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Abeille domestiques ayant survécu à Varroa destructor
Introduction à l'article :
Varroa destructor est un fléau pour les colonies d'abeilles domestiques Apis mellifera.
Les colonies d'Apis m. non traitées survivent en moyenne 1 à 2 ans en France et de 8 à 10 mois sous un climat méditerranéen.
Les colonies non traitées ont disparu en France depuis l'invasion du Varroa en 1982, la seule façon d'obtenir des abeilles résistantes est une sélection intensive d'un seul caractère qui impacte et diminue la population du Varroa.
Cependant en 1994 fut découvert un groupe de 12 colonies sauvages près d'Avignon et au Mans ayant survécu sans avoir été traité au Varroa. Dans cet article, les auteurs développent la capacité de ces colonies et de leurs descendantes, ainsi que d'autres qui sont additionnées dans le cadre de l'expérience, à survivre en France face au Varroa destructor.
Expériences de l'article :
6 colonies d'abeilles sauvages provenant du Mans et 6 d'Avignon ont été maintenues dans leur localisation. 48 colonies en 1998, et 28 en 1999 furent empruntées à des apiculteurs n'ayant pas traité ces colonies depuis au moins 2 ans. Ces colonies ont été ajoutées aux colonies étudiées depuis 1994, formant ainsi un groupe de 52 colonie à Avignon et de 30 au Mans.
Seules les colonies en bonne santé et ne présentant pas d'autres symptômes, excepté l'invasion parasitaire, furent sélectionnées pour l'expérience.
En comparaison, 36 colonies "contrôle" ont été traitées durant un an dans 2 localisations situées de 0.5 à 2.5 km du Mans, et 54 colonies contrôle à Avignon situé de 0.1 à 1.3 km du lieu de l'expérience.
Les colonies sont ensuite tous les mois, sauf en hivers très rude, placées dans des ruches en verre pour observer les symptômes de maladies, la présence de la reine, le fourmillement ou encore la présence de Varroa.
Le suivi de la mortalité se fait par comptage des mites mortes.
Résultats de l'article :
La mortalité des colonies non traitées varie de 9.7 à 16.8% de 1999 à 2005. En outre, celles-ci ne présentent une mortalité significativement plus importante que les contrôle qu'en 2003 .
Le fourmillement est également semblable entre colonies, excepté en 2002 ou les colonies sauvages présentent un pic de ce comportement.
Cependant la production de miel est inférieure chez les colonies non traitées.
De plus, ces résultats montrent qu'un partie des colonies sans protection contre Varroa peuvent survivre jusqu'à 9.8 ans et 5 colonies atteignent même 11 ans de survie.
Le taux d'infestation chez les colonies non traitées est très faible lorsque le comptage des mites mortes est réalisé, 3 fois moins que chez les colonies contrôle. Ceci suggère que ces colonies développent des mécanismes d'inhibition dans la croissance du parasite et atteigne un certain équilibre avec celui-ci.
Cela n'est pas le résultat d'une sélection par les apiculteurs, mais s'apparente plus à une sélection naturelle.
Rigueur de l'article :
Cet article est rigoureux, il comprend un large nombre de colonies et ciblant deux zones géographiques précises.
De plus les colonies utilisées ne sont pas exposées directement à l'agriculture et n'ont pas subit de déplacement (sauf en cas d'extrême nécessité). Ce manque de stress du à l'environnement et aux pratiques des apiculteurs à d'ailleurs sans doute favorisé la survie des abeilles.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article, qui est le plus ancien concernant cette controverse, présente les premières survies et coexistence d'abeille locale avec le Varroa en France. L'article présente d'autre pays tel que l'Uruguay ou le Brésil où ce phénomène fut également observé.
Malgré une moins forte production globale de miel, ces abeilles résistante sont une voie intéressante pour l'avenir de l'apiculture selon les auteurs.
Cette article fut d'ailleurs suivi d'une analyse de Locke et de son équipe en 2012 mettant en avant la coévolution de l'hôte et de son parasite (étude dont fait d'ailleurs partie l'auteur de ce papier, Yves Le Conte).
