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Titre de l'article :

Processus évolutifs sous-jacents dans les différentes latitudes chez les poissons de récif.


Figure :

Figure 2 : Rates of speciation, extinction and net diversification (speciation minus extinction) for tropical and extratropical lineages of four reef fish families.
Source : A. C. Siqueira et al., 2016

Introduction à l'article :

Les processus générant les gradients latitudinaux de biodiversité restent encore très mal compris. Une des lacunes résultent de l’absence d’étude des facteurs historiques et évolutifs. Toutes les hypothèses évolutives concernant la mise en place d’un gradient latitudinal de biodiversité, sont basées sur les processus de spéciation, d’extinction ou encore de dispersion. Différents modèles sont proposés afin d’expliquer les propriétés phylogénétiques du gradient latitudinal de biodiversité : l’hypothèse du « temps évolutif », l’hypothèse de conservation des niches écologiques, le modèle « hors des tropiques », ou encore celui de la « vitesse évolutive ». Tous ces modèles impliquent de façon plus au moins importante les processus de spéciation, d’extinction ou de dispersion. Les processus permettant de générer la biodiversité marine sont largement ignorés. Cet article étudie le facteur prédominant dans la répartition des poissons de récif tropicaux et extratropicaux.

Expériences de l'article :

Les auteurs ont étudié quatre familles de poissons de récif : Chaetodontidae, Labridae, Pomacentridae et Sparidae. Ces familles, à haute résolution phylogénétique, sont trouvées à la fois en zones tropicales et extratropicales. Néanmoins les Chaetodontidae, les Labridae, et les Pomacentridae sont principalement localisés dans les récifs coralliens tropicaux contrairement aux Sparidae. Pour analyser les différentes hypothèses évolutives, les auteurs ont utilisé des outils phylogénétiques, comme le « timecalibrated ».

Résultats de l'article :

Toutes les familles montrent un taux de spéciation élevé. Néanmoins, les résultats des taux d’extinction et de dispersion diffèrent. Les quatre familles étudiées répondent à des modèles différents. Les Chaetodontidae, répondent au modèle « hors des tropiques », donnant un taux d’extinction plus important pour les espèces extratropicales. Le taux de dispersion est lui plus élevé pour les poissons tropicaux. La famille des Labridae répond au même modèle, cependant la diversification semble être plus significativement plus élevée. Les Pomacentridae sont adaptés au modèle de la « vitesse évolutive ». Le taux d’extinction est donc faible pour les poissons provenant des zones tropicales et extratropicales. La famille des Sparidae répond également au modèle « hors des tropiques ».

Rigueur de l'article :

Cet article semble avoir pris en considération de multiples sources d’erreurs potentielles. En effet, dans le but de minimiser les erreurs, quatre zones de répartitions des sujets étudiés ont été analysées. Les différents modèles, ainsi que tous les outils d’analyses sont expliqués. La robustesse de chacun des modèles est discutée dans la partie résultats. Ils ont été vérifiés grâce à de nombreux tests, afin de valider le modèle de chacune des familles de poissons. Cependant, bien que l’analyse par AIC soutienne le modèle « hors des tropiques » pour les Chaetodontidae, les Labridae et les Sparidae, d’autres simulations de modèle sont en faveur de la « vitesse évolutive ». Il n’est pas possible de discriminer les deux modèles. Les résultats ne sont pas impactés, mais des limites dans le rôle des processus d’extinction et de dispersion semblent apparaitre.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article étudie les causes du gradient latitudinal de biodiversité chez les poissons de récifs, au travers des différents processus. Il semblerait que des différences significatives entre les poissons provenant de régions tropicales et ceux de régions extra-tropicales soient notées. En effet, les lignées de poissons tropicales montrent une diversification plus élevée. Elle est due notamment à un processus de spéciation plus important. De plus, les auteurs montrent une dispersion plus élevée pour les lignées. Le procédé de spéciation semble donc jouer un rôle clé, dans la mise en place du gradient latitudinal chez les poissons de récifs. Néanmoins, les auteurs soulèvent la question de la probable influence de l'activité tectonique dans la mise en place du gradient latitudinal de diversité.

Remarques sur l'article :

Cet article est très intéressant, cependant étant très complexe il est plutôt destiné à des spécialistes.

Publiée il y a plus de 9 ans par P. Ribert.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.