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Cet ouvrage se propose de faire la synthèse des différentes avancées concernant l’évolution de l’Homme et sa capacité à s’adapter aux changements dont il est lui-même le moteur. Les auteurs ont synthétisé des approches issues des sciences biologiques, de la médecine et des sciences de l’Homme afin de répondre à la question. La première partie aborde l’existence de capacités d’adaptation limitées chez l’Homme (génétique, épigénétique, évolution, écologie). La seconde, les contraintes environnementales actuelles et les risques encourus par les différents modes de production des ressources (agriculture, aquaculture et changement climatique). La dernière est consacrée aux solutions envisagées pour permettre à l’Homme de réduire son impact sur la planète et de s’adapter. C'est donc une vision multidisciplinaire qui précisera les mécanismes d’adaptation de l’*homme et en quoi le développement culturel a impacté la dynamique évolutive de l’Homme.
Résumé et résultats du livre :
Dans un premier temps, la notion d’adaptation chez l’Homme est définie à deux échelles, en fonction de la discipline d’application. On distingue des différences temporelles et spatiales dans la compréhension des mécanismes d’adaptation définis comme étant « l’appropriation par un organisme des conditions internes et externes » (= milieu). Ainsi, l’adaptation peut être étudiée à différentes échelles de temps (seconde, heure, mois, année ou million d’années) et d’espace : individu (médecine), population (biologie). Dans notre cas, l’évolution darwinienne implique des centaines de milliers d’années de sélection. Du point de vue des performances énergétiques et adaptatives, l’Homme a atteint un palier d’accroissement (performances, masse, taille, durée de vie, mortalité infantile). Ce palier est dépendant des facteurs environnementaux, qui exercent de plus en plus de pressions. L’Homme a donc achevé sa « maximisation du programme génétique », mais n’est pas forcément en mesure de lutter face aux perturbations futures. D’un point de vue biologique, le lien entre adaptation physiologique et évolutive est encore soumis à controverse. Ainsi pour Darwin, l’adaptation évolutive est dépendante de variations aléatoires qui seront sélectionnées par la suite et transmises à la descendance. Les théories de Lamarck placent l’environnement comme moteur de l’adaptation physiologique qui deviendrait nécessairement évolutive. L’influence de l’environnement sur la modification de notre génome est effectivement bien connue. On connait par exemple l’influence de la sélection pour des gènes impliqués dans le métabolisme des médicaments, la digestion de l’amidon, l’olfaction, la pigmentation de la peau ou encore la réponse immunitaire face aux maladies en fonction de l’environnement. Souvent considérées en opposition, la culture influence également l’évolution biologique. Les différences de langues peuvent par exemple favoriser la création de groupes culturels et impacter biologiquement la diversité génétique en elle-même. Il est également admis que certains traits influencés par la sélection naturelle sont en lien direct avec les pratiques culturelles. Les capacités techniques permettent donc de s’établir au sein d’environnements nouveaux et permettent l’établissement de mécanismes différents de sélection biologique que ceux conventionnellement admis (fabrication d’outils, de vêtements pour conquérir les déserts froids du Groenland). La culture ne met donc pas fin à la sélection naturelle, mais est plutôt un nouveau mécanisme d’interaction devenant de plus en plus prépondérant dans l’évolution. Les progrès de la médecine ont par exemple conduit à une modification profonde du paysage médical, notamment dans l’hémisphère nord. L’augmentation de notre espérance de vie est une première dans l’histoire de l’évolution. On remarque en contrepartie une modification des pathologies avec une diminution des maladies infectieuses et parasitaires, mais l’augmentation de certaines : cardio-vasculaires, allergies, maladies auto-immunes, métaboliques. Enfin, l’évolution étant un ensemble de relations avec l’environnement et les autres espèces, certains (progressistes) voient l’Homme au centre de l’évolution. Il serait ainsi capable de diriger la nature et de trouver des solutions aux manques de ressources ou d’espace. D'après cette vision très communément admise dans les pays développés, l’Homme trouverait toujours une solution ; au risque de déclencher lui-même un processus de sélection naturelle. La fin du livre aborde le rôle des technologies convergentes, visant à remplacer la Nature et les mécanismes de l’évolution (Nanotechnologie, biotechnologies, information et sciences cognitives). C’est l'exemple du courant eugéniste et sa volonté de « réadapter en partie l’être humain à son milieu ». C’est notamment par l’ingénierie génétique, la modification de l’Homme par la science ou les techniques de la médecine que l’Homme parviendrait à se « réadapter ».
Rigueur du livre :
Cet ouvrage est rigoureux. Les discours proposés sont argumentés par des références clés dans le domaine de l’évolution. C’est plus particulièrement l’association des sciences biologiques pures et une approche sociale qui donnent une profondeur à l’analyse et à la synthèse. Très peu de méthodes sont abordées, ce qui pourrait constituer un des points faibles de l’ouvrage.
Ce que ce livre apporte au débat :
Cet ouvrage nous a permis de préciser les mécanismes de l’évolution biologique. D’ une certaine façon, l’Homme en raison de l’augmentation de sa durée de vie et de son emprise sur les écosystèmes a changé la dynamique évolutive (pour les autres espèces également). Les progrès de la technique, la création et la migration de la culture ont permis aux Hommes de s’adapter aux contraintes environnementales qui, auparavant, définissaient un certain seuil de sélection. C’est donc un changement d’équilibre, dont on ne connait pas la contrepartie qui se manifeste aujourd’hui par une diminution de certains paramètres de la sélection naturelle et la création d’autres paramètres. La sélection naturelle est donc toujours en activité, mais sa dynamique est profondément impactée par l’Homme, posant d’ailleurs de nombreuses questions pour son adaptation future.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
T. Chaillon et C. Cros.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
L' Homme peut-il s'adapter à lui-même?
