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Les auteurs de cette revue se sont intéressés à la théorie neutre dans le but d’appliquer les principes de cette théorie au domaine de l’écologie fonctionnelle et de savoir si les deux approches étaient compatibles.
Il est important de souligner que la théorie neutre, et plus précisément l’ensemble de ses hypothèses, sont fondamentalement contraires aux principes de l’écologie fonctionnelle. Globalement, la théorie neutre rencontre de nombreux problèmes qui reposent sur les traits d’espèces, d’histoire de vie, et par conséquent les interactions entre espèces ou encore la façon dont les espèces vont s’implanter.
D’un point de vue fonctionnel, la théorie neutre, contrairement à la théorie des niches, ne s’intéresse pas aux traits des espèces, qu’ils soient d’ordre physiologiques, de croissance ou encore de reproduction. De plus, l’importance des variations de niches entre espèces n’est pas prise en compte dans cette théorie. Dans la théorie neutre, les auteurs avancent qu’il n’y a aucun cas de spécialisation quand les espèces exploitent les mêmes ressources.
En ce qui concerne les espèces étudiées sous le principe de la théorie neutre, seul le cas des espèces présentes au sein de groupes d’un même niveau trophique est abordé.
Pour comprendre comment la théorie neutre et la théorie des niches pourraient être réunies, les auteurs ont évalués 3 approches : si la théorie neutre était fausse, si la théorie des niches était fausse, ou encore si la théorie neutre était valide pour seulement quelques paramètres.
Premièrement, il ressort que la théorie neutre peut être vue comme fausse, étant donné que certaines études présentent de nombreux cas de communautés observées divergent des prédictions. Ensuite, les auteurs soulignent le fait que la distribution utilisée par Hubbell, le zero sum multinomial, n’est pas la distribution la plus adaptée pour certaines études, notamment pour l’étude des arbres de l’île du Barro Colorado.
Deuxièmement, le fait que la théorie des niches puisse se révéler fausse peut être dû au fait que les variations entre les niches puissent se révéler secondaires lorsque l’on s’intéresse à la structure des communautés. En outre, il a été révélé que les processus à l'échelle régionale sont très importants dans la construction des assemblages et des communautés, à l'échelle locale (prise en compte par la théorie des niches). En effet, les auteurs jugent que s'intéresser uniquement à l'échelle locale peut être néfaste pour la compréhension des communautés et des assemblages locaux. De plus, ils mettent en avant que l'influence des variations niches est jugée plutôt faible en ce qui concerne la structuration des communautés, mais aussi des communautés et amènent comme hypothèse que la neutralité peut se trouver sous forme de variation neutre, représentée par la diversité des formes, de tailles, mais aussi de fonctions.
Troisièmement, les auteurs mettent en avant le fait que la théorie s'applique presque exclusivement chez les organismes non mobiles, citant l'exemple des arbres et des brachiopodes. Le problème de la théorie neutre est que du fait qu'elle ne s'intéresse qu'aux groupes fonctionnellement similaires, il est difficile d'évaluer les interactions entre groupes trophiques. En revanche, les auteurs montrent que certaines études ont réussi avec succès à développer des modèles de dynamiques avec uniquement des groupes d'espèces similaires, ces modèles étant donc jugés comme neutres.
Pour finir, les auteurs font le parallèle entre la génétique et l'écologie du point de vue de leur théories neutres respectives et émettent l'hypothèse que ces deux théories peuvent être plus ou moins importantes selon les forces sous-jacentes, par exemple la force de la sélection pour la génétique, et la variation entre assemblages et communautés pour la deuxième.
Rigueur de la review :
La review est apparu dans le journal Functionnal Ecology et est écrit par deux chercheurs provenant de l'Université de Sheffield et de Stellenbosch dont les travaux se basent sur l'écologie spatiale, la macro écologie mais aussi l'écologie de la conservation à travers les traits d'espèces.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review apporte au débat un point de vue fonctionnel et permet de s'interroger sur l’utilisation de la théorie neutre en écologie fonctionnelle. De plus, le fait de s'interroger sur l'invalidité de la théorie neutre, de la théorie des niches ou encore de la validité partielle de la théorie neutre permet aux auteurs de présenter l'ensemble des points forts et faibles de chaque théorie, tout en essayant d'appliquer la théorie neutre au domaine de l'écologie fonctionnelle.
Pour finir, les auteurs vont poser plusieurs bases sous forme de questions qui vont permettre à d'autres chercheurs d'avancer dans l'étude de la théorie neutre d'un point de vue fonctionnelle, ce qui permet de s'interroger sur différentes paramètres qui pourraient en effet être reliés aux principes de la théorie neutre d'Hubbell.
