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Difficultés rencontrées en utilisant les mesures standard de lutte antivectorielle contre la dengue à Boa Vista, au Brésil
Introduction à l'article :
Alors que l’Organisation mondiale de la Santé estime entre 50 000 et 100 000 le nombre de personnes touchées par la dengue chaque année, c’est environ 2.5 millions de personnes qui ont le risque d’être infectées par cette maladie. Un virus de la dengue qui compte aujourd’hui 4 sérotypes.
En 1981 à Boa Vista au Brésil, une épidémie de dengue causé par deux sérotypes DENV-1 et DENV-4 a eu lieu. Aidé par l’isolement géographique du lieu, l’épidémie a pu être contenue grâce aux méthodes de lutte anti-vectorielle. Depuis lors, la dengue est peu à peu devenue un problème de santé majeur au Brésil et en 2010 une nouvelle épidémie de dengue a touché Boa Vista, où en plus des sérotypes DENV-1 et DENV-2, le sérotype DENV-4 fut détecté alors qu’il n’avait pas été revu depuis sa première apparition de 1981.
Pour empêcher la propagation de DENV-4 dans tout le Brésil, les mesures standard de lutte anti-vectorielle ont été intensifiées.
Expériences de l'article :
Cet article ne comprend pas d'expérience en tant que tel, il constitue un commentaire argumenté sur l'intensification des méthodes de lutte anti-vectorielle misent en place dans la région de Boa Vista après l'épidémie de 2010 en faisant état des techniques utilisées, des paramètres locaux, de la pertinence des changements réalisés et enfin des leçons apprises. Les auteurs indiquent ainsi que suivant le protocole brésilien du contrôle de la dengue, l'intensification de la lutte s'est traduite par un traitement larvicide (diflubenzon) et insecticide (deltaméthrine) utilisé dans près de 75% des zones d'habitations de la région, couvrant toute la zone où DENV-4 avait été repéré. Un second traitement fut appliqué 15 jours après sur près de 10% des habitations.
Résultats de l'article :
Les auteurs indiquent que suivant le protocole établit, la surveillance des moustiques est effectués entre 4 et 6 fois par an dans les zones où la densité est la plus forte. Cependant les campagnes d'informations contre la dengue et de lutte contre les potentiels réservoirs de site de reproduction des moustiques sont trop faibles surtout entre les épidémies. Concernant l'efficacité de l'intensification de la méthode de lutte suite à la détection de DENV-4, le protocole suivit n'a pas permis de diminuer de façon significative la quantité de moustiques. Les auteurs préconisent de redessiner les méthodes de lutte, de prévention entre acteurs concernés par la dengue pour induire notamment un changement de comportement des populations, ils indiquent également que devant le peu d'efficacité des méthodes actuelles de lutte anti-vectorielle, associer les nouvelles technologies de lutte contre la transmission des maladies (moustiques transgéniques) est un élément à prendre en compte.
Rigueur de l'article :
Cet article publié dans le bulletin de l'Organisation Mondiale de la Santé semble rigoureux même s'il apparaît difficile d'en juger du fait de sa forme. Les arguments et les préconisations avancés sont censés et clairs.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article publié dans le bulletin de l'Organisation Mondiale de la Santé tire le constat de la difficulté de mettre en oeuvre les méthodes de lutte anti-vectorielle contre le virus de la dengue au Brésil, il porte l'accent sur des protocoles peut-être mal-définis et obsolètes ou alors difficilement applicables dans le contexte économique du pays. Notamment il indique qu'une intensification de la méthode de lutte ne montre pas de diminution significative du nombre de moustique et semble préconiser l'association de ces méthodes aux nouvelles technologies de lutte contre les vecteurs des maladies qui sont le fruit de cette controverse : les moustiques génétiquement modifiés.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
P. Dufour.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Difficultés rencontrées en utilisant les mesures standard de lutte antivectorielle contre la dengue à Boa Vista, au Brésil
Introduction à l'article :
Alors que l’Organisation mondiale de la Santé estime entre 50 000 et 100 000 le nombre de personnes touchées par la dengue chaque année, c’est environ 2.5 millions de personnes qui ont le risque d’être infectées par cette maladie. Un virus de la dengue qui compte aujourd’hui 4 sérotypes.
En 1981 à Boa Vista au Brésil, une épidémie de dengue causé par deux sérotypes DENV-1 et DENV-4 a eu lieu. Aidé par l’isolement géographique du lieu, l’épidémie a pu être contenue grâce aux méthodes de lutte anti-vectorielle. Depuis lors, la dengue est peu à peu devenue un problème de santé majeur au Brésil et en 2010 une nouvelle épidémie de dengue a touché Boa Vista, où en plus des sérotypes DENV-1 et DENV-2, le sérotype DENV-4 fut détecté alors qu’il n’avait pas été revu depuis sa première apparition de 1981.
Pour empêcher la propagation de DENV-4 dans tout le Brésil, les mesures standard de lutte anti-vectorielle ont été intensifiées.
Cet article ne comprend pas d'expérience en tant que tel, il constitue un commentaire argumenté sur l'intensification des méthodes de lutte anti-vectorielle misent en place dans la région de Boa Vista après l'épidémie de 2010 en faisant état des techniques utilisées, des paramètres locaux, de la pertinence des changements réalisés et enfin des leçons apprises. Les auteurs indiquent ainsi que suivant le protocole brésilien du contrôle de la dengue, l'intensification de la lutte s'est traduite par un traitement larvicide (diflubenzon) et insecticide (deltaméthrine) utilisé dans près de 75% des zones d'habitations de la région, couvrant toute la zone où DENV-4 avait été repéré. Un second traitement fut appliqué 15 jours après sur près de 10% des habitations.
Les auteurs indiquent que suivant le protocole établit, la surveillance des moustiques est effectués entre 4 et 6 fois par an dans les zones où la densité est la plus forte. Cependant les campagnes d'informations contre la dengue et de lutte contre les potentiels réservoirs de site de reproduction des moustiques sont trop faibles surtout entre les épidémies. Concernant l'efficacité de l'intensification de la méthode de lutte suite à la détection de DENV-4, le protocole suivit n'a pas permis de diminuer de façon significative la quantité de moustiques. Les auteurs préconisent de redessiner les méthodes de lutte, de prévention entre acteurs concernés par la dengue pour induire notamment un changement de comportement des populations, ils indiquent également que devant le peu d'efficacité des méthodes actuelles de lutte anti-vectorielle, associer les nouvelles technologies de lutte contre la transmission des maladies (moustiques transgéniques) est un élément à prendre en compte.
Cet article publié dans le bulletin de l'Organisation Mondiale de la Santé semble rigoureux même s'il apparaît difficile d'en juger du fait de sa forme. Les arguments et les préconisations avancés sont censés et clairs.
Cet article publié dans le bulletin de l'Organisation Mondiale de la Santé tire le constat de la difficulté de mettre en oeuvre les méthodes de lutte anti-vectorielle contre le virus de la dengue au Brésil, il porte l'accent sur des protocoles peut-être mal-définis et obsolètes ou alors difficilement applicables dans le contexte économique du pays. Notamment il indique qu'une intensification de la méthode de lutte ne montre pas de diminution significative du nombre de moustique et semble préconiser l'association de ces méthodes aux nouvelles technologies de lutte contre les vecteurs des maladies qui sont le fruit de cette controverse : les moustiques génétiquement modifiés.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.