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Mécanismes conduisant à un gradient latitudinal de diversité inhabituel pour les graminées
Figure :
Mechanisms driving an unusual latitudinal diversity gradient for grasses Colonne de gauche : répartition latitudinale de la richesse. Colonne de droite : répartition globale de la richesse. L'axe des ordonnées de la colonne de gauche représentent la diversité spécifique.
De haut en bas on a les représentation graphiques pour chaque espèces, respectivement :
Poaceae total
Pooideae
Panicoideae
Chloricoideae
Bambusoideae
Aristidoideae
Danthonioideae
Micrairoideae
Ehrthartoideae
Arundinoideae
Introduction à l'article :
Malgré leur ancienneté et leur caractère cosmopolites, les mécanismes de la répartition des espèces de graminées sont inconnus. Les objectifs sont :
d'étudier la distribution latitudinale de la richesse spécifique (RS) pour les différentes espèces de graminées.
de tester les différentes hypothèses qui seraient à l'origine de la mise en place d'un GLD (climat, productivité, ancienneté des biomes tropicaux, l'âge des lignées, la dispersion et la diversification).
L'hypothèse qui en découle suppose, qu'en raison de l'ancienneté de ces lignées et de leurs fortes adaptations aux environnements arides et froids, la RS des graminées serait plus faible aux tropiques. Cependant, de nombreuses variables sont à prendre dans la mise en place d'un GLD, la surface des continents, les limitations géographiques à la dispersion, et les différents habitats. Il ne s'agit ici de tester la force relative des corrélations entre la RS des graminées et les variables environnementales et géographiques.
Expériences de l'article :
Richesse spécifique, et données environnementales et géographiques
La base de données GrassBase est utilisé sur 11 086 espèces représentants 99,9% des graminées, pour établir le profil global de répartition de la RS des graminées.
Ces données sont ensuite modélisées afin d'obtenir une représentation possible des gradients latitudinaux de la RS pour les différentes lignées de graminées ainsi que pour les graminées dans leur ensemble.
Analyses statistiques
Des régression multiples avec des modèles additifs généralisés sont sélectionner pour tester les associations entre la RS et les mécanismes écologiques et historiques étant, hypothétiquement, à l'origine du GLD. Les modèles de régression multiples permettent d'inclure les variables climatiques, de productivité, topographiques, d'habitat et géographiques, qui jouent également un rôle dans la mise en place du GLD.
Résultats de l'article :
Les auteurs valident l'hypothèse selon laquelle les graminées présentent un GLD inhabituel. En effet, ces dernières ne présentent pas un pic de la RS plus important sous les tropiques mais plutôt aux latitudes moyennes, avant de diminuer au-delà de 50°N. Les groupes des Pooideae, des Danthonioideae et Ehrhartoideae ont une RS plus importantes dans les régions tempérées, tandis que les Panicoideae, Chloridoideae,Aristidoideae, Micrairoideae et les Arundinoideae ont tous une RS plus élevée à proximités des tropiques du Cancer et du Capricorne. Ainsi, ce GLD inhabituel est en parti du aux profils latitudinaux contrastés que présentent les graminées. Cela soulève l'importance de la spécialisation climatique des lignées de graminées (dans les milieux arides et froids) et de leur origine ancienne. Par ailleurs, les résultats ont révélés les rôles cruciaux que jouent la biogéographie historique et l'hétérogénéité topographique dans la détermination des modèles globaux de la RS des graminées.
Rigueur de l'article :
Les bases de donnée,s dont sont issues les données nécessaires à la réalisation de cet article, sont récentes, complètes et appropriées à cette étude. La réalisation des modèles est faite de manière tout à fait correcte. Or on sait que les modèles ne donnent que des résultats probables, et peuvent parfois être éloignés de la réalité si on ne prend pas en compte suffisamment de variables, ou si ces dernières sont encore mal prises en compte par les modèles. Cependant, les auteurs s'attachent ici à prendre de nombreuses variables en compte et établissent de nombreuses corrélations, rendant ainsi leurs résultats tout à fait exploitables et probablement au plus proche de la réalité. Enfin, bien que la résolution des données reste "grossière" comme le disent eux mêmes les auteurs, les corrélations entre les différentes variables restent statistiquement significatives et donc valables et discutables.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude révèle l'importance de la température et des précipitations dans la répartition de la richesse spécifique des graminées. Elle montre également que la biogéographie historique et l'hétérogénéité topographiques entre en jeu dans le mise en place de ce GLD inhabituel chez les graminées, signifiant alors que les régions montagneuses abritent une proportion considérable d'espèces de graminées.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
J. Morarin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Mécanismes conduisant à un gradient latitudinal de diversité inhabituel pour les graminées
Mechanisms driving an unusual latitudinal diversity gradient for grasses
Colonne de gauche : répartition latitudinale de la richesse.
