ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Rôle de l’hormone juvénile dans la fonction immune et dans la production de phéromones : test du principe de handicap sur l’immunocompétence.
Introduction à l'article :
Chez de nombreuses espèces animales, le choix des femelles pour leurs partenaires se fait souvent selon des traits sexuels secondaires, suggérant ainsi que la résistance des mâles correspond à la présence et au maintien d’ornements honnêtes et couteux pour ces derniers.
L’hypothèse de handicap liée à immunocompétence met en avant une corrélation entre la qualité des individus et la production de phéromones par ces derniers.
En effet, chez les insectes, l'hormone mâle (testostérone) est absente. Cependant il a été démontré dans des études précédentes que les femelles de coléoptères étaient plus attirées par les phéromones de mâles immunocompétents. De plus, il a été observé qu'au cours d'infection des individus mâles, ces derniers présentaient une attraction des femelles par leurs phéromones réduite.
Ainsi, l'hormone juvénile (JH)a été caractérisée comme étant susceptible de réguler à la fois les fonctions immunes et la production d'hormones.
Expériences de l'article :
Le but des expériences est de déterminer chez une espèces de Coléoptères,_ Tenebrio molitor,_, le rôle que peut avoir JH sur les caractéristiques sexuels secondaires et les fonctions immunitaires des mâles. Après avoir injecter 5µL d'une solution d'acétone contenant 5mg de l'hormone JH de type III, les chercheurs ont inséré un filament dans la membrane des individus afin de mesurer l'intensité et le temps nécessaire pour une réponse cellulaire d'encapsulement. Les chercheurs ont également effectué deux autres tests sur ces mêmes mâles, afin de mesurer l'activité de la phénoloxidase et des lysozymes. Ces expériences permettent de déterminer l'immunocompétence des individus lorsqu'il y a une sur-expression de JH.
D'autres tests ont permis de récolter sur des filtres, les phéromones émises par ces individus mâles. Ces filtres ont ensuite été présentés à diverses femelles afin de déterminer la préférence de ces dernières.
Test statistique utilisé pour confirmer la significativité: Student.
Résultats de l'article :
Les résultats indiquent que les femelles sont plus attirées par des phéromones de mâles ayant reçu une injection de JH. L'hormone augmente donc l'attraction séductrice des mâles. L'injection de JH conduit en revanche à une diminution de la capacité d'encapsulement et de l'activité de la phénoloxidase. Cependant, cet ajout n'influe pas sur l'activité lytique et la survie des individus. Dans la littérature, il est connu que les JH participent au contrôle de la reproduction et de la morphogenèse. Ces résultats suggèrent donc que cette hormone joue également un rôle dans la réglementation d'un compromis entre le système immunitaire et l'attraction sexuelle chez les insectes. Une sur-expression de JH chez les mâles se traduit par une augmentation de la production de phéromones mais une diminution des fonctions immunes. Ce sont donc les mâles en meilleures conditions immunes qui peuvent se permettre de supporter le coût d'une plus forte intensité d'hormone, attirant les femelles.
Rigueur de l'article :
La corrélation entre les fonctions immunes et la production de phéromones est pour la première fois démontrée dans cet article.
Les expériences sur l'attraction des femelles ont été réalisé avec plusieurs femelles et répliqué plusieurs fois avec la même femelle afin d'assurer des résultats non hasardeux.
En revanche, les expériences sur l'immunocompétence n'ont pas été réalisées à l'aide d'une infection directe avec des pathogènes. Nous ne pouvons donc pas assurer que les résultats obtenus soient confirmes dans des conditions naturelles. Dans des études sur le papillon, l'ajout de JH impacte sur la survie de l'insecte, ce qui n'est pas le cas dans cette étude; cela peut être justement du à cette absence de tests avec de vrais pathogènes.
Aucun renseignement n'est fourni sur le coûts que peut avoir de forte concentration de JH sur la survie des individus à l'état sauvage.
Ce que cet article apporte au débat :
Chez de nombreuses espèces animales, il a été démontré que les femelles étaient plus attirées par des mâles ayant une forte émission de testostérone, signe d'une meilleure immunocompétence. Or dans cet exemple, nous pouvons constater que pour les insectes non producteurs de phéromones mâles, comme la testostérone, avoir une forte attraction auprès des femelles provoque un coût affaiblissant l'individu . Ces résultats reflètent ainsi qu'un mécanisme général comprenant, l'hypothèse du principe de handicap, peut fonctionner chez les insectes. Ce principe de handicap de l'immunocompétence suggère donc que la production et le maintien d'un niveau convenable d'hormone juvénile représentent des traits d'attraction sexuels couteux et honnêtes. Les mâles favorisés seront donc ceux qui arrivent à supporter le coût de cette production d'hormone juvénile, de nature handicapante pour le système immunitaire.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
I. Sauquet.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Rôle de l’hormone juvénile dans la fonction immune et dans la production de phéromones : test du principe de handicap sur l’immunocompétence.
