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Culex pipiens dans le métro londonien : différenciation entre les populations de surface et souterraines
Introduction à l'article :
Culex pipiens : espèce de moustique mondialement distribuée. La forme molestus a été fortement étudiée puisqu’apparemment inféodée au réseau souterrain du métro londonien et se nourrissant de sang de mammifères et non d'oiseau. Les deux formes diffèrent dans leur "proies", leur comportement, période de reproduction, cette différence étant plus marquée en Angleterre que dans les pays du sud. Cette étude tente de répondre à trois questions :
1) La plus forte différenciation de pipiens et molestus à Londres est elle due à une réduction des flux de gène et/ou un isolement reproductif entre les deux formes ?
2) Y a-t-il eu une ou plusieurs colonisation indépendante du métro londonien ?
3) la forme molestus vient-elle des populations de surface des pays chaud qui ont colonisé une nouvelle niche écologique dans les souterrains ?
Expériences de l'article :
Collecte des population sur 20 sites différents (autant de surface que de souterrain).
Élevage des moustique collectés.
Test de croisement entre pipiens et molestus : croisement noté positif si l’œuf était viable, négatif sinon.
Séquençage de 20 loci d'alloenzymes.
Résultats de l'article :
Les différentes populations souterraine peuvent se reproduire entre elles, mais ne peuvent avoir de descendants viables avec les population de surface.
Polymorphisme plus important chez les populations de surface. Les formes molestus n'avaient pas d'allèle nouveau mais seulement des sous-groupes des allèles présents chez les pipiens.
La distinction pipiens et molestus est ici soutenue par les outils moléculaires en plus des comportementaux.
Cette distinction indique un flux de gènes très réduit voire inexistant entre les deux populations. Les molestus sont moins polymorphiques ce qui suggère une plus forte dérive et un flux de gène réduit.
Ici les données tendent à confirmer l'hypothèse selon laquelle les populations souterraines sous issus d'une colonisation unique par les individus de surface. La colonisation par des individus de surface du nord de l'Afrique est moins probable, mais toujours plus que celles de plusieurs colonisation par les individus de surface de Londres.
Rigueur de l'article :
Etude solide bien représentative des différentes populations de moustique de londres. Peut être limitée dans les croisements qui ont été réalisés : toutes les populations entre elles ? seulement certaines ? Ce n'est pas suffisamment explicité ici.
Ce que cet article apporte au débat :
Ici le métro souterrain, infrastructure courante dans les zones urbaines a représenté une nouvelle niche écologique exploitable par les moustiques. Si l'origine des population souterraine n'est pas encore certaine, il est clair qu'à Londres, les deux formes sont en train de diverger. Nous sommes en train d'assister peut être à une spéciation entre Culex pipiens et C. molestus.
L'urbanisation peut donc favoriser la spéciation, bien que ce soit un cas très particulier.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
P. Ganault.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Culex pipiens dans le métro londonien : différenciation entre les populations de surface et souterraines
Introduction à l'article :
Culex pipiens : espèce de moustique mondialement distribuée. La forme molestus a été fortement étudiée puisqu’apparemment inféodée au réseau souterrain du métro londonien et se nourrissant de sang de mammifères et non d'oiseau. Les deux formes diffèrent dans leur "proies", leur comportement, période de reproduction, cette différence étant plus marquée en Angleterre que dans les pays du sud. Cette étude tente de répondre à trois questions :
1) La plus forte différenciation de pipiens et molestus à Londres est elle due à une réduction des flux de gène et/ou un isolement reproductif entre les deux formes ?
2) Y a-t-il eu une ou plusieurs colonisation indépendante du métro londonien ?
3) la forme molestus vient-elle des populations de surface des pays chaud qui ont colonisé une nouvelle niche écologique dans les souterrains ?
Collecte des population sur 20 sites différents (autant de surface que de souterrain).
Élevage des moustique collectés.
Test de croisement entre pipiens et molestus : croisement noté positif si l’œuf était viable, négatif sinon.
Séquençage de 20 loci d'alloenzymes.
Les différentes populations souterraine peuvent se reproduire entre elles, mais ne peuvent avoir de descendants viables avec les population de surface.
Polymorphisme plus important chez les populations de surface. Les formes molestus n'avaient pas d'allèle nouveau mais seulement des sous-groupes des allèles présents chez les pipiens.
La distinction pipiens et molestus est ici soutenue par les outils moléculaires en plus des comportementaux.
Cette distinction indique un flux de gènes très réduit voire inexistant entre les deux populations. Les molestus sont moins polymorphiques ce qui suggère une plus forte dérive et un flux de gène réduit.
Ici les données tendent à confirmer l'hypothèse selon laquelle les populations souterraines sous issus d'une colonisation unique par les individus de surface. La colonisation par des individus de surface du nord de l'Afrique est moins probable, mais toujours plus que celles de plusieurs colonisation par les individus de surface de Londres.
Etude solide bien représentative des différentes populations de moustique de londres. Peut être limitée dans les croisements qui ont été réalisés : toutes les populations entre elles ? seulement certaines ? Ce n'est pas suffisamment explicité ici.
Ici le métro souterrain, infrastructure courante dans les zones urbaines a représenté une nouvelle niche écologique exploitable par les moustiques. Si l'origine des population souterraine n'est pas encore certaine, il est clair qu'à Londres, les deux formes sont en train de diverger. Nous sommes en train d'assister peut être à une spéciation entre Culex pipiens et C. molestus.
L'urbanisation peut donc favoriser la spéciation, bien que ce soit un cas très particulier.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.