ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Mouvement et comportement des aras rouges (Arao macao) pendant la période de dépendance post-envol : imlicationspour la gestion in situ versus ex situ


Introduction à l'article :

Différentes méthodes sont utilisées au Costa Rica pour la conservation de l'ara rouge, menacé par la destruction de son habitat et par le braconnage. Des efforts de conservation in situ sont réalisés via la protection des nids et un travail avec les populations locales. Des méthodes ex situ sont également utilisées, comme la capture d'individus à haut risque de mortalité et leur réintroduction après élevage en captivité, et la réintroduction d'oiseaux confisqués au commerce illégal ou nés en captivité.

Cet article vise à l'acquisition d'une meilleure connaissance d'une période clé pour l'espèce: la période post-envol. Celle-ci est en effet peu connue et peu étudiée, alors qu'elle pourrait jouer un rôle clé dans le choix et l'adaptation du programme de conservation. L'objectif principal est de décrire les mouvements, le comportement et le développement social de l'ara rouge pendant cette période.

Expériences de l'article :

L'expérience a été menée au Costa Rica, sur des aras sauvages. 8 oisillons de 4 nids différents ont été équipés de colliers radio-transmetteurs pendant les saisons de nidification de 1995 et 1997. Les mouvements des oisillons ont été suivis depuis le sol avec un récepteur et une antenne. Le comportement de deux des oisillons a été suivi pendant 11 semaines. Les périodes d'observation étaient de 15 minutes, avec un enregistrement de la situation toutes les minutes. Les auteurs ont utilisé pour la description 6 états comportementaux et 4 états sociaux. Des relations sociales étaient définies par deux individus perchés à moins de 30 mètres et ayant un échange vocal. Une protection des prédateurs a eu lieu dans un cas considéré extrême.

Résultats de l'article :

Les oisillons s'éloignent du nid au bout de 1 à 12 jours, et commencent leurs voyages entre zones de repos et d'activité au bout de 30 à 50 jours. Les plus jeunes oisillons étaient également les plus faibles et les plus souvent exposés au danger. Le succès d'envol n'est donc pas suffisant pour définir un succès global.

Ces résultats suggèrent que pendant la période post-envol les oisillons développent les comportements et relations sociales qui détermineront leur survie dans la nature. L'attention parentale et la confrontation à l'environnement et au paysage est importante. Les oisillons jouent, ce qui favorise développement musculaire et relations sociales, et observent les adultes. Ils pourraient apprendre de cette manière la localisation de la nourriture. La conservation in situ est ainsi plus adaptée à long terme. Cependant, l'étude de la période post-envol permettrait d'adapter les pratiques pour une réintroduction plus efficace dans le cas de la conservation ex situ.

Rigueur de l'article :

D'un point de vue méthodologique, cette étude se base sur seulement 8 individus pour les mouvements, et sur deux pour les comportements. Si elle est adaptée à la proposition de nouvelles méthodes pour des observations futures, comme la radio-télémétrie, les résultats obtenus ne peuvent être généralisés. De plus, cette étude se focalise sur des individus sauvages. Les conclusions portées sur le choix entre conservation ex situ et in situ sont effectuées à partir de supposition et de la bibliographie. Les conclusions tirées sur les types de conservation ne peuvent donc pas être associées à l'expérience décrite par cet article. Cependant, les références sont nombreuses et valables, ce qui permet d'utiliser les informations fournies pour alimenter cette controverse.

Ce que cet article apporte au débat :

L'apprentissage de la recherche de nourriture est fondamental pour la survie et passe par une expérimentation à l'échelle du paysage et une socialisation, en faveurs de la conservation in situ. De plus, la validation des programmes de réintroduction nécessite un suivi à plus long terme que ce qui est actuellement effectué, l'étape de l'envol n'étant pas l'étape déterminante de survie. Enfin, l'adaptation des techniques dans le cadre de la conservation ex situ passe par une meilleure connaissance du comportement présenté par les individus à l'état naturel.

Publiée il y a plus de 9 ans par camilled et Manon V. .
Dernière modification il y a plus de 9 ans.