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Titre de l'article :

Impact des variations climatiques sur les populations de chenilles processionnaires du pin Thaumetopoea pityocampa dans une zone centrale de sa distribution.


Introduction à l'article :

Il a été démontré que les conditions climatiques ont un fort impact sur les insectes de forêt, phénomènes renforcés en cette époque de réchauffement global. L’impact du climat sur les processus physiologiques d’insectes ravageurs tels que les chenilles processionnaires du pin, Thaumetopoea pityocampa, insectes défoliateurs largement répandus dans le bassin Méditerranéen, sont encore mal connues. Une récente expansion en altitude et latitude de l’aire d’habitat de cette espèce renforce le besoin de comprendre ces interactions.
Cet article se propose d’évaluer l’impact des variations de température et des précipitations sur les populations de chenilles processionnaires du pin T. pityocampa dans le sud du Portugal. Les effets du climat sur la mortalité des jeunes larves, la croissance et la masse à fécondité à l’état adulte. En se concentrant en particulier sur l’effet des températures de la période hivernale.

Expériences de l'article :
  • L’étude est réalisée dans 3 cultures de pins du centre du Portugal. La dynamique de T. pityocampa est évaluée (mesure sur une base journalière de la température, précipitation, et rayonnement solaire sont récupérés des stations météo proches des sites d’échantillonnages).
  • La mortalité des larves est évaluée par le nombre des colonies éteintes à la fin du troisième stade larvaire. Pour les colonies survivantes, le nombre d’œufs et larves par arbres attaqué sont comptés en laboratoire.
  • Parallèlement, le nombre de larves par nids est compté ainsi que la perte de masse sèche afin de déterminer le début de la période de pupation. La fécondité des femelles est évaluée comme le nombre d’œufs/lots d’œufs/femelles.
  • L’effet du climat sur la survie des larves pendant les premiers stades larvaires est évalué par des modèles GLM, adaptés aux données. Les variables considérées sont les moyennes de températures journalières, les précipitations et le niveau d’ensoleillement.
Résultats de l'article :
  • Corrélation entre un fort taux de mortalité des premiers stades larvaires avec des minimas et maximas de basses températures, ainsi qu’avec de faibles précipitations.
  • Corrélation entre un minima des températures journalières et un fort taux de parasitisme des larves par le parasitoïde Phyrxe caudata.
  • Un fort ensoleillement est corrélé avec une meilleure croissance des larves en décembre et janvier.
Rigueur de l'article :
  • Phyrxe caudata, un insecte parasitoïde qui pond ses œufs dans T. pityocampa, peut interférer dans l’évaluation de l’impact des conditions climatiques sur le développement de T. pityocampa. Ainsi la mortalité induite par le parasitoïde sur les populations de T. pityocampa, est définit comme le nombre de larves tuées dans les nids où les chenilles ont été trouvées en mue jusqu’au 5e stade larvaire.
  • Pour évaluer l’impact du parasitisme sur les œufs, les œufs récoltés sont gardés en laboratoire jusqu’à l’émergence des parasitoïdes adultes. La proportion d’individus parasités n’est pas comptée.
  • Le modèle de l’article ne prend pas en compte l’activité de prédateurs naturels tels que Parus major. Même si les périodes pendant lesquelles les relevés ont été effectués ne correspondaient pas aux périodes de migrations des oiseaux prédateurs.
Ce que cet article apporte au débat :

Bien que cet article ne s’intéresse pas directement à l’impact des variables climatiques sur l’expansion de l’aire de répartition de T. pityocampa. Il permet néanmoins d’identifier une sensibilité des populations de premiers stades larvaires de T. pityocampa aux moyennes de températures les plus faibles avec un faible niveau de précipitation [0 à 9 °C]. Ces variables climatiques ont un effet sur la taille finale des adultes et leur fécondité. Cependant, cette augmentation de la mortalité chez les premiers stades larvaires peut aussi être corrélée avec une activité accrue des ennemis naturels tels que les parasitoïdes ou oiseaux prédateurs. On peut néanmoins identifier un effet des températures minimales hivernales, qui auront tendance à contraindre le développement des larves et donc diminuer les probabilités d’outbreak de T. pityocampa dans de nouveaux territoires.

Remarques sur l'article :
  • L’impact réel du parasitoïde sur les populations de T. pityocampa peut ne pas être complètement décrit, notamment pour un parasitoïde avec une stratégie de virulence active [c.-à-d. individus affaiblis par des ovipositions incomplètes, absence de l’œuf du parasitoïde, mais présence de polyDNAvirus ou bracovirus]. Induisant une mortalité qui pourrait être interprétée comme induite par les températures hivernales.
  • Les auteurs ne prennent pas en compte d’autres facteurs abiotiques tels que le transport de marchandises contaminées entre les différentes pineraies.
Publiée il y a plus de 9 ans par S. Mulero.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.