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Le gradient latitudinal de biodiversité à travers les âges
Figure :
La figure représente les variations de temperatures durant le Phanerozoïque en lien avec la répartition latitudinal de la biodiversité. On observe ainsi que la mise en place d'un gradient est en lien avec un refroidissement global des temperatures (zone grisée).
Résumé de la review :
Les auteurs s'intéressent d'abord à définir le gradient latitudinal de diversité moderne, en insistant sur les causes possibles de la mise en place d'un tel gradient. Le rôle des facteurs géographiques, climatiques et historiques ainsi que les hypothèses associées à ces facteurs sont notamment mis en avant.
Le facteur géographique rend compte de l'influence de la distribution des continents sur la répartition de la biodiversité tandis que le facteur historique décrit l'influence des perturbations biotiques et abiotiques passées afin de rendre compte de la répartition de la biodiversité actuelle. Enfin, les hypothèses associées au facteur climatique sont en lien avec la faible saisonnalité observée au sein des zones tropicales et l'augmentation de la productivité des zones tropicales suite à une insolation importante en comparaison des hautes latitudes.
Mannion et collaborateurs insistent sur l'importance des données paléontologiques dans l'étude des variations des facteurs citées précédemment, permettant ainsi de tester la pertinence du gradient latitudinal de diversité sur une échelle spatio-temporelle importante. La complétude des registres fossiles et la robustesse des méthodologies employées dans les études de la paléobiodiversité permettent d'appréhender de manière pertinente les variations du gradient latitudinal de diversité à l'échelle des temps géologiques.
C'est à travers l'étude de quatre intervalles de temps (transition Ordovicien supérieur - Silurien inférieur / Trias supérieur - Crétacé / Paléocéne inférieur / Eocéne inférieur) que les auteurs mettent en avant les fluctuations du gradient latitudinal de diversité. Ces intervalles de temps permettent de mettre en avant le caractère ponctuel du gradient latitudinal de diversité. En effet, celui-ci semble se caractériser d'abord durant le Paléozoïque puis dans un second temps durant le Néogène. Le facteur climatique apparait comme le facteur prépondérant dans la mise en place du gradient durant les périodes de temps considérées. La mise en place d'un gradient latitudinal de diversité semble ainsi faire écho aux épisodes de glaciation Ordovicienne et Néogène.
Néanmoins, l'ensemble du Cénozoïque et du Paléogène ne présentent pas de gradient spatial de diversité. De plus, des pics de diversités au niveau des latitudes paléotempérés sont enregistrés. Une influence de la répartition des continents dans la répartition de la biodiversité s'observe durant la fin du Mésozoïque, montrant ainsi l'importance du facteur géographique en l'absence de variations latitudinales de temperature.
L'évolution du gradient latitudinal de diversité se fait donc sous l'influence des facteurs géographiques, historiques et climatique. Les relations complexes unissant ces différents facteurs, notamment les facteurs géographique et climatique, compliquent les analyses. L'enregistrement de la mise en place d'un gradient moderne semble se faire durant la Grande Coupure Eocene/Oligocene, traduisant ainsi une contraction de la biodiversité au niveau des tropiques en réponse à une aridification du climat. Toutefois, la répartition des terres émergées influence les régimes climatiques, démontrant ainsi une synergie entre facteurs géographique et climatique.
En plus de cela, le facteur historique et notamment les extinctions de masses jouent un rôle dans la répartition spatiale de la diversité. Cependant, peu d'étude ont mis en lien la répartition de la biodiversité avec le degré de perturbation des écosystèmes.
Enfin, des différences de répartition et de réponse de la biodiversité existent entre les écosystèmes terrestres et marins. Une meilleure prise en compte des qualités de chacun des écosystèmes est nécessaire afin d'obtenir une vision globale du gradient latitudinal de diversité.
Les auteurs s'intéressent également à la dynamique évolutive du gradient, en comparant la pertinence de différents modèles de diversification (taux variables d'extinction et de spéciation) par rapport au gradient.
Rigueur de la review :
La review proposée par Mannion et collaborateurs est pertinente. Néanmoins, il aurait été intéressant d'avoir plus de références sur des données néontologiques, notamment concernant l'aspect de la dynamique évolutive du gradient latitudinal de diversité.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review permet de se familiariser avec les hypothèses et les concepts liés à la mise en place du gradient latitudinal de biodiversité. La principale force de cette review est d'exposer clairement les hypothèses et de mettre en perspective ces hypothèses avec des résultats d'études paléontologiques et paléogéographiques.
Les arguments exposés dans cette review permettent de contester l'universalité du gradient latitudinal de biodiversité dans le temps long. Malgré cela, les causes responsables de la mise en place de ce gradient restent débattues et la review offre une perspective paléontologique à l'importance limité.
