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Un chemin prudent vers l’ingénierie du génome et vers la modification génétique de la lignée germinale
Résumé de la review :
Clustured Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats (CRISPR) /CRISPR Associated protein 9 (Cas 9) est une nouvelle méthode de modification de l’ADN par insertion de séquences géniques. Cette méthode de modification génétique, comparée aux précédentes, est peu coûteuse, simple, rapide et a, ainsi, été facilement adoptée par les chercheurs. De plus, CRISPR/Cas 9 est une méthode pouvant être utilisée à large spectre, c’est à dire qu’elle peut aussi bien être employée sur les plantes que sur les animaux et donc, in fine chez l’Homme. Cette technologie d’ingénierie génomique permet donc par insertion/délétion de séquences dans des régions génomiques mutées ou non, responsables du phénotype étudié. Par conséquent, le génome humain peut être manipulé, offrant de multiples applications et avantages dans la guérison des maladies génétiques. CRISPR/Cas 9 complétée du séquençage de l’ADN ont permis la compréhension des changements génétiques influençant le développement des maladies. Cette technique permettrait donc à l’Homme de résister aux pressions de sélection d’autant plus qu’elle offre la possibilité de travailler sur des cellules de la lignée germinale et ainsi les changements seraient transmissibles à la descendance. L’on se retrouve là dans une discussion éthique vis-à-vis de la manipulation du génome de l’Homme; manipulations transmissibles aux générations suivantes. Ainsi, CRISPR/Cas 9 doit être cadrée éthiquement, et scientifiquement, et les questions primordiales seront la sécurité de la technique, et les limites de ces applications, bien que théoriquement elle n’en ait pas. Une discussion pluridisciplinaire s’est donc tenue en avril 2015, axée sur les interrogations médicales, scientifiques et éthiques. Il en est alors ressorti que les applications cliniques doivent être, pour le moment, interdites. De plus, des études sur les conséquences de modifications de gènes doivent être réalisées. En effet, il est connu que les gènes interagissent entre eux et avec leur environnement. Il est donc important de comprendre et d’évaluer ces conséquences, impliquant un risque inconnu pour la santé, de part, la nouveauté et le manque de recul face à cette nouvelle méthode génétique. Cependant, les auteurs restent optimistes tant qu’aux multiples champs d’application de CRISPR/Cas9 pouvant dont guérir les maladies et autres modifications géniques.
Rigueur de la review :
Cet article est une sorte de compte rendu de la discussion de scientifiques du point de vue éthique de la méthode et de notre controverse.
Ce que cette review apporte au débat :
La revue apporte donc le côté affirmatif de notre controverse. En effet, elle montre que par l’avancé technologique et médicale l’Homme s’éloigne de la sélection naturelle.
Remarques sur la review :
L’article a été repris dans une lettre publiée par Science (Sills, J. 2015 Eugenics lurk in the shadow of CRISPR) où l’auteur paraît moins optimiste que les auteurs précédents tant qu’à l’utilisation de cette méthode. Le titre est évocateur puisqu’il mentionne l’eugénisme comme se cachant derrière l’ombre de CRISPR. L’eugénisme étant défini comme l’amélioration du patrimoine génétique de l’Homme et ainsi l’éloignant des pressions de sélection. Sills qualifie donc la méthode, dans le cadre de manipulations des cellules de la lignée germinales, de problème public puisqu’elle vise l’espèce Homo sapiens entière. Elle parle alors d’une sélection positive de la bonne version du génome humain dans le cadre de maladie alors que des dérives sont à attendre.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
C. Cros.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Un chemin prudent vers l’ingénierie du génome et vers la modification génétique de la lignée germinale
Résumé de la review :
Clustured Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats (CRISPR) /CRISPR Associated protein 9 (Cas 9) est une nouvelle méthode de modification de l’ADN par insertion de séquences géniques. Cette méthode de modification génétique, comparée aux précédentes, est peu coûteuse, simple, rapide et a, ainsi, été facilement adoptée par les chercheurs. De plus, CRISPR/Cas 9 est une méthode pouvant être utilisée à large spectre, c’est à dire qu’elle peut aussi bien être employée sur les plantes que sur les animaux et donc, in fine chez l’Homme. Cette technologie d’ingénierie génomique permet donc par insertion/délétion de séquences dans des régions génomiques mutées ou non, responsables du phénotype étudié. Par conséquent, le génome humain peut être manipulé, offrant de multiples applications et avantages dans la guérison des maladies génétiques. CRISPR/Cas 9 complétée du séquençage de l’ADN ont permis la compréhension des changements génétiques influençant le développement des maladies. Cette technique permettrait donc à l’Homme de résister aux pressions de sélection d’autant plus qu’elle offre la possibilité de travailler sur des cellules de la lignée germinale et ainsi les changements seraient transmissibles à la descendance. L’on se retrouve là dans une discussion éthique vis-à-vis de la manipulation du génome de l’Homme; manipulations transmissibles aux générations suivantes. Ainsi, CRISPR/Cas 9 doit être cadrée éthiquement, et scientifiquement, et les questions primordiales seront la sécurité de la technique, et les limites de ces applications, bien que théoriquement elle n’en ait pas. Une discussion pluridisciplinaire s’est donc tenue en avril 2015, axée sur les interrogations médicales, scientifiques et éthiques. Il en est alors ressorti que les applications cliniques doivent être, pour le moment, interdites. De plus, des études sur les conséquences de modifications de gènes doivent être réalisées. En effet, il est connu que les gènes interagissent entre eux et avec leur environnement. Il est donc important de comprendre et d’évaluer ces conséquences, impliquant un risque inconnu pour la santé, de part, la nouveauté et le manque de recul face à cette nouvelle méthode génétique. Cependant, les auteurs restent optimistes tant qu’aux multiples champs d’application de CRISPR/Cas9 pouvant dont guérir les maladies et autres modifications géniques.
Cet article est une sorte de compte rendu de la discussion de scientifiques du point de vue éthique de la méthode et de notre controverse.
La revue apporte donc le côté affirmatif de notre controverse. En effet, elle montre que par l’avancé technologique et médicale l’Homme s’éloigne de la sélection naturelle.
L’article a été repris dans une lettre publiée par Science (Sills, J. 2015 Eugenics lurk in the shadow of CRISPR) où l’auteur paraît moins optimiste que les auteurs précédents tant qu’à l’utilisation de cette méthode. Le titre est évocateur puisqu’il mentionne l’eugénisme comme se cachant derrière l’ombre de CRISPR. L’eugénisme étant défini comme l’amélioration du patrimoine génétique de l’Homme et ainsi l’éloignant des pressions de sélection. Sills qualifie donc la méthode, dans le cadre de manipulations des cellules de la lignée germinales, de problème public puisqu’elle vise l’espèce Homo sapiens entière. Elle parle alors d’une sélection positive de la bonne version du génome humain dans le cadre de maladie alors que des dérives sont à attendre.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.