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Titre de la review :

Stratégies de recherche pour améliorer la santé des abeilles en Europe


Résumé de la review :

La revue débute par l'impact économique de la perte massive de colonies. Vient ensuite une longue liste de dates auxquelles les pertes ont été importantes et la cause de ces décimations locales semble être l’utilisation de néonicotinoïdes. Les auteurs soutiennent le fait que les interactions parasite-virus-pesticide semblent être la cause principale du déclin des colonies.

La seconde partie traite des concepts de recherche mis en place. La stratégie pour étudier les interactions doit se faire par 2 approches : une approche expérimentale concentrée sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides connues ou suspectées, et associées au phénomène CCD (Colony Collapse Disorder) ; une approche de surveillances dynamique pour identifier les associations ou interactions significatives. Ces interactions doivent être étudiées au niveau individuel mais aussi au niveau de la colonie.

Les auteurs font ensuite une description des différents parasites, pathogènes viraux ou bactériens et pesticides intervenant dans ces relations.

On peut voir qu’il existe des interactions entre le Varroa et le DWV, ainsi que des liens entre Nosema spp. et IAPV (Isreal Acute Paralysis Virus) et/ou BQCV (Black Queen Cell Virus). L’IAPV fait partie d’un plus grand complexe d’espèces incluant le KBV (Kashmir Bee Virus) et l’ABPV (Acute Bee Paralysis Virus).

Les auteurs avancent qu’il est essentiel de combiner des études individuelles et des études sur les colonies pour déterminer la virulence et la transmission de l’AFB (American FoulBrood). Cette maladie est la plus significative en apiculture et est causée par la bactérie Paenibacillus larvae.

Le panel de produits agro-chimiques existant est trop important pour tous les tester, il faut donc se focaliser sur les deux principalement utilisés en apiculture, le thiaclopride et le τ−fluvalinate.

  • Le premier est un insecticide néonicotinoïde à large spectre, développé par le groupe Bayer CropScience, qui atteint les ravageurs lépidoptères et coléoptères.
  • Le second est un acaricide pyréthrinoïde très utilisé en apiculture pour lutter contre le Varroa et qui vise à contrôler les ravageurs tels que les pucerons, les thrips ou les cicadelles.

La troisième partie aborde les outils et concepts qui permettraient d’améliorer la santé des colonies.
Tout d’abord, il a été démontré que les abeilles possèdent une flore intestinale probiotique unique composée de bactéries (LAB) du genre Bifidobacterium et Lactobacillus qui produisent des composés antibactériens qui sont bénéfiques à leur hôte. Elles peuvent être utilisées pour inhiber l’action de P.larvae.

Dans cette même logique, les auteurs présentent des solutions de lutte biologique qui s’inspirent directement de mécanismes naturels. Il faut envisager l’utilisation de la propolis (résine végétale utilisée comme mortier et anti-infectieux assainissant par les abeilles), de peptides recombinants des abeilles et des thérapies moléculaires adaptées pour contrôler les maladies.

Ils se sont ensuite intéressés à la génomique et à la génétique de la résistance aux maladies. Ils proposent de comparer les gènes immunitaires identifiés chez l’abeille avec des homologues chez d’autres insectes comme la drosophile ou l’anophèle. Ces études pourraient révéler la fonction des cascades de gènes en réponse à diverses conditions environnementales, y compris les facteurs influençant la santé. Ces cascades sont primordiales pour comprendre le contrôle génique du phénotype.

Le programme européen COST et le groupe international COLOSS œuvrent pour faciliter le transfert de la science à l’application et pour une meilleure coordination des recherches. Des standards internationaux vont être développés sous forme d’un BEE BOOK, similaire au « livre rouge des drosophiles ». Enfin, ils insistent sur le fait que le progrès durable dans la prévention des pertes de colonies n’est atteignable qu'en comblant le vide entre les scientifiques et les apiculteurs.

Rigueur de la review :

Revue d’une rigueur importante puisque les auteurs se sont basés sur 120 publications pour la réalisation de cet écrit. Cette revue est parue dans Apidologie qui est le journal leader entièrement dévoué à la recherche sur les abeilles et diffusé par EDP Sciences. Cette maison d’édition a plus de 90 ans et a compté parmi ces fondateurs plusieurs Prix Nobel comme Louis de Broglie et Marie Curie.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette revue apporte de nouveaux éléments de réponse concernant la lutte contre le varroa, comme l'importance d'étudier le génome de l'abeille pour comprendre son évolution et ses réponses aux conditions environnementales, mais aussi comprendre les mécanismes de l'environnement afin de l'imiter et lutter biologiquement contre les maladies. De plus, l'accent est mis sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides qui semblent être la cause première de l'effondrement des colonies. Les auteurs tentent de comprendre la colonie comme une partie d'un tout et non comme une entité solitaire.

Remarques sur la review :

Cette vision plus globale de l'environnement de l'abeille semble être tout à fait adaptée pour mener des études dont les résultats apporteront de vraies réponses dans cette lutte pour la survie d'Apis mellifera.

Publiée il y a plus de 9 ans par C. Loisel et M.Farin.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.