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Utilisation des plantes-hôtes dans l'expansion géographique de la pyrale Thaumetopoea pityocampa , une chenille processionnaire du pin
Introduction à l'article :
Lors de l'expansion géographique d'insectes phytophages, des hôtes secondaires ou nouveaux peuvent permettre la colonisation de nouvelles zones sans hôtes primaires. On sait que les espèces végétales diffèrent souvent par leur attrait relatif et leur tolérance aux insectes. La préférence de ces derniers et leur performance sur ces hôtes peuvent déterminer le choix potentiel d'un nouvel hôte dans les zones d'expansion actuelles et futures. Cette étude explore les rôles relatifs de la préférence des femelles lors de la ponte et de la performance des chenilles chez un important défoliateur du pin, Thaumetopoea pityocampa ( un lépidoptère de la famille des Notodontidae), qui colonise trois espèces de Pins dans les Alpes italiennes: P. nigra (hôte principal), P. sylvestris (hôte secondaire), et P. mugo (nouvel hôte).
Expériences de l'article :
Les auteurs ont étudié les modèles d'utilisation d'hôte chez plusieurs populations d'insectes au moyen d'expériences: laissant le choix ou non aux femelles lors de l'oviposition. Cette expérimentation a été pratiquée en captivité et sur le terrain en surveillant des populations. Une surveillance en laboratoire et sur le terrain de la croissance et de la mortalité des larves a aussi été mise en place. L'hypothèse émise est qu'un trait spécifique de l'histoire de vie (ici l'espérance de vie des femelles limitant le temps de ponte pour un seul lot d'œufs) agirait comme une composante de la performance femelle, et conduirait à des taux similaires de colonisation d'un hôte dans des environnements sans possibilité de choix d'oviposition.
Résultats de l'article :
Dans l'expérience de choix, P. nigra a été accepté le plus fréquemment,_ P. sylvestris_ a été accepté le moins fréquemment, confirmant les modèles de densité de nidification dans la zone. Contrairement à la prédiction, les femelles continuent à être très sélectives dans des contextes sans choix malgré la limitation du temps de ponte. En revanche, le taux de croissance relatif et la mortalité des larves ne diffèrent pas significativement entre les trois hôtes, ce qui met en évidence une marge entre la préférence des femelles et la performance des larves. La probabilité de choix de T. pityocampa, de P. sylvestris et P. mugo dans l'expansion future est évaluée en combinant la qualité de l'hôte, le conservatisme dans le comportement de ponte et l'opportunité d'adaptation dans le nouvel habitat.
Rigueur de l'article :
Les auteurs décrivent la pyrale comme défoliateur du pin mais aussi du cèdre. Ce dernier n’est pourtant pas dans l’étude alors qu’il pourrait participer à la colonisation de nouvelles zones géographiques.
Une seule génération de chenilles a été observée, or on sait que des préférences lors de l’oviposition sont induites par le substrat sur lequel se sont développées (et se sont nourries) les générations précédentes. Les auteurs essayent de remédier à ça en imposant un régime alimentaire spécifique à leurs chenilles cependant, une seule génération suffit-elle à effacer ces préférences intra spécifiques ?
Ce que cet article apporte au débat :
On remarque que dans cet article le climat n'est nullement mis en cause dans l'expansion géographique de Thaumetopoea pityocampa. Seul le choix des femelles lors de la ponte, la résistance et l’efficacité des larves sur un hôte potentiel caractérisent le rythme et le mode d'expansion géographique de ce taxon.
Remarques sur l'article :
Même si on notera que le climat n'influe pas directement sur l'expansion géographique de ces lépidoptères, il peut toutefois être à l'origine de l'expansion géographique d'une forêt de pins (hôtes de cet espèce).
Publiée il y a plus de 9 ans
par
M. Fournel.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Utilisation des plantes-hôtes dans l'expansion géographique de la pyrale Thaumetopoea pityocampa , une chenille processionnaire du pin
Introduction à l'article :
Lors de l'expansion géographique d'insectes phytophages, des hôtes secondaires ou nouveaux peuvent permettre la colonisation de nouvelles zones sans hôtes primaires. On sait que les espèces végétales diffèrent souvent par leur attrait relatif et leur tolérance aux insectes. La préférence de ces derniers et leur performance sur ces hôtes peuvent déterminer le choix potentiel d'un nouvel hôte dans les zones d'expansion actuelles et futures. Cette étude explore les rôles relatifs de la préférence des femelles lors de la ponte et de la performance des chenilles chez un important défoliateur du pin, Thaumetopoea pityocampa ( un lépidoptère de la famille des Notodontidae), qui colonise trois espèces de Pins dans les Alpes italiennes: P. nigra (hôte principal), P. sylvestris (hôte secondaire), et P. mugo (nouvel hôte).
Les auteurs ont étudié les modèles d'utilisation d'hôte chez plusieurs populations d'insectes au moyen d'expériences: laissant le choix ou non aux femelles lors de l'oviposition. Cette expérimentation a été pratiquée en captivité et sur le terrain en surveillant des populations. Une surveillance en laboratoire et sur le terrain de la croissance et de la mortalité des larves a aussi été mise en place. L'hypothèse émise est qu'un trait spécifique de l'histoire de vie (ici l'espérance de vie des femelles limitant le temps de ponte pour un seul lot d'œufs) agirait comme une composante de la performance femelle, et conduirait à des taux similaires de colonisation d'un hôte dans des environnements sans possibilité de choix d'oviposition.
Dans l'expérience de choix, P. nigra a été accepté le plus fréquemment,_ P. sylvestris_ a été accepté le moins fréquemment, confirmant les modèles de densité de nidification dans la zone. Contrairement à la prédiction, les femelles continuent à être très sélectives dans des contextes sans choix malgré la limitation du temps de ponte. En revanche, le taux de croissance relatif et la mortalité des larves ne diffèrent pas significativement entre les trois hôtes, ce qui met en évidence une marge entre la préférence des femelles et la performance des larves. La probabilité de choix de T. pityocampa, de P. sylvestris et P. mugo dans l'expansion future est évaluée en combinant la qualité de l'hôte, le conservatisme dans le comportement de ponte et l'opportunité d'adaptation dans le nouvel habitat.
Les auteurs décrivent la pyrale comme défoliateur du pin mais aussi du cèdre. Ce dernier n’est pourtant pas dans l’étude alors qu’il pourrait participer à la colonisation de nouvelles zones géographiques.
Une seule génération de chenilles a été observée, or on sait que des préférences lors de l’oviposition sont induites par le substrat sur lequel se sont développées (et se sont nourries) les générations précédentes. Les auteurs essayent de remédier à ça en imposant un régime alimentaire spécifique à leurs chenilles cependant, une seule génération suffit-elle à effacer ces préférences intra spécifiques ?
On remarque que dans cet article le climat n'est nullement mis en cause dans l'expansion géographique de Thaumetopoea pityocampa. Seul le choix des femelles lors de la ponte, la résistance et l’efficacité des larves sur un hôte potentiel caractérisent le rythme et le mode d'expansion géographique de ce taxon.
Même si on notera que le climat n'influe pas directement sur l'expansion géographique de ces lépidoptères, il peut toutefois être à l'origine de l'expansion géographique d'une forêt de pins (hôtes de cet espèce).
Dernière modification il y a plus de 9 ans.