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Les mousses "nordiques" : un gradient latitudinal de biodiversité inverse chez les bryophytes européens.
Figure :
Figure 1 : Potential species richness of spermatophytes (a), ferns (b), mosses (c) and liverworts (d) across
Europe.
Source : R G. Mateo and al., 2016
Introduction à l'article :
Le gradient latitudinal de biodiversité prône une diminution de la diversité en s’éloignant des tropiques. Cependant les mécanismes de ce dernier reste débattu. Le macroclimat peut contrôler la richesse des espèces en jouant sur la tolérance de celle-ci à résister ou s’adapter à divers facteurs. Des espèces ont été capables de s’adapter à des latitudes plus hautes, signifiant des conditions de température et de sécheresse différentes des latitudes plus basses. L’hétérogénéité des habitats favorise également cette richesse. Les bryophytes sont le second groupe le plus abondant après les angiospermes. Un gradient latitudinal de biodiversité a déjà été observé pour les spermatophytes ou encore les fougères. Cependant il reste contesté pour les bryophytes. Ce rapport étudie la variation spatiale de la richesse en espèce ainsi que la diversité chez les bryophytes.
Expériences de l'article :
Les auteurs examinent la variation spatiale de la richesse en espèces, ainsi que la béta diversité chez les bryophytes à l’échelle européenne. Cette étude utilise les spermatophytes ainsi que les fougères afin de comparer les résultats de ces différents taxons. Ils cherchent à répondre à trois hypothèses se basant sur les conditions de températures et de sécheresse, la capacité des espèces à se disperser et la nestedness. La répartition des bryophytes étant peu documentée, ils ont utilisé un outil, Species distribution models, permettant de générer des cartes de répartition potentielle. L’objectif est de minimiser les biais de l’étude des bryophytes.
Résultats de l'article :
Une différence de richesse d’espèces entre les mousses, les fougères, les hépatiques et les spermatophytes est clairement établie dans cet article. En effet, les mousses et les fougères présentent un appauvrissement de leur diversité en s’approchant du 46 ème parallèle, proche des Pyrénées et augmentation de cette dernière vers des latitudes plus hautes. Les spermatophytes montrent un modèle de répartition inverse, en adéquation avec le gradient de biodiversité. Le constat est identique en regardant les indices beta SIM, montrant le turn-over des espèces. L’indice beta SNE montre une tendance inverse. En effet, il est plus fort dans les latitudes hautes, pour les spermatophytes que pour les mousses et les fougères.
Rigueur de l'article :
Les méthodes utilisées permettent de réduire les biais introduit par l’étude des Bryophytes. De plus, cette étude a été réalisée dans la zone méditerranéenne (ne comprenait pas les tropiques), dans le but que l’hypothèse d’un gradient latitudinal de biodiversité au niveau mondial puisse être acceptée. La rigueur de cet article semble donc être convenable.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre qu’une généralisation du gradient latitudinal de biodiversité universel ne peut être possible pour tous les taxons : les bryophytes en sont un contre-exemple. De plus, les facteurs écologiques semblent également participer à la mise en place d’un gradient vers des latitudes plus hautes.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
P. Ribert.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Les mousses "nordiques" : un gradient latitudinal de biodiversité inverse chez les bryophytes européens.
Figure 1 : Potential species richness of spermatophytes (a), ferns (b), mosses (c) and liverworts (d) across
Europe.
Source : R G. Mateo and al., 2016
Le gradient latitudinal de biodiversité prône une diminution de la diversité en s’éloignant des tropiques. Cependant les mécanismes de ce dernier reste débattu. Le macroclimat peut contrôler la richesse des espèces en jouant sur la tolérance de celle-ci à résister ou s’adapter à divers facteurs. Des espèces ont été capables de s’adapter à des latitudes plus hautes, signifiant des conditions de température et de sécheresse différentes des latitudes plus basses. L’hétérogénéité des habitats favorise également cette richesse. Les bryophytes sont le second groupe le plus abondant après les angiospermes. Un gradient latitudinal de biodiversité a déjà été observé pour les spermatophytes ou encore les fougères. Cependant il reste contesté pour les bryophytes. Ce rapport étudie la variation spatiale de la richesse en espèce ainsi que la diversité chez les bryophytes.
Les auteurs examinent la variation spatiale de la richesse en espèces, ainsi que la béta diversité chez les bryophytes à l’échelle européenne. Cette étude utilise les spermatophytes ainsi que les fougères afin de comparer les résultats de ces différents taxons. Ils cherchent à répondre à trois hypothèses se basant sur les conditions de températures et de sécheresse, la capacité des espèces à se disperser et la nestedness. La répartition des bryophytes étant peu documentée, ils ont utilisé un outil, Species distribution models, permettant de générer des cartes de répartition potentielle. L’objectif est de minimiser les biais de l’étude des bryophytes.
Une différence de richesse d’espèces entre les mousses, les fougères, les hépatiques et les spermatophytes est clairement établie dans cet article. En effet, les mousses et les fougères présentent un appauvrissement de leur diversité en s’approchant du 46 ème parallèle, proche des Pyrénées et augmentation de cette dernière vers des latitudes plus hautes. Les spermatophytes montrent un modèle de répartition inverse, en adéquation avec le gradient de biodiversité. Le constat est identique en regardant les indices beta SIM, montrant le turn-over des espèces. L’indice beta SNE montre une tendance inverse. En effet, il est plus fort dans les latitudes hautes, pour les spermatophytes que pour les mousses et les fougères.
Les méthodes utilisées permettent de réduire les biais introduit par l’étude des Bryophytes. De plus, cette étude a été réalisée dans la zone méditerranéenne (ne comprenait pas les tropiques), dans le but que l’hypothèse d’un gradient latitudinal de biodiversité au niveau mondial puisse être acceptée. La rigueur de cet article semble donc être convenable.
Cet article montre qu’une généralisation du gradient latitudinal de biodiversité universel ne peut être possible pour tous les taxons : les bryophytes en sont un contre-exemple. De plus, les facteurs écologiques semblent également participer à la mise en place d’un gradient vers des latitudes plus hautes.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.