Publiée il y a plus de 9 ans
par
M.Farin et solinemb.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Abeille domestiques ayant survécu à Varroa destructor
Introduction à l'article :
Varroa destructor est un fléau pour les colonies d'abeilles domestiques Apis mellifera.
Les colonies d'Apis m. non traitées survivent en moyenne 1 à 2 ans en France et de 8 à 10 mois sous un climat méditerranéen.
Les colonies non traitées ont disparu en France depuis l'invasion du Varroa en 1982, la seule façon d'obtenir des abeilles résistantes est une sélection intensive d'un seul caractère qui impacte et diminue la population du Varroa.
Cependant en 1994 fut découvert un groupe de 12 colonies sauvages près d'Avignon et au Mans ayant survécu sans avoir été traité au Varroa. Dans cet article, les auteurs développent la capacité de ces colonies et de leurs descendantes, ainsi que d'autres qui sont additionnées dans le cadre de l'expérience, à survivre en France face au Varroa destructor.
6 colonies d'abeilles sauvages provenant du Mans et 6 d'Avignon ont été maintenues dans leur localisation. 48 colonies en 1998, et 28 en 1999 furent empruntées à des apiculteurs n'ayant pas traité ces colonies depuis au moins 2 ans. Ces colonies ont été ajoutées aux colonies étudiées depuis 1994, formant ainsi un groupe de 52 colonie à Avignon et de 30 au Mans.
Seules les colonies en bonne santé et ne présentant pas d'autres symptômes, excepté l'invasion parasitaire, furent sélectionnées pour l'expérience.
En comparaison, 36 colonies "contrôle" ont été traitées durant un an dans 2 localisations situées de 0.5 à 2.5 km du Mans, et 54 colonies contrôle à Avignon situé de 0.1 à 1.3 km du lieu de l'expérience.
Les colonies sont ensuite tous les mois, sauf en hivers très rude, placées dans des ruches en verre pour observer les symptômes de maladies, la présence de la reine, le fourmillement ou encore la présence de Varroa.
Le suivi de la mortalité se fait par comptage des mites mortes.
La mortalité des colonies non traitées varie de 9.7 à 16.8% de 1999 à 2005. En outre, celles-ci ne présentent une mortalité significativement plus importante que les contrôle qu'en 2003 .
Le fourmillement est également semblable entre colonies, excepté en 2002 ou les colonies sauvages présentent un pic de ce comportement.
Cependant la production de miel est inférieure chez les colonies non traitées.
De plus, ces résultats montrent qu'un partie des colonies sans protection contre Varroa peuvent survivre jusqu'à 9.8 ans et 5 colonies atteignent même 11 ans de survie.
Le taux d'infestation chez les colonies non traitées est très faible lorsque le comptage des mites mortes est réalisé, 3 fois moins que chez les colonies contrôle. Ceci suggère que ces colonies développent des mécanismes d'inhibition dans la croissance du parasite et atteigne un certain équilibre avec celui-ci.
Cela n'est pas le résultat d'une sélection par les apiculteurs, mais s'apparente plus à une sélection naturelle.
Cet article est rigoureux, il comprend un large nombre de colonies et ciblant deux zones géographiques précises.
De plus les colonies utilisées ne sont pas exposées directement à l'agriculture et n'ont pas subit de déplacement (sauf en cas d'extrême nécessité). Ce manque de stress du à l'environnement et aux pratiques des apiculteurs à d'ailleurs sans doute favorisé la survie des abeilles.
Cet article, qui est le plus ancien concernant cette controverse, présente les premières survies et coexistence d'abeille locale avec le Varroa en France. L'article présente d'autre pays tel que l'Uruguay ou le Brésil où ce phénomène fut également observé.
Malgré une moins forte production globale de miel, ces abeilles résistante sont une voie intéressante pour l'avenir de l'apiculture selon les auteurs.
Cette article fut d'ailleurs suivi d'une analyse de Locke et de son équipe en 2012 mettant en avant la coévolution de l'hôte et de son parasite (étude dont fait d'ailleurs partie l'auteur de ce papier, Yves Le Conte).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.