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Titre de l'article :

Première naissance par clonage d'un animal appartenant à une sous-espèce éteinte (Capra pyrenaica pyrenaica)


Introduction à l'article :

Pour pouvoir juger de la pertinence des méthodes de clonage dans le cadre de la conservation, il est important de connaître les difficultés inhérentes à cette technique. Ces auteurs, en essayant de recréer une sous-espèce animale éteinte à partir de cellules récoltées avant qu'elle ne disparaisse, permettent de mettre en évidence à la fois ce que l'on sait faire en termes de clonage, mais également les limites actuelles de cette méthode. Les auteurs de cet article s'intéressent au clonage du bouquetin C.pyrenaica pyrenaica, dont ils ont récupéré des cellules avant sa disparition récente. L'objectif de cet article est de voir s'il est possible de créer un clone de cette espèce à partir de ces cellules, en réalisant une fécondation in vitro suivie d'une implantation de l'embryon formé dans une mère porteuse. L'objectif est de tester plusieurs méthodes d'implantation afin de déterminer laquelle est la plus performante.

Expériences de l'article :

La première partie du projet a consisté à récupérer des ovules de chèvre domestique. Ces ovules ont été énucléés, puis fusionnés avec des fibroblastes de bouquetin, issus de la mise en culture des cellules récoltées sur le bouquetin avant sa disparition. L'objectif est d'obtenir des embryons génétiquement identiques au bouquetin.
Ces embryons sont ensuite mis en culture, et deux expériences sont alors réalisées. Dans la première, les embryons sont transférés soit au stade 3-6 cellules, soit au bout de 7 jours de culture (stade morula/blastula) dans une femelle de bouquetin ibérique (Capra pyrenaica), soit chez un hybride entre la chèvre domestique et le bouquetin ibérique. Dans la deuxième expérience, les embryons ont été transférés dans les mêmes organismes, mais seuls les embryons au stade 3 à 6 cellules ont été transférés.
Ensuite, les grossesses furent détectées par mesure des PAG (glycoprotéine associée à la grossesse).

Résultats de l'article :

Seuls les embryons implantés au stade 3-6 cellules ont donnés des grossesses, au taux de 14,3 % (7 embryons, expérience 1 et 2 confondue). Le type de mère n'impacte pas significativement le taux de grossesse.
Sur ces 7 embryons, un seul est arrivé à terme (les autre ont avorté avant 75 jours). A la naissance, il ne présentait pas d'anomalies morphologiques et avait des signes vitaux normaux, mais est mort en quelques minutes. La nécropsie a montré une atélectasie et un lobe pulmonaire supplémentaire non relié à la trachée qui occupait une grande partie de la cage thoracique. Le nouveau-né était génétiquement identique à la cellule donneuse de noyau de bouquetin.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article montre que les méthodes de clonage souffrent pour le moment d'un manque de connaissances, tant sur les méthodes utilisées et sur les problèmes qu'elles peuvent induire que sur la biologie de la reproduction de l'animal en question. Cette méthode ne semble donc pas très adaptée pour la conservation d'espèces en danger d'extinction. En revanche, elle reste la seule option pour ré-introduire une espèce disparue récemment. Ce papier encourage donc le stockage de cellules somatiques pour les espèces en danger, au cas où les méthodes de clonage se perfectionnent.

Publiée il y a plus de 9 ans par F. Sylvestre.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.