ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Sélection naturelle associée au poids à la naissance. VI. Vers la fin de la composante stabilisante
Introduction à l'article :
Le poids à la naissance est connu pour influer fortement sur la survie périnatale, celle-ci décroissant en s'éloignant d'un optimum bien identifié (sélection stabilisante). L'amélioration de l'encadrement médical des grossesses durant le XXe siècle a accru la survie moyenne des nouveaux-nés dans les pays industrialisés. Cela dénote un relâchement général de la sélection durant la période périnatale.
Cette étude s'attache à caractériser l'évolution de la sélection stabilisante dans ce contexte. Il s'agit d'un suivi de la mortalité périnatale en Italie durant 3 décennies.
Expériences de l'article :
Données: poids à la naissance de nouveaux-nés: morts-nés et nés-vivants issus de grossesses uniques.
Années des données: 1954, 1961. 1967, 1974, 1980 et 1985 ; Demographic Yearbook (Istituto
Centrale di Statistica)
L'intensité de sélection et la proportion de morts sélectives (telle que définie par J. B. S. Haldane) sont calculées. Ce sont 2 mesures de la sélection générale affectant le trait considéré.
La composante stabilisante de cette sélection est évaluée par représentation graphique de la proportion de morts-nés (mortalité) en fonction du poids.
Résultats de l'article :
Durant la période considérée, l'intensité de sélection a diminué d'un facteur 4 mais la proportion de morts sélectives n'a pas de tendance marquée. Un tel comportement de ces indicateurs caractérise une réduction à la fois de la mortalité moyenne et de la mortalité minimale.
La mortalité des classes de poids extrêmes demeure inchangée durant cette période, tandis que la variance du poids diminue.
Toutefois, les classes moyennes, contenant environ 90 % des nouveaux-nés, montrent à la fois une baisse et une uniformisation de la mortalité : il n'y a plus d'optimum marqué.
Cela montre un relâchement de la pression de sélection stabilisante. La moindre réduction de la variance phénotypique par la sélection (variance de tous les individus - variance des nés-vivants) à la fin de la période considérée illustre encore ce relâchement.
Rigueur de l'article :
Cet article a des lacunes. Les statistiques employées sont basiques et il n'y a pas de tests de significativité.
L'étude de cette sélection stabilisante aurait de plus bénéficié de l'utilisation de statistiques de génétique quantitative plus poussées (par exemple gradient quadratique de sélection).
Ce que cet article apporte au débat :
Le relâchement de la sélection sur le poids à la naissance montre dans cette étude une certaine complexité.
Il y a un relâchement général de la sélection sur ce trait, mais celui-ci n'affecte pas toutes les classes de la même façon. Dans ce cas, on passe, grâce aux progrès médicaux, d'une sélection purement stabilisante à un sélection balançante, faible de par un gradient de sélection proche de 0 au sein des classes médianes.
En outre, la présence de 90 % de la population dans ces classes médianes explique sans doute le relâchement général de sélection sur le poids à la naissance.
Publiée il y a plus de 9 ans
par
J. Gros et C. Cros.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Sélection naturelle associée au poids à la naissance. VI. Vers la fin de la composante stabilisante
Introduction à l'article :
Le poids à la naissance est connu pour influer fortement sur la survie périnatale, celle-ci décroissant en s'éloignant d'un optimum bien identifié (sélection stabilisante). L'amélioration de l'encadrement médical des grossesses durant le XXe siècle a accru la survie moyenne des nouveaux-nés dans les pays industrialisés. Cela dénote un relâchement général de la sélection durant la période périnatale.
Cette étude s'attache à caractériser l'évolution de la sélection stabilisante dans ce contexte. Il s'agit d'un suivi de la mortalité périnatale en Italie durant 3 décennies.
Données: poids à la naissance de nouveaux-nés: morts-nés et nés-vivants issus de grossesses uniques.
Années des données: 1954, 1961. 1967, 1974, 1980 et 1985 ; Demographic Yearbook (Istituto
Centrale di Statistica)
L'intensité de sélection et la proportion de morts sélectives (telle que définie par J. B. S. Haldane) sont calculées. Ce sont 2 mesures de la sélection générale affectant le trait considéré.
La composante stabilisante de cette sélection est évaluée par représentation graphique de la proportion de morts-nés (mortalité) en fonction du poids.
Durant la période considérée, l'intensité de sélection a diminué d'un facteur 4 mais la proportion de morts sélectives n'a pas de tendance marquée. Un tel comportement de ces indicateurs caractérise une réduction à la fois de la mortalité moyenne et de la mortalité minimale.
La mortalité des classes de poids extrêmes demeure inchangée durant cette période, tandis que la variance du poids diminue.
Toutefois, les classes moyennes, contenant environ 90 % des nouveaux-nés, montrent à la fois une baisse et une uniformisation de la mortalité : il n'y a plus d'optimum marqué.
Cela montre un relâchement de la pression de sélection stabilisante. La moindre réduction de la variance phénotypique par la sélection (variance de tous les individus - variance des nés-vivants) à la fin de la période considérée illustre encore ce relâchement.
Cet article a des lacunes. Les statistiques employées sont basiques et il n'y a pas de tests de significativité.
L'étude de cette sélection stabilisante aurait de plus bénéficié de l'utilisation de statistiques de génétique quantitative plus poussées (par exemple gradient quadratique de sélection).
Le relâchement de la sélection sur le poids à la naissance montre dans cette étude une certaine complexité.
Il y a un relâchement général de la sélection sur ce trait, mais celui-ci n'affecte pas toutes les classes de la même façon. Dans ce cas, on passe, grâce aux progrès médicaux, d'une sélection purement stabilisante à un sélection balançante, faible de par un gradient de sélection proche de 0 au sein des classes médianes.
En outre, la présence de 90 % de la population dans ces classes médianes explique sans doute le relâchement général de sélection sur le poids à la naissance.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.