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Titre de l'article :

Dynamiques écologiques et conception des réserves naturelles


Introduction à l'article :

Par le passé, certaines réserves ont été construites en étant considées équivalentes à des 'habitats insulaires', isolées. Il faut cependant nuancer; si le nombre d'espèce d'une île est globalement constant, du fait d'un relatif équilibre entre les taux de migration et d'extinction, ce n'est pas le cas des réserves, dont le nombre d'espèce aura tendance à décliner du fait du taux de migration faible.
L'article propose de revoir la manière dont doit être conçu les réserves, en prenant en compte la dynamique interne, qui diffère d'un endroit à l'autre de la réserve (formant ainsi des 'patch' de dynamiques), cette dynamique dépendant des perturbations/disturbances et des successions écologiques.

Résultats de l'article :

Les disturbances influencent de manière évidente le taux d'extinction, et cette influence est plus forte dans les petites zones (qui contiennent des populations de faible taille, et donc qui sont plus afféctés par les fluctations aléatoires de l'environnement). Les espèces seront plus ou moins affectées par les différentes disturbances.
La succession des stades d'une zone (de désertique à 'climax') joue également un rôle, dans la mesure où beaucoup d'espèces atteindront leur taille maximale de population dans des stades 'intermédiaires' (plus que dans des stades plus avancées)
Suggestions : Utiliser la notion de 'aire minimale de dynamique' pour concevoir les réserves (=zone la plus réduite où une disturbance va s'appliquer, maximisant recolonisation et minimisant extinction); les réserves doivent donc entre autre :
-être plus grandes que les patchs de disturbance qu'elles contiennent
-inclure des sources de recolonisation internes,et des patch de disturbance d'age différent

Ce que cet article apporte au débat :

Une réserve a beau être 'isolée', elle ne fonctionne pas tout à fait comme une île, du fait des différences dans les migrations. Si une réserve est completement isolée, et sans grande dynamique interne, le nombre d'espèce va forcement diminuer; les espèces éteintes naturellement ne sont pas remplacées par des espèces extérieures, les espèces préférant un type particulier d'habitat ne peuvent pas migrer vers un autre au cours du changement naturel des habitats ( l'habitat étant de même age partout, donc homogène, ou bien les disturbances ne pouvant modifier l'habitat par endroit) etc.
Il faut donc qu'une réserve possède au moins une certaine dynamique interne (étant donné que les frontières ne permettent que peu de migration dans les 2 sens), avec une grande variété d'habitats connectés et susceptibles de changer.

Remarques sur l'article :

Le terme anglais 'disturbance'(l'évenement) possède un sens différent du français 'perturbation'(la conséquence de l'évenement); il est donc préférable de garder le terme disturbance.

La notion 'les disturbances (aléatoires) affectent plus les petites populations' se rapproche un peu de la notion de dérive génétique (=lorsque qu'une population est de faible effectif, la fréquence des différents allèles va varier de manière aléatoire (à cause d'évenements eux-mêmes aléatoires), ce qui va aboutir à la fixation ou disparition de certains, et qui autrement dit aboutit à une réduction de la diversité génétique au sein d'une population (avec cependant certains allèles 'rares' ayant pu devenir abondant)). Cela me fait penser un peu à ce qui est dit dans cet article, mais avec une diminution cette fois du nombre d'espèce, et donc de la diversité spécifique au sein d'une zone.

Publiée il y a plus de 9 ans par S. Dupré.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.