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L'urbanisation des merles européens (Turdus merula) est-elle associée avec une différenciation génétique ?
Introduction à l'article :
Dans le cas du merle, en réponse à l'environnement urbain, la population urbaine montre des traits qui sont significativement différents de celle originelle, qui vit dans la forêt. Les populations urbaines ont ainsi de plus grandes densités de population, une saison de nidification plus longue, une activité journalière plus intense, une plus grande longévité, un comportement plus téméraire et une moins grande tendance à migrer.
Il a été proposé que dans les grandes villes européennes, un isolement génétique pourrait avoir lieu, à la fois par isolement géographique et par croisement préférentiel des oiseaux urbains entre eux. Une microévolution rapide serait possible pour cette espèce bien adaptée à la ville.
Dans le cadre de notre controverse, on se pose la question de l'urbanisation comme moteur de spéciation : d'après cet article, il est probable et on trouve des preuves que l'urbanisation soit moteur de spéciation, cependant, le processus est lent et difficile à détecter.
Expériences de l'article :
Comparaison de 15 mâles merles adultes urbains du centre de Munich (Allemagne) et 14 mâles merles adultes de la forêt entre Raisting et Wessobraun (Allemagne). On s'assure qu'il s'agit d'oiseaux locaux en les échantillonnant lors de la période de reproduction.
On fait une comparaison des marqueurs neutres par AFLP, une technique qui permet de générer des profils fiables à partir de locus multiples. L'ADN génomique est isolé des échantillons de sang et digéré par des endonucléases particulières, puis amplifié, et les fragments sont ensuite séparés. On calcule le Fst pour avoir une idée de la structure de la population, avec le programme ARLEQUIN, et un homologue qui utilise un modèle bayésien.
Résultats de l'article :
On trouve 19 bandes communes entre tous les individus.
Le degré de diversité génétique n'est pas différent entre les populations urbaines et les populations des forêts, pour aucun des estimateurs utilisés.
Rigueur de l'article :
L'article est intéressant car il fait suite à deux articles qui n'utilisent pas des données d'amplifications mais démontrent des différences phénotypiques importantes entre les deux populations de merles, différences qui pourraient être dues à des différences génétiques.
Cependant, le nombre d'individus sur lesquels l'étude est réalisée est faible; et une étude plus large de paires d'oiseaux urbains / non-urbains à l'échelle européenne serait souhaitable.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre qu'il n'y a pas de différenciation génétique au niveau des marqueurs neutres pour une espèce pourtant très adaptée (au moins plastiquement) au milieu urbain, et dont les populations urbaines/ non-urbaines se révèlent être bien différentes en termes de comportement et de phénotype. Ceci n'exclue pas la possibilité d'une adaptation génétique, qui aurait pu ne pas être détectée par la technique AFLP (échantillonnage aléatoire des fragments analysés.)
Malgré les limites de l'étude, ceci révèle un aspect important de cette controverse : il est difficile de détecter les évènements de spéciation qui sont généralement lents, et au vu de l'échelle de temps considérée, seules des adaptations locales sont peut être détectables.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
C. Martinez.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
L'urbanisation des merles européens (Turdus merula) est-elle associée avec une différenciation génétique ?
Introduction à l'article :
Dans le cas du merle, en réponse à l'environnement urbain, la population urbaine montre des traits qui sont significativement différents de celle originelle, qui vit dans la forêt. Les populations urbaines ont ainsi de plus grandes densités de population, une saison de nidification plus longue, une activité journalière plus intense, une plus grande longévité, un comportement plus téméraire et une moins grande tendance à migrer.
Il a été proposé que dans les grandes villes européennes, un isolement génétique pourrait avoir lieu, à la fois par isolement géographique et par croisement préférentiel des oiseaux urbains entre eux. Une microévolution rapide serait possible pour cette espèce bien adaptée à la ville.
Dans le cadre de notre controverse, on se pose la question de l'urbanisation comme moteur de spéciation : d'après cet article, il est probable et on trouve des preuves que l'urbanisation soit moteur de spéciation, cependant, le processus est lent et difficile à détecter.
Comparaison de 15 mâles merles adultes urbains du centre de Munich (Allemagne) et 14 mâles merles adultes de la forêt entre Raisting et Wessobraun (Allemagne). On s'assure qu'il s'agit d'oiseaux locaux en les échantillonnant lors de la période de reproduction.
On fait une comparaison des marqueurs neutres par AFLP, une technique qui permet de générer des profils fiables à partir de locus multiples. L'ADN génomique est isolé des échantillons de sang et digéré par des endonucléases particulières, puis amplifié, et les fragments sont ensuite séparés. On calcule le Fst pour avoir une idée de la structure de la population, avec le programme ARLEQUIN, et un homologue qui utilise un modèle bayésien.
On trouve 19 bandes communes entre tous les individus.
Le degré de diversité génétique n'est pas différent entre les populations urbaines et les populations des forêts, pour aucun des estimateurs utilisés.
L'article est intéressant car il fait suite à deux articles qui n'utilisent pas des données d'amplifications mais démontrent des différences phénotypiques importantes entre les deux populations de merles, différences qui pourraient être dues à des différences génétiques.
Cependant, le nombre d'individus sur lesquels l'étude est réalisée est faible; et une étude plus large de paires d'oiseaux urbains / non-urbains à l'échelle européenne serait souhaitable.
Cet article montre qu'il n'y a pas de différenciation génétique au niveau des marqueurs neutres pour une espèce pourtant très adaptée (au moins plastiquement) au milieu urbain, et dont les populations urbaines/ non-urbaines se révèlent être bien différentes en termes de comportement et de phénotype. Ceci n'exclue pas la possibilité d'une adaptation génétique, qui aurait pu ne pas être détectée par la technique AFLP (échantillonnage aléatoire des fragments analysés.)
Malgré les limites de l'étude, ceci révèle un aspect important de cette controverse : il est difficile de détecter les évènements de spéciation qui sont généralement lents, et au vu de l'échelle de temps considérée, seules des adaptations locales sont peut être détectables.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.