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Analyse de la référence De-extinction in a crisis discipline

Titre de la review :

De-extinction dans une discipline de crise.


Résumé de la review :

La dé-extinction est l'idée d'utiliser des technologies génétiques et de l'ADN de spécimens de musées pour ressusciter des espèces complètement éteintes. Cette pratique a retenu récemment beaucoup d'attention, et plusieurs groupes de scientifiques se sont formés pour y travailler. Cependant, la dé-extinction a également soulevé un fort débat au sein des biologistes de la conservation, avec de nombreux détracteurs.
Il existe des risques, des coûts, mais aussi des bénéfices à la dé-extinction. Les risques comprennent la transmission de pathogènes par l'espèce ressuscitée, et les effet imprévisibles sur les interactions entre espèces. Par exemple, les espèces ramenées à la vie pourraient se comporter comme des espèces invasives dans les environnements où elles sont réintroduites. Même si la capacité des biologistes de la conservation à gérer les populations s'est améliorée, cela ne semble pas suffisant pour faire face à ces problèmes. Une critique souvent avancée à la dé-extinction est qu'elle risque de détourner l'attention d'autres stratégies de conservation. Cependant cet argument est valable pour toutes les stratégies : par exemple, les stratégies mettant en avant les services écosystémiques au détriment des approches espèce-centrées. Toutefois, les différentes stratégies ne s'excluent pas les unes les autres car les sources de financements sont souvent différentes, et l'apparition de nouvelles méthodes est susceptible de générer des nouveaux fonds. Enfin, il est possible que la dé-extinction ait un effet négatif sur la protection des espèces, laissant penser que leur disparition n'est pas grave puisqu'on peut les ramener à la vie. Toutefois, de nombreux pays pratiquent actuellement une politique anti-extinction sans que cela n'enraye le déclin global des espèces, il est donc peu probable que la dé-extinction ait un fort effet négatif. Au contraire, les espèces ramenées à la vie pourraient être utilisées comme espèces parapluies, permettant la protection d'habitats et d'espèces supplémentaires.
En plus de ces risques, la dé-extinction présente de nombreux défis qui lui sont propres. Si les techniques de laboratoire employées bénéficient de l'apport lié aux recherches en agronomie et biomédecine, appliquer ces principes à des espèces sauvages n'est pas aussi simple. L'un des premiers challenge est d'arriver à construire une population viable à partir d'un très faible nombre d'individus. Pour surmonter ça il est nécessaire de bien comprendre la dynamique des petites populations. Un autre problème est que, pour beaucoup d'espèces candidates à la dé-extinction, les menaces ayant mené à la disparition sont toujours d'actualité.
La dé-extinction ne fait pas l'unanimité au sein des biologistes de la conservation. Deux pointsdevue principaux s'opposent : d'un côté, l'idée que la "vie sauvage" n'existe plus vraiment et que des actions de conservation réussies se reposent plutôt sur la gestion des environnements et intègrent les besoin humains. De l'autre côté, l'idée que les biologistes de la conservation doivent essayer d'avoir le minimum d'impact sur les environnements. Parallèlement à ce débat, l’intérêt public pour la conservation diminue rapidement, et il semble nécessaire de trouver des nouvelles stratégies qui permettraient d'attirer l'attention du public. La dé-extinction pourrait en faire partie. Pour conclure, il semble que la dé-extinction ne révolutionnera pas la biologie de la conservation, mais face à la crise de la biodiversité actuelle, toutes les méthodes doivent être envisagées pour une conservation efficace.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette review présente plusieurs problèmes rencontrés par les méthodes de dé-extinction d'espèces. Cependant, plusieurs de ces problèmes sont communs à d'autres stratégies de conservation actuellement mises en œuvre.
L'auteur se positionne plutôt en faveur de l'utilisation de telles méthodes en mettant en avant le fait que, face à la crise de la biodiversité, toutes les solutions doivent être envisagées.

Publiée il y a plus de 9 ans par L. Rancilhac.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.