souche sélectionnée pour le VSH dans le génome) pourraient conférer une résistance utile au Varroa par les abeilles mellifères. L’île d’Hawaï soutient une importante industrie d’élevage d’abeilles, qui est menacée par le Varroa destructor, acarien parasite détecté sur l’île en 2008. Jusque-là les moyens de lutte contre l’acarien étaient essentiellement chimiques. En effet, les apiculteurs traitent les colonies à l’aide d’acaricides tous les deux à quatre mois. Cependant, dans une industrie de production de reines, ce genre de pratiques entraîne des interférences avec l’élevage des reines et la production de spermatozoïdes. C’est pourquoi, il serait intéressant de faire importer du sperme d’individus aux traits VSH permettant une bonne résistance au parasite, car les reines ne peuvent être importées.
Expériences de l'article :
Les expériences réalisées durant cette étude se sont étalées sur plusieurs mois (Juillet 2010 – Mai 2011). Trois groupes de traitement ont été réalisés parmi 30 colonies. Ces groupes présentaient une densité initiale d’acarien d’environ 0,10-0,11 ± 0,09-0,12 acariens pour 100 abeilles. Des reines instrumentalement inséminées ont été ajouté à chaque colonie. Les reines ont été créées de façon à ce que les ouvrières possèdent soit 0% (Commercial Hawaiian X Commercial Hawaiian), 50% (Commercial Hawaiian X VSH) ou 75% (50% VSH X VSH) des traits génétiques VSH. Le sperme VSH provenait de mâles de Glenn Apiaries et d’un laboratoire de l’USDA. A partir de septembre, les colonies ont été échantillonnées tous les deux mois pour surveiller la densité des acariens et pour mesurer la population du couvain. Ces populations ont été mesurées par estimation de la superficie du couvain. Par la suite, les colonies atteignant des densités de 10 acariens pour 100 abeilles ont été traitées au fluvalinate.
Résultats de l'article :
Dans les groupes 0% VSH et 50% VSH, les densités d’acariens sont passées de 0,10 acariens pour 100 abeilles lorsque les reines ont été établies en juillet, à 22-24 acariens pour 100 abeilles en janvier. Ces deux groupes ont nécessité un traitement en janvier. Dans les colonies 75% VSH, les densités moyennes d’acariens augmentaient jusqu’à 5 acariens pour 100 abeilles après 4 mois d’expérience et ensuite diminuaient jusqu’à 0,5 acariens pour 100 abeilles après 8 mois. Une seule colonie 75% VSH a eu besoin d’être traité après 4 mois d’établissement, au cours du test de 8 mois.
Les résultats présentés montrent aussi un meilleur taux de survie des reines sur le long terme pour le groupe 75% VSH. Concernant le couvain, l’étude présente pour la colonie 75% VSH des valeurs de populations de couvain inférieures aux deux autres groupes. Cette diminution peut refléter le début de l’échec (de reproduction) des reines inséminées instrumentalement.
Rigueur de l'article :
Article rigoureux puisque le nombre de colonies est élevé, ainsi que le nombre d’individus, ce qui permet des échantillonnages et comptages efficaces. Cependant, il aurait été intéressant de poursuivre ces expériences sur un lapse de temps plus important. Les données fournissent une orientation initiale pour l’utilisation d’abeilles génétiquement résistantes afin d’atténuer la croissance démographique de V. destructor dans les conditions tropicales. Plus de la moitié des traits VSH sont nécessaires pour limiter significativement la croissance de la population d’acariens.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude apporte de nouveaux éléments pour le débat, comme l’utilisation de semences importées et obtenues à partir de lignées aux comportements hygiénistes (VSH). Ces semences permettent d’amener une plus grande diversité génétique et une meilleure résistance au parasite, le Varroa destructor. De plus, les résultats obtenus peuvent laisser penser à un manque d’efficacité des reines 75% VSH dans la fonction de reproduction et donc peuvent remettre en question cette méthode.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
C. Loisel et M. Combes.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Résistance des abeilles d’Hawaï (USA) au Varroa destructor grâce à différentes proportions génétiques de Varroa Sensitive Hygiene (VSH).