La neutralité et la niche
Résumé de la review :
Les auteurs de cette revue se sont intéressés à la théorie neutre dans le but d’appliquer les principes de cette théorie au domaine de l’écologie fonctionnelle et de savoir si les deux approches étaient compatibles.
Il est important de souligner que la théorie neutre, et plus précisément l’ensemble de ses hypothèses, sont fondamentalement contraires aux principes de l’écologie fonctionnelle. Globalement, la théorie neutre rencontre de nombreux problèmes qui reposent sur les traits d’espèces, d’histoire de vie, et par conséquent les interactions entre espèces ou encore la façon dont les espèces vont s’implanter.
D’un point de vue fonctionnel, la théorie neutre, contrairement à la théorie des niches, ne s’intéresse pas aux traits des espèces, qu’ils soient d’ordre physiologiques, de croissance ou encore de reproduction. De plus, l’importance des variations de niches entre espèces n’est pas prise en compte dans cette théorie. Dans la théorie neutre, les auteurs avancent qu’il n’y a aucun cas de spécialisation quand les espèces exploitent les mêmes ressources.
En ce qui concerne les espèces étudiées sous le principe de la théorie neutre, seul le cas des espèces présentes au sein de groupes d’un même niveau trophique est abordé.
Pour comprendre comment la théorie neutre et la théorie des niches pourraient être réunies, les auteurs ont évalués 3 approches : si la théorie neutre était fausse, si la théorie des niches était fausse, ou encore si la théorie neutre était valide pour seulement quelques paramètres.
Premièrement, il ressort que la théorie neutre peut être vue comme fausse, étant donné que certaines études présentent de nombreux cas de communautés observées divergent des prédictions. Ensuite, les auteurs soulignent le fait que la distribution utilisée par Hubbell, le zero sum multinomial, n’est pas la distribution la plus adaptée pour certaines études, notamment pour l’étude des arbres de l’île du Barro Colorado.
Deuxièmement, le fait que la théorie des niches puisse se révéler fausse peut être dû au fait que les variations entre les niches puissent se révéler secondaires lorsque l’on s’intéresse à la structure des communautés. En outre, il a été révélé que les processus à l'échelle régionale sont très importants dans la construction des assemblages et des communautés, à l'échelle locale (prise en compte par la théorie des niches). En effet, les auteurs jugent que s'intéresser uniquement à l'échelle locale peut être néfaste pour la compréhension des communautés et des assemblages locaux. De plus, ils mettent en avant que l'influence des variations niches est jugée plutôt faible en ce qui concerne la structuration des communautés, mais aussi des communautés et amènent comme hypothèse que la neutralité peut se trouver sous forme de variation neutre, représentée par la diversité des formes, de tailles, mais aussi de fonctions.
Troisièmement, les auteurs mettent en avant le fait que la théorie s'applique presque exclusivement chez les organismes non mobiles, citant l'exemple des arbres et des brachiopodes. Le problème de la théorie neutre est que du fait qu'elle ne s'intéresse qu'aux groupes fonctionnellement similaires, il est difficile d'évaluer les interactions entre groupes trophiques. En revanche, les auteurs montrent que certaines études ont réussi avec succès à développer des modèles de dynamiques avec uniquement des groupes d'espèces similaires, ces modèles étant donc jugés comme neutres.
Pour finir, les auteurs font le parallèle entre la génétique et l'écologie du point de vue de leur théories neutres respectives et émettent l'hypothèse que ces deux théories peuvent être plus ou moins importantes selon les forces sous-jacentes, par exemple la force de la sélection pour la génétique, et la variation entre assemblages et communautés pour la deuxième.
La review est apparu dans le journal Functionnal Ecology et est écrit par deux chercheurs provenant de l'Université de Sheffield et de Stellenbosch dont les travaux se basent sur l'écologie spatiale, la macro écologie mais aussi l'écologie de la conservation à travers les traits d'espèces.
Cette review apporte au débat un point de vue fonctionnel et permet de s'interroger sur l’utilisation de la théorie neutre en écologie fonctionnelle. De plus, le fait de s'interroger sur l'invalidité de la théorie neutre, de la théorie des niches ou encore de la validité partielle de la théorie neutre permet aux auteurs de présenter l'ensemble des points forts et faibles de chaque théorie, tout en essayant d'appliquer la théorie neutre au domaine de l'écologie fonctionnelle.
Pour finir, les auteurs vont poser plusieurs bases sous forme de questions qui vont permettre à d'autres chercheurs d'avancer dans l'étude de la théorie neutre d'un point de vue fonctionnelle, ce qui permet de s'interroger sur différentes paramètres qui pourraient en effet être reliés aux principes de la théorie neutre d'Hubbell.
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