Colonne de droite : répartition globale de la richesse.
L'axe des ordonnées de la colonne de gauche représentent la diversité spécifique.
De haut en bas on a les représentation graphiques pour chaque espèces, respectivement :
Malgré leur ancienneté et leur caractère cosmopolites, les mécanismes de la répartition des espèces de graminées sont inconnus. Les objectifs sont :
L'hypothèse qui en découle suppose, qu'en raison de l'ancienneté de ces lignées et de leurs fortes adaptations aux environnements arides et froids, la RS des graminées serait plus faible aux tropiques. Cependant, de nombreuses variables sont à prendre dans la mise en place d'un GLD, la surface des continents, les limitations géographiques à la dispersion, et les différents habitats. Il ne s'agit ici de tester la force relative des corrélations entre la RS des graminées et les variables environnementales et géographiques.
Richesse spécifique, et données environnementales et géographiques
La base de données GrassBase est utilisé sur 11 086 espèces représentants 99,9% des graminées, pour établir le profil global de répartition de la RS des graminées.
Ces données sont ensuite modélisées afin d'obtenir une représentation possible des gradients latitudinaux de la RS pour les différentes lignées de graminées ainsi que pour les graminées dans leur ensemble.
Analyses statistiques
Des régression multiples avec des modèles additifs généralisés sont sélectionner pour tester les associations entre la RS et les mécanismes écologiques et historiques étant, hypothétiquement, à l'origine du GLD. Les modèles de régression multiples permettent d'inclure les variables climatiques, de productivité, topographiques, d'habitat et géographiques, qui jouent également un rôle dans la mise en place du GLD.
Les auteurs valident l'hypothèse selon laquelle les graminées présentent un GLD inhabituel. En effet, ces dernières ne présentent pas un pic de la RS plus important sous les tropiques mais plutôt aux latitudes moyennes, avant de diminuer au-delà de 50°N. Les groupes des Pooideae, des Danthonioideae et Ehrhartoideae ont une RS plus importantes dans les régions tempérées, tandis que les Panicoideae, Chloridoideae,Aristidoideae, Micrairoideae et les Arundinoideae ont tous une RS plus élevée à proximités des tropiques du Cancer et du Capricorne. Ainsi, ce GLD inhabituel est en parti du aux profils latitudinaux contrastés que présentent les graminées. Cela soulève l'importance de la spécialisation climatique des lignées de graminées (dans les milieux arides et froids) et de leur origine ancienne. Par ailleurs, les résultats ont révélés les rôles cruciaux que jouent la biogéographie historique et l'hétérogénéité topographique dans la détermination des modèles globaux de la RS des graminées.
Les bases de donnée,s dont sont issues les données nécessaires à la réalisation de cet article, sont récentes, complètes et appropriées à cette étude. La réalisation des modèles est faite de manière tout à fait correcte. Or on sait que les modèles ne donnent que des résultats probables, et peuvent parfois être éloignés de la réalité si on ne prend pas en compte suffisamment de variables, ou si ces dernières sont encore mal prises en compte par les modèles. Cependant, les auteurs s'attachent ici à prendre de nombreuses variables en compte et établissent de nombreuses corrélations, rendant ainsi leurs résultats tout à fait exploitables et probablement au plus proche de la réalité. Enfin, bien que la résolution des données reste "grossière" comme le disent eux mêmes les auteurs, les corrélations entre les différentes variables restent statistiquement significatives et donc valables et discutables.
Cette étude révèle l'importance de la température et des précipitations dans la répartition de la richesse spécifique des graminées. Elle montre également que la biogéographie historique et l'hétérogénéité topographiques entre en jeu dans le mise en place de ce GLD inhabituel chez les graminées, signifiant alors que les régions montagneuses abritent une proportion considérable d'espèces de graminées.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.