Introduction à l'article :
Chez de nombreuses espèces animales, le choix des femelles pour leurs partenaires se fait souvent selon des traits sexuels secondaires, suggérant ainsi que la résistance des mâles correspond à la présence et au maintien d’ornements honnêtes et couteux pour ces derniers.
L’hypothèse de handicap liée à immunocompétence met en avant une corrélation entre la qualité des individus et la production de phéromones par ces derniers.
En effet, chez les insectes, l'hormone mâle (testostérone) est absente. Cependant il a été démontré dans des études précédentes que les femelles de coléoptères étaient plus attirées par les phéromones de mâles immunocompétents. De plus, il a été observé qu'au cours d'infection des individus mâles, ces derniers présentaient une attraction des femelles par leurs phéromones réduite.
Ainsi, l'hormone juvénile (JH)a été caractérisée comme étant susceptible de réguler à la fois les fonctions immunes et la production d'hormones.
Le but des expériences est de déterminer chez une espèces de Coléoptères,_ Tenebrio molitor,_, le rôle que peut avoir JH sur les caractéristiques sexuels secondaires et les fonctions immunitaires des mâles. Après avoir injecter 5µL d'une solution d'acétone contenant 5mg de l'hormone JH de type III, les chercheurs ont inséré un filament dans la membrane des individus afin de mesurer l'intensité et le temps nécessaire pour une réponse cellulaire d'encapsulement. Les chercheurs ont également effectué deux autres tests sur ces mêmes mâles, afin de mesurer l'activité de la phénoloxidase et des lysozymes. Ces expériences permettent de déterminer l'immunocompétence des individus lorsqu'il y a une sur-expression de JH.
D'autres tests ont permis de récolter sur des filtres, les phéromones émises par ces individus mâles. Ces filtres ont ensuite été présentés à diverses femelles afin de déterminer la préférence de ces dernières.
Test statistique utilisé pour confirmer la significativité: Student.
Les résultats indiquent que les femelles sont plus attirées par des phéromones de mâles ayant reçu une injection de JH. L'hormone augmente donc l'attraction séductrice des mâles. L'injection de JH conduit en revanche à une diminution de la capacité d'encapsulement et de l'activité de la phénoloxidase. Cependant, cet ajout n'influe pas sur l'activité lytique et la survie des individus. Dans la littérature, il est connu que les JH participent au contrôle de la reproduction et de la morphogenèse. Ces résultats suggèrent donc que cette hormone joue également un rôle dans la réglementation d'un compromis entre le système immunitaire et l'attraction sexuelle chez les insectes. Une sur-expression de JH chez les mâles se traduit par une augmentation de la production de phéromones mais une diminution des fonctions immunes. Ce sont donc les mâles en meilleures conditions immunes qui peuvent se permettre de supporter le coût d'une plus forte intensité d'hormone, attirant les femelles.
La corrélation entre les fonctions immunes et la production de phéromones est pour la première fois démontrée dans cet article.
Les expériences sur l'attraction des femelles ont été réalisé avec plusieurs femelles et répliqué plusieurs fois avec la même femelle afin d'assurer des résultats non hasardeux.
En revanche, les expériences sur l'immunocompétence n'ont pas été réalisées à l'aide d'une infection directe avec des pathogènes. Nous ne pouvons donc pas assurer que les résultats obtenus soient confirmes dans des conditions naturelles. Dans des études sur le papillon, l'ajout de JH impacte sur la survie de l'insecte, ce qui n'est pas le cas dans cette étude; cela peut être justement du à cette absence de tests avec de vrais pathogènes.
Aucun renseignement n'est fourni sur le coûts que peut avoir de forte concentration de JH sur la survie des individus à l'état sauvage.
Chez de nombreuses espèces animales, il a été démontré que les femelles étaient plus attirées par des mâles ayant une forte émission de testostérone, signe d'une meilleure immunocompétence. Or dans cet exemple, nous pouvons constater que pour les insectes non producteurs de phéromones mâles, comme la testostérone, avoir une forte attraction auprès des femelles provoque un coût affaiblissant l'individu . Ces résultats reflètent ainsi qu'un mécanisme général comprenant, l'hypothèse du principe de handicap, peut fonctionner chez les insectes. Ce principe de handicap de l'immunocompétence suggère donc que la production et le maintien d'un niveau convenable d'hormone juvénile représentent des traits d'attraction sexuels couteux et honnêtes. Les mâles favorisés seront donc ceux qui arrivent à supporter le coût de cette production d'hormone juvénile, de nature handicapante pour le système immunitaire.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.