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Titre de l'article :

A propos des conducteurs de gènes guidés par l'ARN pour les changements des populations sauvages


Introduction à l'article :

Cet article se base sur le potentiel des conducteurs de gènes guidés par l'ARN basés sur la méthode utilisant l'endonucléase Cas9. Les auteurs fournissent différentes aptitudes, limites et stratégies concernant les conducteurs de gènes. L'endonucléase Cas9 est aujourd'hui beaucoup utilisée en tant qu'outil du génie génétique, notamment pour trouver des solutions de lutte contre la malaria. Les auteurs mettent ici en avant plusieurs paramètres à prendre en compte avant d'appliquer ces méthodes de manière concrète sur le terrain, notamment du fait que des caractères modifiés réduisent la fitness des individus, qui vont, en conséquence, être éliminés par sélection naturelle.

Expériences de l'article :

Les auteurs ne proposent pas de réelle expérience dans cet article mais présentent différents éléments à prendre en compte afin de renforcer l'efficacité de ces méthodes de transgenèse, notamment des facteurs moléculaires. Les auteurs mettent également en avant plusieurs limites aux conducteurs de gènes qui pourraient survenir, ainsi que diverses applications de l'utilisation de conducteurs de gènes guidés par ARN.
Le principe de base de cette méthode consiste à insérer une portion d'ADN dans le génome de l'organisme d'intérêt, le conducteur de gène. Lors de la reproduction, chaque parent (un représentant sauvage et un représentant génétiquement modifié) va transmettre une copie de son ADN. Le descendant aura donc une copie de chaque brin. L'expression du brin issu du parent modifié va conduire à une découpe dans le brin issu du parent sauvage, le but étant que le mécanisme de réparation se fasse par recombinaison homologue, afin d'avoir la portion génique d'intérêt dans chaque brin.

Résultats de l'article :

Le premier point consiste à augmenter l'efficacité de découpage des séquences d'ARN, en utilisant plusieurs guides d'ARN et non un seul. Il faut éviter le découpage de séquences initialement non ciblées (phénomène pouvant se produire et qui réduit la fitness de l'organisme). Les séquences coupées sont ensuite réparées par les mécanismes de réparation propres à l'organisme, et il faut s'assurer qu'elles le soient via une recombinaison homologue, afin que chaque brin comporte le conducteur de gène. Il faut également empêcher l'évolution d'une résistance des organismes vis-à-vis de ces mécanismes, et ce en multipliant les sites cibles (cela va limiter l'impact des mutations et de l'apparition d'une résistance pour l'un des sites ciblés).
Les limites concernant les gènes conducteurs sont le nombre de générations nécessaires à la propagation, le fait que les espèces asexuées ne sont pas affectées et les changements génomiques dirigés par le conducteur ne sont pas permanent à l'échelle évolutive.

Rigueur de l'article :

Cet article semble rigoureux car il étudie de manière approfondie les différentes précautions à prendre et les limites pouvant se présenter aux méthodes d'intérêt.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article permet d'avoir un modèle à suivre concernant la mise en place et la réalisation correcte de ces méthodes impliquant des conducteurs de gènes. Cet article apporte une vision à l'échelle microscopique (et sur une échelle de temps courte) de l'influence et de l'impact de ces méthodes, ce qui permet de compléter la vision fournie par David et al. (2013) qui portait sur une échelle plus globale (interactions écologiques, effets évolutifs) à propos du lâcher d'organismes génétiquement modifiés.

Publiée il y a plus de 9 ans par Y. Rollot.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.