Le gradient latitudinal de biodiversité à travers les âges
La figure représente les variations de temperatures durant le Phanerozoïque en lien avec la répartition latitudinal de la biodiversité. On observe ainsi que la mise en place d'un gradient est en lien avec un refroidissement global des temperatures (zone grisée).
Les auteurs s'intéressent d'abord à définir le gradient latitudinal de diversité moderne, en insistant sur les causes possibles de la mise en place d'un tel gradient. Le rôle des facteurs géographiques, climatiques et historiques ainsi que les hypothèses associées à ces facteurs sont notamment mis en avant.
Le facteur géographique rend compte de l'influence de la distribution des continents sur la répartition de la biodiversité tandis que le facteur historique décrit l'influence des perturbations biotiques et abiotiques passées afin de rendre compte de la répartition de la biodiversité actuelle. Enfin, les hypothèses associées au facteur climatique sont en lien avec la faible saisonnalité observée au sein des zones tropicales et l'augmentation de la productivité des zones tropicales suite à une insolation importante en comparaison des hautes latitudes.
Mannion et collaborateurs insistent sur l'importance des données paléontologiques dans l'étude des variations des facteurs citées précédemment, permettant ainsi de tester la pertinence du gradient latitudinal de diversité sur une échelle spatio-temporelle importante. La complétude des registres fossiles et la robustesse des méthodologies employées dans les études de la paléobiodiversité permettent d'appréhender de manière pertinente les variations du gradient latitudinal de diversité à l'échelle des temps géologiques.
C'est à travers l'étude de quatre intervalles de temps (transition Ordovicien supérieur - Silurien inférieur / Trias supérieur - Crétacé / Paléocéne inférieur / Eocéne inférieur) que les auteurs mettent en avant les fluctuations du gradient latitudinal de diversité. Ces intervalles de temps permettent de mettre en avant le caractère ponctuel du gradient latitudinal de diversité. En effet, celui-ci semble se caractériser d'abord durant le Paléozoïque puis dans un second temps durant le Néogène. Le facteur climatique apparait comme le facteur prépondérant dans la mise en place du gradient durant les périodes de temps considérées. La mise en place d'un gradient latitudinal de diversité semble ainsi faire écho aux épisodes de glaciation Ordovicienne et Néogène.
Néanmoins, l'ensemble du Cénozoïque et du Paléogène ne présentent pas de gradient spatial de diversité. De plus, des pics de diversités au niveau des latitudes paléotempérés sont enregistrés. Une influence de la répartition des continents dans la répartition de la biodiversité s'observe durant la fin du Mésozoïque, montrant ainsi l'importance du facteur géographique en l'absence de variations latitudinales de temperature.
L'évolution du gradient latitudinal de diversité se fait donc sous l'influence des facteurs géographiques, historiques et climatique. Les relations complexes unissant ces différents facteurs, notamment les facteurs géographique et climatique, compliquent les analyses. L'enregistrement de la mise en place d'un gradient moderne semble se faire durant la Grande Coupure Eocene/Oligocene, traduisant ainsi une contraction de la biodiversité au niveau des tropiques en réponse à une aridification du climat. Toutefois, la répartition des terres émergées influence les régimes climatiques, démontrant ainsi une synergie entre facteurs géographique et climatique.
En plus de cela, le facteur historique et notamment les extinctions de masses jouent un rôle dans la répartition spatiale de la diversité. Cependant, peu d'étude ont mis en lien la répartition de la biodiversité avec le degré de perturbation des écosystèmes.
Enfin, des différences de répartition et de réponse de la biodiversité existent entre les écosystèmes terrestres et marins. Une meilleure prise en compte des qualités de chacun des écosystèmes est nécessaire afin d'obtenir une vision globale du gradient latitudinal de diversité.
Les auteurs s'intéressent également à la dynamique évolutive du gradient, en comparant la pertinence de différents modèles de diversification (taux variables d'extinction et de spéciation) par rapport au gradient.
La review proposée par Mannion et collaborateurs est pertinente. Néanmoins, il aurait été intéressant d'avoir plus de références sur des données néontologiques, notamment concernant l'aspect de la dynamique évolutive du gradient latitudinal de diversité.
Cette review permet de se familiariser avec les hypothèses et les concepts liés à la mise en place du gradient latitudinal de biodiversité. La principale force de cette review est d'exposer clairement les hypothèses et de mettre en perspective ces hypothèses avec des résultats d'études paléontologiques et paléogéographiques.
Les arguments exposés dans cette review permettent de contester l'universalité du gradient latitudinal de biodiversité dans le temps long. Malgré cela, les causes responsables de la mise en place de ce gradient restent débattues et la review offre une perspective paléontologique à l'importance limité.
Les affirmations concernant l'absence d'un gradient latitudinal durant le Paléocéne inférieur ont depuis été réfutées (cf Late Cenozoic onset of the latitudinal diversity gradient of North American mammals ).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.