Introduction au livre :
Cet ouvrage se propose de faire la synthèse des différentes avancées concernant l’évolution de l’Homme et sa capacité à s’adapter aux changements dont il est lui-même le moteur. Les auteurs ont synthétisé des approches issues des sciences biologiques, de la médecine et des sciences de l’Homme afin de répondre à la question. La première partie aborde l’existence de capacités d’adaptation limitées chez l’Homme (génétique, épigénétique, évolution, écologie). La seconde, les contraintes environnementales actuelles et les risques encourus par les différents modes de production des ressources (agriculture, aquaculture et changement climatique). La dernière est consacrée aux solutions envisagées pour permettre à l’Homme de réduire son impact sur la planète et de s’adapter. C'est donc une vision multidisciplinaire qui précisera les mécanismes d’adaptation de l’*homme et en quoi le développement culturel a impacté la dynamique évolutive de l’Homme.
Dans un premier temps, la notion d’adaptation chez l’Homme est définie à deux échelles, en fonction de la discipline d’application. On distingue des différences temporelles et spatiales dans la compréhension des mécanismes d’adaptation définis comme étant « l’appropriation par un organisme des conditions internes et externes » (= milieu). Ainsi, l’adaptation peut être étudiée à différentes échelles de temps (seconde, heure, mois, année ou million d’années) et d’espace : individu (médecine), population (biologie). Dans notre cas, l’évolution darwinienne implique des centaines de milliers d’années de sélection. Du point de vue des performances énergétiques et adaptatives, l’Homme a atteint un palier d’accroissement (performances, masse, taille, durée de vie, mortalité infantile). Ce palier est dépendant des facteurs environnementaux, qui exercent de plus en plus de pressions. L’Homme a donc achevé sa « maximisation du programme génétique », mais n’est pas forcément en mesure de lutter face aux perturbations futures. D’un point de vue biologique, le lien entre adaptation physiologique et évolutive est encore soumis à controverse. Ainsi pour Darwin, l’adaptation évolutive est dépendante de variations aléatoires qui seront sélectionnées par la suite et transmises à la descendance. Les théories de Lamarck placent l’environnement comme moteur de l’adaptation physiologique qui deviendrait nécessairement évolutive. L’influence de l’environnement sur la modification de notre génome est effectivement bien connue. On connait par exemple l’influence de la sélection pour des gènes impliqués dans le métabolisme des médicaments, la digestion de l’amidon, l’olfaction, la pigmentation de la peau ou encore la réponse immunitaire face aux maladies en fonction de l’environnement. Souvent considérées en opposition, la culture influence également l’évolution biologique. Les différences de langues peuvent par exemple favoriser la création de groupes culturels et impacter biologiquement la diversité génétique en elle-même. Il est également admis que certains traits influencés par la sélection naturelle sont en lien direct avec les pratiques culturelles. Les capacités techniques permettent donc de s’établir au sein d’environnements nouveaux et permettent l’établissement de mécanismes différents de sélection biologique que ceux conventionnellement admis (fabrication d’outils, de vêtements pour conquérir les déserts froids du Groenland). La culture ne met donc pas fin à la sélection naturelle, mais est plutôt un nouveau mécanisme d’interaction devenant de plus en plus prépondérant dans l’évolution. Les progrès de la médecine ont par exemple conduit à une modification profonde du paysage médical, notamment dans l’hémisphère nord. L’augmentation de notre espérance de vie est une première dans l’histoire de l’évolution. On remarque en contrepartie une modification des pathologies avec une diminution des maladies infectieuses et parasitaires, mais l’augmentation de certaines : cardio-vasculaires, allergies, maladies auto-immunes, métaboliques. Enfin, l’évolution étant un ensemble de relations avec l’environnement et les autres espèces, certains (progressistes) voient l’Homme au centre de l’évolution. Il serait ainsi capable de diriger la nature et de trouver des solutions aux manques de ressources ou d’espace. D'après cette vision très communément admise dans les pays développés, l’Homme trouverait toujours une solution ; au risque de déclencher lui-même un processus de sélection naturelle. La fin du livre aborde le rôle des technologies convergentes, visant à remplacer la Nature et les mécanismes de l’évolution (Nanotechnologie, biotechnologies, information et sciences cognitives). C’est l'exemple du courant eugéniste et sa volonté de « réadapter en partie l’être humain à son milieu ». C’est notamment par l’ingénierie génétique, la modification de l’Homme par la science ou les techniques de la médecine que l’Homme parviendrait à se « réadapter ».
Cet ouvrage est rigoureux. Les discours proposés sont argumentés par des références clés dans le domaine de l’évolution. C’est plus particulièrement l’association des sciences biologiques pures et une approche sociale qui donnent une profondeur à l’analyse et à la synthèse. Très peu de méthodes sont abordées, ce qui pourrait constituer un des points faibles de l’ouvrage.
Cet ouvrage nous a permis de préciser les mécanismes de l’évolution biologique. D’ une certaine façon, l’Homme en raison de l’augmentation de sa durée de vie et de son emprise sur les écosystèmes a changé la dynamique évolutive (pour les autres espèces également). Les progrès de la technique, la création et la migration de la culture ont permis aux Hommes de s’adapter aux contraintes environnementales qui, auparavant, définissaient un certain seuil de sélection. C’est donc un changement d’équilibre, dont on ne connait pas la contrepartie qui se manifeste aujourd’hui par une diminution de certains paramètres de la sélection naturelle et la création d’autres paramètres. La sélection naturelle est donc toujours en activité, mais sa dynamique est profondément impactée par l’Homme, posant d’ailleurs de nombreuses questions pour son adaptation future.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.