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Sauvetage génétique d'une espèce de mammifère en danger par transfert nucléique inter-spécifique utilisant des cellules somatiques post-mortem.
Introduction à l'article :
Depuis l'avènement des méthodes de clonage, les biologistes de la conservation proposent de les utiliser dans le cadre de la réintroduction ou du maintien d'espèces en danger.
L'une d'elle est la reproduction par transfert de noyau somatique.
Ainsi cet article présente un cas de clonage réussi chez une espèce en voie d'extinction qui est le mouflon arménien (Ovis orientalis musimon) par l'injection d'ovocytes énucléés d'une espèce proche (le mouton Ovis aries) avec des cellules de la granulosa prélevées chez deux femelles de mouflon arménien retrouvées mortes.
Les embryons au stade blastocyte transférés chez deux femelles de mouton ont entraînées deux grossesses dont une a donnée naissance à un mouflon qui semble normal.
Cette manipulation s'inscrit dans le cadre d'un programme de sauvetage génétique : programme 16929 du conseil de protection de l'environnement de Sardaigne.
Expériences de l'article :
L'expérimentation se découpe en quatre parties:
1-La maturation in vitro consiste à prendre des cytoplastes issus d'oocytes prélevés dans des ovaires de brebis présentant trois couches de granulosa et d'enrichir leur milieu de maturation d'hormones stimulant le follicule et la lutéinisation.
2-La manipulation embryonnaire consiste à retirer les couches de granulosa durant la métaphase II. Les oocytes énucléés sont injectés avec une cellule de la granulosa du mouflon et servent de donneur nucléaire. Les embryons sont transférés en milieu de culture jusqu'au stade blastocyte puis sont ré-implantés dans leur cycle naturel chez une brebis hôte.
3-Le génotypage des marqueurs microsatellites permet de déterminer le génotype de l'individu avec une amplification par PCR réalisée sur ces marqueurs.
4-L'analyse de réplication de l'ADN mitochondrial est également faite par comparaison de PCR sur 544 paires de bases issues d'une séquence prélevée chez le clone, le donneur et la brebis porteuse.
Résultats de l'article :
Malgré le fait que les complexes d'oocytes récupérés chez les mouflons ne semblaient pas viables il a tout de même été possible de les utiliser comme donneur nucléaire pour un oocyte de mouton énucléé.
Sept embryons se sont ainsi développés, quatre d'entre eux étant issus d'un donneur de neuf ans et les trois autres provenant d'un donneur de deux ans.
Les blastocytes ont été transférés chez quatre brebis et seulement deux se sont avérées êtres enceintes lors de l'échographie au jour 35.
Enfin seul l'un des deux fœtus a donné un individu vivant et sain présentant un phénotype de mouflon.
L'analyse des microsatellites a montré la similitude génétique avec le génome du donneur et non avec celui de la brebis porteuse.
L'analyse de la séquence a également montré que l'ADN mitochondrial du mouflon cloné était identique à celui du donneur d'oocyte et différent de celui du donneur de cellules somatiques.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article met en avant la possibilité d'utiliser le clonage à partir d'un hôte issu d'une autre espèce proches comme stratégie de conservation.
Cependant elle présente un faible ratio de succès qui semble lié à des mécanismes sous-jacents encore mal connus. Notamment au niveau de la reprogrammation des noyaux différenciés qui pourraient contraindre le potentiel des embryons
Publiée il y a plus de 9 ans
par
A. Assemat.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Sauvetage génétique d'une espèce de mammifère en danger par transfert nucléique inter-spécifique utilisant des cellules somatiques post-mortem.
Introduction à l'article :
Depuis l'avènement des méthodes de clonage, les biologistes de la conservation proposent de les utiliser dans le cadre de la réintroduction ou du maintien d'espèces en danger.
L'une d'elle est la reproduction par transfert de noyau somatique.
Ainsi cet article présente un cas de clonage réussi chez une espèce en voie d'extinction qui est le mouflon arménien (Ovis orientalis musimon) par l'injection d'ovocytes énucléés d'une espèce proche (le mouton Ovis aries) avec des cellules de la granulosa prélevées chez deux femelles de mouflon arménien retrouvées mortes.
Les embryons au stade blastocyte transférés chez deux femelles de mouton ont entraînées deux grossesses dont une a donnée naissance à un mouflon qui semble normal.
Cette manipulation s'inscrit dans le cadre d'un programme de sauvetage génétique : programme 16929 du conseil de protection de l'environnement de Sardaigne.
L'expérimentation se découpe en quatre parties:
1-La maturation in vitro consiste à prendre des cytoplastes issus d'oocytes prélevés dans des ovaires de brebis présentant trois couches de granulosa et d'enrichir leur milieu de maturation d'hormones stimulant le follicule et la lutéinisation.
2-La manipulation embryonnaire consiste à retirer les couches de granulosa durant la métaphase II. Les oocytes énucléés sont injectés avec une cellule de la granulosa du mouflon et servent de donneur nucléaire. Les embryons sont transférés en milieu de culture jusqu'au stade blastocyte puis sont ré-implantés dans leur cycle naturel chez une brebis hôte.
3-Le génotypage des marqueurs microsatellites permet de déterminer le génotype de l'individu avec une amplification par PCR réalisée sur ces marqueurs.
4-L'analyse de réplication de l'ADN mitochondrial est également faite par comparaison de PCR sur 544 paires de bases issues d'une séquence prélevée chez le clone, le donneur et la brebis porteuse.
Malgré le fait que les complexes d'oocytes récupérés chez les mouflons ne semblaient pas viables il a tout de même été possible de les utiliser comme donneur nucléaire pour un oocyte de mouton énucléé.
Sept embryons se sont ainsi développés, quatre d'entre eux étant issus d'un donneur de neuf ans et les trois autres provenant d'un donneur de deux ans.
Les blastocytes ont été transférés chez quatre brebis et seulement deux se sont avérées êtres enceintes lors de l'échographie au jour 35.
Enfin seul l'un des deux fœtus a donné un individu vivant et sain présentant un phénotype de mouflon.
L'analyse des microsatellites a montré la similitude génétique avec le génome du donneur et non avec celui de la brebis porteuse.
L'analyse de la séquence a également montré que l'ADN mitochondrial du mouflon cloné était identique à celui du donneur d'oocyte et différent de celui du donneur de cellules somatiques.
Cet article met en avant la possibilité d'utiliser le clonage à partir d'un hôte issu d'une autre espèce proches comme stratégie de conservation.
Cependant elle présente un faible ratio de succès qui semble lié à des mécanismes sous-jacents encore mal connus. Notamment au niveau de la reprogrammation des noyaux différenciés qui pourraient contraindre le potentiel des embryons
Dernière modification il y a plus de 9 ans.