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De la théorie neutre à une théorie globale multiscalaire d'équivalence écologique
Résumé de la review :
Parce qu'elle suggère une équivalence écologique entre les espèces, la théorie neutre de la biodiversité est souvent opposée à celle des niches écologiques. Les observations effectuées dans les communautés naturelles, montrent des différences de mortalité et de reproduction, pourtant, le modèle neutre semble s'appliquer dans un certain nombre de cas et permettre d'y décrire la biodiversité. Un "paradoxe" semble alors exister entre les résultats que peuvent porter cette théorie et ses prérequis théoriques. Il semble apparaître d'autant plus que la théorie neutre de la biodiversité est interprétée de manière plus ou moins stricte quant à l'absence d'équivalence des valeurs sélectives entre les individus, certains jugeant que ce paramètre illustre la non-neutralité, d'autres non. Ainsi, son rejet ou son acceptation dépend de l'interprétation qui en est faite.
Dans le but d'éclairer cette controverse, la présente étude tend à clarifier la théorie neutre et ses processus, les mesures dans lesquelles elle est applicable, et propose une unification avec celle des niches.
Plusieurs points semblent importants à retenir pour la compréhension de ce sujet et de sa complexité :
La théorie des niches est basée sur les différences écologiques entre espèces, leurs interactions et des processus déterministes (ex. : acquisition ressource, dispersion). A l'inverse, la théorie neutre limite limite la spécificité et s'appuie sur des processus aléatoires (stochasticité).
Toutefois, alors qu'elles sont souvent opposées, ces deux théories ne permettent pas de décrire les même choses. En effet, alors que la théorie des niches écologiques permet de visualiser les variables biologiques, la théorie neutre tend à expliquer la biodiversité (abondance / diversité en s'émancipant des variables biologiques. Cette dernière permet ainsi de mettre en évidence les processus sous-jacents relevant de l'environnement.
Selon Doncaster (2009:2 in Munoz & Huneman, 2016) : "les espèces doivent atteindre l'équivalence écologique quand elles coexistent de manière stable (à l'équilibre), laquelle est définie par des valeurs sélectives réalisées égales pour chacune.". L'équivalence présupposée par la théorie neutre peut donc être perçue comme un mécanisme naturel. En effet, si toutes les espèces n'étaient pas équivalentes au sein d'une communauté, on peut supposer que les espèces ayant les moins bonnes valeurs sélectives tendraient à disparaitre.
L'environnement étant un filtre à la diversité, il est possible de considérer que les espèces d'un même groupe fonctionnel (ex. : les décomposeurs) sont équivalent d'un point de vue écologique (même probabilité de survie / reproduction / dispersion) car ils ont été "sélectionnés" en amont.
Différents facteurs, relevant de la théorie des niches ou de la théorie neutre, peuvent induire la coexistence entre les espèces au sein des communautés en diminuant la compétition interspécifique, mais différentes échelles doivent être considérées. Les niches écologiques seront très impliquées à l'échelle locale, tandis que la limitation de la dispersion sera plus notable à l'échelle régionale. À l'échelle locale, cette dernière apparaît en revanche restrictive car elle tend à limiter les individus d'une population en augmentant leur densité.
Survie, reproduction et dispersion étant aléatoires, une part de neutralité existe au sein des communautés, ainsi, la théorie neutre pourrait s'inscrire dans des analyses écologiques parcimonieuses plus que nulles.
De nombreuses perceptions de la théorie neutre sont relatives (échelle, interprétation). La diversité semble pouvoir être expliquée par les deux théories. Cependant, la stabilisation des communautés étant un aboutissement naturel et l'échelle locale étant peu représentative, l'hypothèse nulle ne serait-elle pas la plus vraisemblable ?
Ce que cette review apporte au débat :
Plus qu'opposées, la théorie des niches et la théorie neutre de la biodiversité sont complémentaires, et permettraient si elles étaient associées de mieux comprendre et décrire la biodiversité.
Remarques sur la review :
Review intéressante, le point de vue des auteurs semble tendre à être neutre vis à vis de la controverse.
De la théorie neutre à une théorie globale multiscalaire d'équivalence écologique
Résumé de la review :
Parce qu'elle suggère une équivalence écologique entre les espèces, la théorie neutre de la biodiversité est souvent opposée à celle des niches écologiques. Les observations effectuées dans les communautés naturelles, montrent des différences de mortalité et de reproduction, pourtant, le modèle neutre semble s'appliquer dans un certain nombre de cas et permettre d'y décrire la biodiversité. Un "paradoxe" semble alors exister entre les résultats que peuvent porter cette théorie et ses prérequis théoriques. Il semble apparaître d'autant plus que la théorie neutre de la biodiversité est interprétée de manière plus ou moins stricte quant à l'absence d'équivalence des valeurs sélectives entre les individus, certains jugeant que ce paramètre illustre la non-neutralité, d'autres non. Ainsi, son rejet ou son acceptation dépend de l'interprétation qui en est faite.
Dans le but d'éclairer cette controverse, la présente étude tend à clarifier la théorie neutre et ses processus, les mesures dans lesquelles elle est applicable, et propose une unification avec celle des niches.
Plusieurs points semblent importants à retenir pour la compréhension de ce sujet et de sa complexité :
De nombreuses perceptions de la théorie neutre sont relatives (échelle, interprétation). La diversité semble pouvoir être expliquée par les deux théories. Cependant, la stabilisation des communautés étant un aboutissement naturel et l'échelle locale étant peu représentative, l'hypothèse nulle ne serait-elle pas la plus vraisemblable ?
Plus qu'opposées, la théorie des niches et la théorie neutre de la biodiversité sont complémentaires, et permettraient si elles étaient associées de mieux comprendre et décrire la biodiversité.
Review intéressante, le point de vue des auteurs semble tendre à être neutre vis à vis de la controverse.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.