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Titre de l'article :

Théorie moderne de la biogéographie : Peut-on en tirer des leçons sur la conception des réserves ?


Introduction à l'article :

La 'théorie de l'équilibre de la biogéographie des îles' (=le nombre d'espèce dans 2 îles, situées à la même latitude etc, sera différent à cause de la taille et de l'isolation des îles (qui influencent le taux d'immigration et d'apparition)) (MacArthur&Wilson 1967), couplée à l'observation que de grandes surfaces de terres peuvent contenir un plus grand nombre d'espèce que les petites, a été appliquée afin d'essayer de maximiser le nombre d'espèce de certaines réserves.
Cependant, l'article présent fait remarquer que, d'une part, la théorie de base n'est pas exacte, et d'autre part, qu'essayer de l'appliquer aux réserves n'aboutira pas forcement à la maximisation du nombre d'espèce.

Expériences de l'article :

L'article commence par revenir sur la'théorie de l'équilibre de la biogéographie des îles' en elle-même, mettant en évidence 4 points problématiques;
puis l'article revient sur les différents designs de réserves que la théorie favoriserait, en mettant en évidence les problèmes propres à chaque design (ex : une grande réserve circulaire est certes idéale en théorie, mais les limites financières etc. empêchent en pratique ce design; de plus, il vaut peut-être mieux investir dans une meilleure surveillance de la réserve, une meilleure gestion etc. plutôt que d'augmenter la taille de la réserve; autre ex : une réserve petite mais avec un grand périmètre (non circulaire) a une faible 'surface efficace' de concervation au centre de la réserve, mais en contrepartie, les espèces se développant dans les lisières y sont favorisées (bien qu'elles ne soient souvent pas les espèces que l'on souhaite réellement protéger))

Résultats de l'article :

Problèmes soulevés :
-la 'théorie de l'équilibre de la biogéographie des îles' n'est en réalité pas prouvée, ni la relation entre taux d'extinction et surface.
-cette théorie décrit les 'vraie' îles, mais les réserves sont trop différentes des îles pour que la théorie soit réellement applicable (ex: il est impossible de vivre dans la zone en périphérie d'une île(mer), mais cela est possible en périphérie des réserves)
-cette manière de gérer les réserves ne pourrait être avantageuse que pour certaines espèces (oiseaux)

Ce que cet article apporte au débat :

La théorie n'est pas à oublier complétement(elle a pu se réveler utile pour Adriani&Van der Maarel (1968)), mais elle doit être appliquée avec prudence.
Entre autre, l'importance de la forme de la réserve n'est pas considérée comme un facteur important concernant le nombre d'espèce; l'importance de la migration et isolation sur le nombre d'espèce est également à revoir (pas aussi importante pour tout les taxa, et pas forcement bien mise en évidence).
L'article fait également remarquer que, généralement, une fois la taille/forme de la réserve choisie, il n'est plus possible de la modifier (il ne faut donc pas choisir une grande réserve uniquement car 'il sera possible de la fractionner si besoin'; ça ne pourrait qu'être nocif).
Il ajoute également que les corridors ne sont surtout utile que pour les espèces ayant tendance à migrer.

Remarques sur l'article :

Les auteurs semblent regrouper la notion de 'frontière, périmètre' avec la notion de 'lisière' (edge), alors que les 2 sont rarement confondues dans une réserve; soit leur formulation était simplement peu claire, soit ils estiment réellement que c'est la même chose, et dans ce cas, les critiques sur l'importance de la forme devraient être tempérées.

Publiée il y a plus de 9 ans par S. Dupré.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.