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Titre de l'article :

Accélération récente de l'évolution adaptative chez l'Homme


Introduction à l'article :

L’homme a considérablement augmenté en nombre au cours des 50000 dernières années. Son histoire évolutive et sa capacité d’adaptation en lien avec la culture font de cette grande population un vivier adaptatif encore actif aujourd’hui. Contrairement aux autres espèces, l’Homme, grâce à l’augmentation de la taille de sa population, augmente le taux et l’effet des réponses adaptatives. Les auteurs se proposent donc d’étudier la répartition de l’âge des liaisons génétiques récemment sélectionné positivement en lien avec les substitutions adaptatives au cours de l’évolution humaine. Cette démarche est donc fondée sur l’étude du déséquilibre de liaison génétique (association préférentielle entre allèles) et nous apportera l’exemple d’une étude à grande échelle du mécanisme de sélection positive et de son déroulement au cours de l’histoire.

Expériences de l'article :

L’approche se base sur une démarche hypothético-déductive. Les auteurs utilisent des modélisations et des tests afin de vérifier leurs hypothèses. On remarque dans un premier temps un développement très poussé des méthodes. Les données sont issues du projet HapMap et ont nécessité une modification. Le test utilisé (LDD pour Linkage Disequilibrium Decay) est plus sensible que les précédents et permet la définition de clusters en fonction de la variation génétique (LD) qui entoure la zone nucléotidique étudiée et correspondent donc chacun à un événement de sélection. Ces clusters sont ensuite positionnés sur une carte. L’âge des allèles étudiés est déterminé en associant ensuite la fréquence de recombinaison locale. Le taux d’adaptation par substitution est ensuite étudié en fonction de l’âge (fitness) selon la correspondance des données à des modèles théoriques couramment utilisés (distribution empirique : gamma et exponentielle négative).

Résultats de l'article :
  • Forte hétérozygotie au sein de la population humaine
  • une absence de relation forte entre hétérozygotie et taux de recombinaison local
  • un déséquilibre de liaison observé inférieur au théorique.
  • lien établi entre augmentation de la population humaine et facteurs génétiques

Ces résultats permettent de conclure que la croissance démographique de l’homme encourage la création de nouvelles mutations sélectionnées, et cela tout au long de son histoire. Les auteurs établissent le lien entre les changements passés de culture et d’écologie chez l’Homme et sa rapide et récente évolution.

Rigueur de l'article :

L’article est rigoureux, présentant un certain nombre de modifications au niveau des méthodes utilisées pour déterminer les clusters (LDD test). Les auteurs ont souhaité, dans un souci de précision et pour répondre à la problématique, améliorer afin de permettre l’appréciation de la recombinaison locale des allèles. L’approche géographique et historique est cependant un peu sous-estimée, de par l’échelle d’étude (mondial).

Ce que cet article apporte au débat :

Le point fort réside dans la description des méthodes utilisées, nous avons ainsi un exemple d’étude principalement liée à la génétique. Dans le cadre du sujet, on confirme donc que l’Homme est soumis à une accélération récente de son évolution adaptative. La grande taille de sa population ainsi que la culture jouent un rôle prépondérant dans cette accélération.

Publiée il y a plus de 9 ans par T. Chaillon et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 9 ans.