Figure 1
Article : Varroa destructor resistance of honey bees in Hawaii, USA, with different genetic proportions of Varroa Sensitive Hygiene (VSH)
Robert G Danka, Jeffrey W Harris, Ethel Villalobos, Thomas Glenn (2012)
Cette étude a pour but de déterminer quelles proportions de caractères VSH (% d'allèles provenant de souche sélectionnée pour le VSH dans le génome) pourraient conférer une résistance utile au Varroa par les abeilles mellifères. L’île d’Hawaï soutient une importante industrie d’élevage d’abeilles, qui est menacée par le Varroa destructor, acarien parasite détecté sur l’île en 2008. Jusque-là les moyens de lutte contre l’acarien étaient essentiellement chimiques. En effet, les apiculteurs traitent les colonies à l’aide d’acaricides tous les deux à quatre mois. Cependant, dans une industrie de production de reines, ce genre de pratiques entraîne des interférences avec l’élevage des reines et la production de spermatozoïdes. C’est pourquoi, il serait intéressant de faire importer du sperme d’individus aux traits VSH permettant une bonne résistance au parasite, car les reines ne peuvent être importées.
Les expériences réalisées durant cette étude se sont étalées sur plusieurs mois (Juillet 2010 – Mai 2011). Trois groupes de traitement ont été réalisés parmi 30 colonies. Ces groupes présentaient une densité initiale d’acarien d’environ 0,10-0,11 ± 0,09-0,12 acariens pour 100 abeilles. Des reines instrumentalement inséminées ont été ajouté à chaque colonie. Les reines ont été créées de façon à ce que les ouvrières possèdent soit 0% (Commercial Hawaiian X Commercial Hawaiian), 50% (Commercial Hawaiian X VSH) ou 75% (50% VSH X VSH) des traits génétiques VSH. Le sperme VSH provenait de mâles de Glenn Apiaries et d’un laboratoire de l’USDA. A partir de septembre, les colonies ont été échantillonnées tous les deux mois pour surveiller la densité des acariens et pour mesurer la population du couvain. Ces populations ont été mesurées par estimation de la superficie du couvain. Par la suite, les colonies atteignant des densités de 10 acariens pour 100 abeilles ont été traitées au fluvalinate.
Dans les groupes 0% VSH et 50% VSH, les densités d’acariens sont passées de 0,10 acariens pour 100 abeilles lorsque les reines ont été établies en juillet, à 22-24 acariens pour 100 abeilles en janvier. Ces deux groupes ont nécessité un traitement en janvier. Dans les colonies 75% VSH, les densités moyennes d’acariens augmentaient jusqu’à 5 acariens pour 100 abeilles après 4 mois d’expérience et ensuite diminuaient jusqu’à 0,5 acariens pour 100 abeilles après 8 mois. Une seule colonie 75% VSH a eu besoin d’être traité après 4 mois d’établissement, au cours du test de 8 mois.
Les résultats présentés montrent aussi un meilleur taux de survie des reines sur le long terme pour le groupe 75% VSH. Concernant le couvain, l’étude présente pour la colonie 75% VSH des valeurs de populations de couvain inférieures aux deux autres groupes. Cette diminution peut refléter le début de l’échec (de reproduction) des reines inséminées instrumentalement.
Article rigoureux puisque le nombre de colonies est élevé, ainsi que le nombre d’individus, ce qui permet des échantillonnages et comptages efficaces. Cependant, il aurait été intéressant de poursuivre ces expériences sur un lapse de temps plus important. Les données fournissent une orientation initiale pour l’utilisation d’abeilles génétiquement résistantes afin d’atténuer la croissance démographique de V. destructor dans les conditions tropicales. Plus de la moitié des traits VSH sont nécessaires pour limiter significativement la croissance de la population d’acariens.
Cette étude apporte de nouveaux éléments pour le débat, comme l’utilisation de semences importées et obtenues à partir de lignées aux comportements hygiénistes (VSH). Ces semences permettent d’amener une plus grande diversité génétique et une meilleure résistance au parasite, le Varroa destructor. De plus, les résultats obtenus peuvent laisser penser à un manque d’efficacité des reines 75% VSH dans la fonction de reproduction et donc peuvent remettre en question cette méthode.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.