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Titre de la review :

L'énergie, l'eau et les profils géographiques à grande échelle de la richesse spécifique


Figure :

Energy, water, and broad-scale geographic patterns of species richness

Distribution latitudinale des variables explicatives issues de 38 analyses de gradients de richesse animale dans lesquelles les variables d'énergie (energy) pure ou d'eau (water) pure expliquent le mieux la richesse spécifique observée. Chaque cas a été attribué à une ou plusieurs bandes latitudinales en fonction de sa portée géographique, et la variable explicative principale pour l'étude a été notée dans chaque bande. Tous les scores ont ensuite été additionnés dans chaque bande. Par exemple, dans les 13 cas où au moins une partie des données de richesse se sont produites entre 75°N et 60°N, tous ont trouvé l'énergie comme étant le meilleur prédicteur, alors que aucun n'a trouvé l'eau était le meilleur prédicteur.

Résumé de la review :

Contexte
Les mécanismes à l'origine de la mise en place du GLD sont encore débattus. Cependant, de nombreux auteurs s'accordent à dire que le climat contemporain contraint la richesse spécifique (RS) terrestres sur de grandes régions du globe. Ici, les auteurs se penche sur cette relation entre climat et RS, et examinent, à travers la littérature, les caractéristiques de celle-ci. En ce sens, quatre questions sont posées dans cet article :

  • (1) Quelle est la portée de la preuve empirique que le climat représente une explication primaire pour les gradients de richesse?
  • (2) Quelle est la part de la variation de la RS à travers les grandes échelles?
  • (3) Quels sont les spécificités du climat qui expliquent le mieux la richesse?
  • (4) Comment deux versions possibles de l'hypothèse de l'énergie peuvent-elles contribuer aux gradients de richesse?

Les deux versions de l'hypothèse "énergie" que soulève cette dernière question sont les suivantes. La première, l'hypothèse dite de "productivité" suppose que la RS est limitée par l'énergie circulant au sein des réseaux trophiques (réseaux alimentaires) plutôt que par l'énergie qui pénètre dans une zone géographique. La seconde, repose sur les exigences physiologiques des organismes vis-à-vis des apports en énergie ambiante. Enfin, **un autre des objectifs **de cette étude est d' évaluer où sur le globe, et pour quels taxons, les variables d'eau (évaporations et précipitations) et d'énergie (productivité, productivité primaire nette et productivité aérienne nette) sont une cause majoritaire de la mise en place des gradients de richesses (GR).

Méthodes
Les auteurs utilisent des données issues de la littérature scientifiques, de la base de données générée par Wright et al. (1993), ainsi que d'une base de données sur la richesse de productivité générée par le groupe NCEAS. Par ailleurs, du fait des variations de la richesse spécifique qu'engendre l'échelle de l'étude, seuls les gradients s’étendant sur au moins 800 km de distance linéaire sont intégrés à cette étude, afin de prendre en compte une large gamme de climats au sein desquels la RS peut varier.

Résultats
Au total, 85 ensembles de données ont été analysés, soit 22 pour les plantes, 44 pour les vertébrés et 19 pour les invertébrés.

  • Plantes
    21 résultats sur 22 indiquent que la disponibilité en eau est la contrainte la plus importante sous les tropiques, tandis que dans les régions tempérées et plus froides, l'énergie devient limitante et interagit avec l'eau pour former les GR. En revanche, l'énergie seule n'est jamais une variable explicative de la mise en place d'un GR.

  • Vertébrés
    Pour 24 cas étudiés les variables eau ou eau et énergie en interactions sont majoritaires dans la mise en place des GR. Cependant, pour 17 cas étudiés, ce sont les variables d'énergie qui sont dominantes. Ainsi, sous des climats chauds, l'eau et l'eau et l'énergie sont plus fortement associées à la richesse, tandis que sous des climats froids, l'énergie est la variable limitante.

  • Invertébrés
    De manière semblable aux vertébrés, l'eau et l'eau et l'énergie sont les variables majoritaires dans la mise en place des GR sous les climats chauds, tandis que c'est l'énergie qui est dominante sous les climats froids.

Discussion / Conclusion
En conclusion, les variables eau et énergie expliquent plus de 60% des variations de RS pour les groupes de plantes et animaux confondus dans cette étude. De manière générale, l'eau est le prédicteur le plus fort dans les régions tropicale subtropicales et tempérées chaudes, alors que dans les régions tempérées et froides, l'énergie (animaux) ou l'eau et l'énergie (plantes) sont les prédicteurs dominants. Par ailleurs, la figure illustre un changement de prédicteur pour les animaux en fonction de la latitude.
Enfin, les dynamiques d'eau et d'énergie ne sont, bien entendu, pas les seuls facteurs qui influx sur la mise en place des GR, mais leur importance est non négligeable dans l'étude de la répartition de la biodiversité.

Rigueur de la review :

L'analyses des données sélectionnées est réalisé de façon logique et rigoureuse par les auteurs. La sélection des données issues de la littérature suit une réflexion bien que cela est pu entraîner un manque de données et ainsi de légères variations lors des analyses. En effet, les auteurs ont choisit de ne pas prendre en compte les études se concentrant uniquement sur la superficie, la latitude, l'altitude ou les contraintes géométriques, et délaissant les variables climatiques.
Un problème que les auteurs soulève eux même, concerne la figure 1, et suggère qu'effectuer un test statistique sur les résultats obtenus serait nécessaire pour les valider définitivement.

Ce que cette review apporte au débat :

Les résultats ont montré que pour plus de 60% des cas étudiés, plantes et animaux confondus, les variables d'eau et d'énergie tendent à expliquer la répartition de la richesse spécifique. De plus, un lien avec ces variables précédemment cités, et la répartition latitudinale des animaux a été suggéré (voir figure).
Par conséquent, cette étude révèle l'importance de prendre en compte les variables d'eau et d'énergie, séparément ou en interactions, lorsqu'on étudie les causes de la mise en place des gradients de richesses au sein d'espèces ou de lignées, et ce qu'elles soient animales ou végétales. Et bien que l'eau et l'énergie ne soient pas les seules variables à influencer la mise en place des gradients de richesse, ne pas les prendre en compte lors d'une étude de ce type, pourrait entraîner de biais dans l'établissent des gradients de richesses.

Remarques sur la review :

C'est article est bien écrit, les idées sont apportées de manières intuitive et logique permettant une meilleure compréhension de l'article par le lecteur.

Publiée il y a plus de 9 ans par J. Morarin.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.