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Sauver les espèces en danger en les déplaçant : est-on en train de bricoler avec l'évolution ?
Résumé de la review :
Les translocations d'espèces peuvent avoir des conséquences inattendus et indésirables. Parmi ces conséquences, on peut en mettre deux en exergue :
Les dommages sur l'écosystème
Les changements évolutifs
La suite de la review se concentre sur ce deuxième point avec deux exemples: celui des pinsons de Laysan et des wallabies des rochers.
Pinsons de Laysan
Ces pinsons sont endémiques de l'île de Laysan, une île au Nord-Ouest de l'archipel d’Hawaï. En 1967, une population a été introduite dans l'atoll de Pearl et Hermes. Ces nouvelles îles sont isolées avec peu de nourritures, d'eau et d'espace. De plus, une espèce végétale, Tribulus cistoides représente une grande partie de la communauté végétale des nouvelles îles alors qu'elle n'était que sporadique dans l'île de Laysan.
En 1984 et 1985, l'auteure a mesuré la taille des individus, le bec et le régime alimentaire des populations de pinsons sur les 2 atolls. Elle a aussi mesuré le méricarpe des graines de Tribulus . Les résultats ont montré une différence dans la taille des becs et les méricarpes des différents atolls. Sur l'île de Laysan, les becs sont petits et gros tandis que les méricarpes sont larges. A l'inverse, sur l'atoll de Pearl et Hermes, les pinsons ont des becs longs et fins et les méricarpes sont fins. De plus, l'étude a aussi montré que seulement 4% des pinsons sur l'île de Laysan consommaient des graines de T. cistoides contre 78% sur l'autre atoll.
Ces résultats montrent que des différenciations ont eu lieu ou sont encore en cours entre les populations introduites et parentales.
Wallabies des rochers
Ces wallabies n'ont pas été introduits volontairement mais se sont sûrement échappés d'un zoo sur l'île d'Honolulu. Ils proviendraient à la base d'une population australienne. Néanmoins, à l'heure actuelle, ces wallabies diffèrent par la taille, la coloration, les caractéristiques squelettiques mais aussi d'un point de vue génétique. Les wallabies hawaïens pourraient avoir évolué à tel point qu'on pourrait maintenant les considérer comme une nouvelle espèce ou race.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review permet d'aborder la question de la translocation sous un angle plus évolutif que la majorité des revues. En effet, au lieu de parler des conséquences écologiques de l'introduction d'espèces, l'auteure préfère nous parler de la diversité génétique des espèces introduites.
En émerge ainsi une nouvelle question qui est :
Faut-il vraiment déplacer une espèce en augmentant sa chance de survie sachant qu'elle pourrait éventuellement devenir distincte du type original au point de devenir une nouvelle espèce ?
Remarques sur la review :
L'auteure a réalisé plusieurs études sur la conservation des oiseaux de l'archipel d'Hawaï et a notamment reçu le prix Ralph W. Schreiber de l'Union Américaine des Ornithologistes qui honore les contributions scientifiques dans le domaine de la conservation, la restauration et la préservation des oiseaux et de leurs habitats.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
B. Dubourguier.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Sauver les espèces en danger en les déplaçant : est-on en train de bricoler avec l'évolution ?
Résumé de la review :
Les translocations d'espèces peuvent avoir des conséquences inattendus et indésirables. Parmi ces conséquences, on peut en mettre deux en exergue :
La suite de la review se concentre sur ce deuxième point avec deux exemples: celui des pinsons de Laysan et des wallabies des rochers.
Pinsons de Laysan
Ces pinsons sont endémiques de l'île de Laysan, une île au Nord-Ouest de l'archipel d’Hawaï. En 1967, une population a été introduite dans l'atoll de Pearl et Hermes. Ces nouvelles îles sont isolées avec peu de nourritures, d'eau et d'espace. De plus, une espèce végétale, Tribulus cistoides représente une grande partie de la communauté végétale des nouvelles îles alors qu'elle n'était que sporadique dans l'île de Laysan.
En 1984 et 1985, l'auteure a mesuré la taille des individus, le bec et le régime alimentaire des populations de pinsons sur les 2 atolls. Elle a aussi mesuré le méricarpe des graines de Tribulus . Les résultats ont montré une différence dans la taille des becs et les méricarpes des différents atolls. Sur l'île de Laysan, les becs sont petits et gros tandis que les méricarpes sont larges. A l'inverse, sur l'atoll de Pearl et Hermes, les pinsons ont des becs longs et fins et les méricarpes sont fins. De plus, l'étude a aussi montré que seulement 4% des pinsons sur l'île de Laysan consommaient des graines de T. cistoides contre 78% sur l'autre atoll.
Ces résultats montrent que des différenciations ont eu lieu ou sont encore en cours entre les populations introduites et parentales.
Wallabies des rochers
Ces wallabies n'ont pas été introduits volontairement mais se sont sûrement échappés d'un zoo sur l'île d'Honolulu. Ils proviendraient à la base d'une population australienne. Néanmoins, à l'heure actuelle, ces wallabies diffèrent par la taille, la coloration, les caractéristiques squelettiques mais aussi d'un point de vue génétique. Les wallabies hawaïens pourraient avoir évolué à tel point qu'on pourrait maintenant les considérer comme une nouvelle espèce ou race.
Cette review permet d'aborder la question de la translocation sous un angle plus évolutif que la majorité des revues. En effet, au lieu de parler des conséquences écologiques de l'introduction d'espèces, l'auteure préfère nous parler de la diversité génétique des espèces introduites.
En émerge ainsi une nouvelle question qui est :
Faut-il vraiment déplacer une espèce en augmentant sa chance de survie sachant qu'elle pourrait éventuellement devenir distincte du type original au point de devenir une nouvelle espèce ?
L'auteure a réalisé plusieurs études sur la conservation des oiseaux de l'archipel d'Hawaï et a notamment reçu le prix Ralph W. Schreiber de l'Union Américaine des Ornithologistes qui honore les contributions scientifiques dans le domaine de la conservation, la restauration et la préservation des oiseaux et de leurs habitats.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.