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Titre de l'article :

Etude du gradient des amibes testacées dans le sud-ouest de l'Amérique du sud : équilibre eau-énergie et évolution.


Figure :

Figure 2 Latitudinal diversity gradient of soil testate amoebae in south-western South America. Unimodal relationship among latitude
and (a) species richness observed and (b) species richness estimated with a coverage-based richness estimator (Chao et al., 2014) for
each 18 latitudinal. In both cases the fitted function (solid line) and its 95% confidence intervals (broken lines) are shown. In (b) the
vertical solid lines show the 95% confidence intervals for the species richness estimated for each 18 latitudinal band.
Source : L. D. Fernandez et al., 2016

Introduction à l'article :

Le gradient latitudinal de biodiversité est un modèle très répandue en écologie, cependant des exceptions sont montrées, notamment dans la région du sud-ouest de l’Amérique du sud. En effet, de nombreuses espèces présentent un gradient unimodal de diversité (pic de richesse aux latitudes moyennes et appauvrissement de la richesse en espèces pour les faibles et fortes latitudes). Ce gradient unimodal semble être lié à un héritage historique, ponctué de changements climatiques. Les conséquences ont été l’extinction de certaines espèces à des latitudes élevées, et la migration d’autres aux moyennes latitudes (conditions plus clémentes). Les causes de ce gradient unimodal ont été jusqu’alors étudiées sur les plantes et les animaux. Cette étude évalue le type de gradient, ainsi que son processus de mise en place, pour les amibes testacées (protites). Ces derniers correspondent à un groupe adapté au climat chaud et humide, l’eau et la température seraient donc des facteurs importants.

Expériences de l'article :

Les auteurs ont travaillé à partir d’une collection d’amibes. Ils ont pris en considération 215 sur les 252 espèces pouvant être étudiées. Trois critères principaux ont été analysés :

  • Le type de gradient de diversité, grâce à une estimation de la richesse pour dix-huit latitudes
  • Les moteurs de la diversité actuelle, par une approche utilisant la méthode des moindres carrés.
  • La distribution, en analysant la répartition de la taille des espèces.
Résultats de l'article :

Cet article montre que les amibes étudiés présente un gradient de diversité de type unimodal, tous comme les autres espèces issus de la même zone. De plus, les facteurs de disponibilité en eau et en énergie dans l’environnement, sont importants dans la mise en place de ce gradient. L’analyse de la distribution de la taille montre que les espèces varient de petite à moyenne taille. Cet article montre également, une diversité plus importante aux latitudes moyennes grâce à l’indice de biodiversité (béta Sim), ainsi qu’une variation d’espèces aux latitudes plus élevées due aux niches écologiques. Plusieurs modèles semblent être impliqués dans cette étude.

Rigueur de l'article :

La rigueur de cet article semble être correcte. Les auteurs ont fait des efforts dans la qualité de leur échantillonnage. Les protistes du sol sont mal documentés, cependant ils n’ont pas pris en considération des espèces aquatiques ou des espèces ayant des annotations taxonomiques douteuses. De plus, afin de minimiser au maximum les biais liés à l’échantillonnage, les auteurs ont utilisé différentes méthodes biostatistiques, par exemple, la richesse a été calculée pour chaque latitude.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article étudie le gradient de diversité des amibes (protistes présents dans le sol), au sud-ouest de l’Amérique. Les auteurs ont montré que les amibes ne suivent pas un gradient latitudinal de biodiversité (GLB) mais un gradient unimodal (pic de diversité aux latitudes moyennes). Un constat pouvant être réalisé, est que la zone sud-ouest de l’Amérique montre des exceptions au GLB pour différents taxons (un gradient unimodal pour les plantes et les animaux avaient déjà été observé). Le GLB ne semble pas s’appliquer dans toutes les zones. Les causes à l’origine du gradient pour les Amibes sont la disponibilité en eau et en énergie. Ce « rapport eau- énergie » est pour la première fois observé dans la mise en place d’un gradient. L’étude des causes du gradient, même si elles ne sont pas directement en relation avec le GLB est intéressante. En effet, elle peut expliquer pourquoi le gradient latitudinal de diversité n’est pas instauré partout, et montre que diverses causes peuvent être impliquées.

Publiée il y a plus de 9 ans par P. Ribert.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.