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L’extension de la processionnaire du pin, due au réchauffement global, impacte-t-elle le Bombyx Isabelle par une modification de la qualité de la nourriture ?
Introduction à l'article :
Le réchauffement global est responsable d’une modification de l’aire de répartition de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), espèce responsable de fortes défoliations dans les zones infestées. Selon les travaux cités dans l'article, ces défoliations induisent des changements dans la production de composés primaires et secondaires sur les branchages hôtes. Des données bibliographqies montrent également que de telles modifications sont susceptibles, chez Pinus nigra, d’altérer l’alimentation, la survie et le développement larvaires des générations suivantes sur les rameaux défoliés.
Au cours de son invasion dans de nouvelles zones bioclimatiques et écologiques, la processionnaire pénètre dans l’aire naturelle du Bombyx Isabelle (Actias isabellae) et cause de sévères défoliations sur Pinus silvestris. L’article étudie les effets du degré de défoliation des pins par la processionnaire sur la survie et le développement les larves de Bombyx Isabelle.
Expériences de l'article :
Les expériences sont menées ex situ dans une plantation clonale de pin Pinus sylvestris et utilise des larves de A. isabellae élevées en laboratoire. Quatre traitements sont définis par le nombre de nids de T. pityocampa déposés par arbre ; La défoliation qui en résulte est estimée visuellement : 0%, 5-25%, 25-50% et plus de 50% de défoliation. Les larves de _A. isabellae _sont ensuite déposées dans des boites contenant des rameaux non ravagés prélevés sur des pins correspondant aux différents degrés de défoliation. La survie et le stade de développement de chaque larve sont observés quotidiennement. Les variables suivantes sont étudiées : - Le taux de survie de chaque stade larvaire, – la durée de développement de chaque stade larvaire. – la durée totale de développement jusqu’au stade pupe. – le poids secs des pupes mâles et femelles. - Le taux de croissance relative RGR. Une analyse statistique sous R permet les comparaisons multiples entre les quatre degré de défoliation.
Résultats de l'article :
Concernant le taux de survie d’ A. isabellae, aucune différence significative n’est observée entre les quatre traitements de défoliation. A l'opposé une augmentation du temps de développement des larves sur les arbres défoliés à plus de 50% est relevée, ainsi qu'une diminution du poids sec des pupes pour les traitements correspondant aux arbres défoliés. Les pupes développées sur branches de pins non-défoliés sont par ailleurs plus lourdes que celles obtenues sur aiguilles de pins défoliés à 25-50%. Enfin les données montrent que le taux de croissance relative est inférieur pour les larves nourries sur les aiguilles de pins défoliés.
La qualité de l’alimentation est proposé comme un facteur clé responsable de l'impact sévère de la défoliation des pins par la processionnaire, sur le développement du Bombyx. L’augmentation du temps de développement des larves de Bombyx pourrait avoir pour effet une augmentation de la vulnérabilité du Bombyx aux attaques par ses prédateurs naturels.
Rigueur de l'article :
En raison du caractère protégé de l’espèce A. isabellae, l’expérimentation a été réalisée ex situ sur un clone de pin avec des effectifs faible de larves. Cette contrainte expérimentale éloigne des conditions naturelles et les résultats doivent être considéré avec réserve. Par ailleurs l’alimentation des larves est réalisée, non pas sur l’arbre lui même mais sur des rameaux prélevés et mis dans les boites d’élevage des larves : ce dispositif introduit un autre biais expérimental.
Les travaux sont financés par l’ANR sur un projet « anticipation des effets du changement climatique sur l’impact écologique et sanitaire d’insectes forestiers urticants ».
Ce que cet article apporte au débat :
L’article met en évidence qu’un changement de l’aire de répartition d’une espèce est susceptible d’engendrer de nouvelles conditions écologiques ayant à leur tour des répercussions sur la dynamique, voire la survie, d’une deuxième espèce. Ces nouvelles contraintes écologiques seraient sans rapport direct avec le changement climatique global puisque la thèse développée dans l’article suggère un changement alimentaire et/ou une vulnérabilité accrue aux prédateurs comme responsables des modifications observées dans le développement de la deuxième espèce.
La modification de l’aire de répartition de la première espèce est pour sa part attribuée au changement climatique global.
Cet article tend donc à montrer que le changement climatique n’est pas la composante la plus importante dans la modification de l’expansion géographique de A. isabellae.
