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Titre de l'article :

Rôle de l’interaction Varroa-Virus dans l’effondrement des colonies d’abeilles mellifères


Figure :

Figure 3
[Figures de la publication] : (http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0057540)

Introduction à l'article :

Tout d'abord, l'article propose une importante mise en place du contexte, basée sur de la littérature, montrant que nous possédons suffisamment de connaissances pour mieux comprendre les interactions virus/acariens.
Cet article présente les relations étroites qui existent entre le Varroa destructor et les virus (AKI : Acute-Kashmir-Israeli complex and DWV : Deformed Wings Virus). Ces relations semblent être une des causes de la diminution brutale des populations d’abeilles mellifères. Les auteurs ont réalisé une analyse virale qui a été effectuée pour estimer la prévalence des abeilles infectées par le virus dans les colonies.
La prévalence est une mesure de l’état de santé d’une population (nombre d’individus infectés à un instant t). Cette étude a permis d’étudier la charge virale (nombre de copies d’un virus dans un volume de fluide) dans les abeilles et les acariens (V.destructor) à travers 23 colonies (Danemark) de 16 ruchers dans 3 conditions de traitement différentes sur une année.

Expériences de l'article :

Les colonies ont été classées selon la méthode de traitement utilisé pour contrôler l’acarien. Catégorie A comprenant 11 colonies (A1 à A11) traitées avec des acides organiques (acide formique et oxalique). Catégorie B comprenant 9 colonies (B01 à B09) traitées avec un insecticide pyréthrinoïde, la fluméthrine. Catégorie C comprenant 3 colonies (C01 à C03) qui n’ont pas été traitées.
Des abeilles ont été prélevées dans chaque colonie tout au long de l’expérience afin d’être lyophiliser et congeler dans des bouteilles en plastique. A partir de ces échantillons, les auteurs ont réalisés une extraction d’ARN qui ont été stockés dans des plaques de 96 puits. Les ARN ont ensuite été transcris en ADNc puis ont été placés en incubateur.
Ensuite, ils ont réalisés une PCR quantitative en temps réel qui a servi à tester les virus AKI, DWV et la béta-actine (protéine impliquée dans la structure et l’intégrité de la cellule).
Enfin, ils ont traité et analysé les données obtenues par des moyens statistiques.

Résultats de l'article :

Les colonies C ont toujours un taux d'infestation supérieur aux colonie A et B, que ce soit en début ou en fin d'étude (Figure 1). Différences liées au traitement subit par les colonies, mais aussi au fait que les colonies non traitées présentaient en début d’expérience des taux supérieurs car elles n'ont pas été traitées l'année précédente. Les colonies portant le plus grand nombre de copies de virus sont les colonies C **(Figure 2,3 et 5). Pour les colonies A et B, on peut observer **une meilleure efficacité sur le long terme du pyréthroïde même si son effet semble être atténuer sur le DWV, tout comme les acides organiques.
Dans les trois traitements, on peut observer une corrélation significative entre le nombre d’acariens et le nombre de copies de virus par abeille.
Avantage du pyréthroïde concernant le nombre de copies de varroa sur 100 abeilles. Avantage du pyréthroïde concernant le nombre de copies d’AKI et DWV, même si les acides organiques montrent une bonne efficacité.

Rigueur de l'article :

Étude d’une rigueur importante puisque l’étude s’est déroulée sur une année et présente des protocoles basés sur la biologie moléculaire ce qui engendre une forte précision des résultats obtenus. De plus, plus de 55 références sont citées et les tests statistiques possèdent des jeux de données conséquents, ce qui leur offre une bonne robustesse. Les limites de cette étude sont géographiques puisque toutes les colonies provenaient du Danemark.

Ce que cet article apporte au débat :

L’article apporte au débat une réflexion sur l’utilisation de traitements qu’ils soient organiques ou chimiques pour la lutte contre le Varroa destructor ainsi que les virus influençant le cycle de vie des abeilles. Cet article met en avant l’importance des relations Varroa-virus existantes et l’impact que ces relations peuvent avoir sur les communautés d’abeilles (effets corrélés). De plus, cette étude présente les importantes différences observées entre les colonies selon le traitement utilisé. Question du choix du traitement : sans traitement, traitement organique, traitement chimique ? Une meilleur gestion des moyens de lutte contre les pathogènes peut-elle être mise en place ? Pour améliorer la résistance? Sélection ? Lutte biologique ?

Publiée il y a plus de 9 ans par C. Loisel et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 6 ans.