Remarques sur l'article :
On aurait souhaité voir apparaître dans l’article quelques analyses chimiques permettant de comparer la composition des aiguilles de pins après ou sans défoliation afin d’étayer expérimentalement la thèse bibliographique d’un changement alimentaire.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
A. Ducousso.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
L’extension de la processionnaire du pin, due au réchauffement global, impacte-t-elle le Bombyx Isabelle par une modification de la qualité de la nourriture ?
Introduction à l'article :
Le réchauffement global est responsable d’une modification de l’aire de répartition de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), espèce responsable de fortes défoliations dans les zones infestées. Selon les travaux cités dans l'article, ces défoliations induisent des changements dans la production de composés primaires et secondaires sur les branchages hôtes. Des données bibliographqies montrent également que de telles modifications sont susceptibles, chez Pinus nigra, d’altérer l’alimentation, la survie et le développement larvaires des générations suivantes sur les rameaux défoliés.
Au cours de son invasion dans de nouvelles zones bioclimatiques et écologiques, la processionnaire pénètre dans l’aire naturelle du Bombyx Isabelle (Actias isabellae) et cause de sévères défoliations sur Pinus silvestris. L’article étudie les effets du degré de défoliation des pins par la processionnaire sur la survie et le développement les larves de Bombyx Isabelle.
Les expériences sont menées ex situ dans une plantation clonale de pin Pinus sylvestris et utilise des larves de A. isabellae élevées en laboratoire. Quatre traitements sont définis par le nombre de nids de T. pityocampa déposés par arbre ; La défoliation qui en résulte est estimée visuellement : 0%, 5-25%, 25-50% et plus de 50% de défoliation. Les larves de _A. isabellae _sont ensuite déposées dans des boites contenant des rameaux non ravagés prélevés sur des pins correspondant aux différents degrés de défoliation. La survie et le stade de développement de chaque larve sont observés quotidiennement. Les variables suivantes sont étudiées : - Le taux de survie de chaque stade larvaire, – la durée de développement de chaque stade larvaire. – la durée totale de développement jusqu’au stade pupe. – le poids secs des pupes mâles et femelles. - Le taux de croissance relative RGR. Une analyse statistique sous R permet les comparaisons multiples entre les quatre degré de défoliation.
Concernant le taux de survie d’ A. isabellae, aucune différence significative n’est observée entre les quatre traitements de défoliation. A l'opposé une augmentation du temps de développement des larves sur les arbres défoliés à plus de 50% est relevée, ainsi qu'une diminution du poids sec des pupes pour les traitements correspondant aux arbres défoliés. Les pupes développées sur branches de pins non-défoliés sont par ailleurs plus lourdes que celles obtenues sur aiguilles de pins défoliés à 25-50%. Enfin les données montrent que le taux de croissance relative est inférieur pour les larves nourries sur les aiguilles de pins défoliés.
La qualité de l’alimentation est proposé comme un facteur clé responsable de l'impact sévère de la défoliation des pins par la processionnaire, sur le développement du Bombyx. L’augmentation du temps de développement des larves de Bombyx pourrait avoir pour effet une augmentation de la vulnérabilité du Bombyx aux attaques par ses prédateurs naturels.
En raison du caractère protégé de l’espèce A. isabellae, l’expérimentation a été réalisée ex situ sur un clone de pin avec des effectifs faible de larves. Cette contrainte expérimentale éloigne des conditions naturelles et les résultats doivent être considéré avec réserve. Par ailleurs l’alimentation des larves est réalisée, non pas sur l’arbre lui même mais sur des rameaux prélevés et mis dans les boites d’élevage des larves : ce dispositif introduit un autre biais expérimental.
Les travaux sont financés par l’ANR sur un projet « anticipation des effets du changement climatique sur l’impact écologique et sanitaire d’insectes forestiers urticants ».
L’article met en évidence qu’un changement de l’aire de répartition d’une espèce est susceptible d’engendrer de nouvelles conditions écologiques ayant à leur tour des répercussions sur la dynamique, voire la survie, d’une deuxième espèce. Ces nouvelles contraintes écologiques seraient sans rapport direct avec le changement climatique global puisque la thèse développée dans l’article suggère un changement alimentaire et/ou une vulnérabilité accrue aux prédateurs comme responsables des modifications observées dans le développement de la deuxième espèce.
La modification de l’aire de répartition de la première espèce est pour sa part attribuée au changement climatique global.
Cet article tend donc à montrer que le changement climatique n’est pas la composante la plus importante dans la modification de l’expansion géographique de A. isabellae.
On aurait souhaité voir apparaître dans l’article quelques analyses chimiques permettant de comparer la composition des aiguilles de pins après ou sans défoliation afin d’étayer expérimentalement la thèse bibliographique d’un changement alimentaire.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.