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Classification de groupes d'individus en tant que espèces (+), habituellement des espèces (±) ou des espèces non différenciées (−) par différents concepts d'espèces (na, concept non applicable). BSC=biological species concept; PSC=phylogenetic species concept; GCD=genotypic cluster definition; CSC=cohesion species concept; GSC=genic species concept; DFSC=differential fitness species concept.
Hausdorf, B. (2011), PROGRESS TOWARD A GENERAL SPECIES CONCEPT. Evolution, 65: 923–931. doi:10.1111/j.1558-5646.2011.01231.x
Résumé de la review :
L'auteur voudrait redéfinir le concept d'espèce biologique en intégrant l'importance de la fitness différentielle.
Il définit les espèces comme : " Des groupes d'individus qui sont réciproquement caractérisés par des traits qui pourraient avoir des effets négatifs sur la fitness d'autres groupes et qui ne peuvent pas être régulièrement échangés entre les groupes lorsqu'il y a contact"
Avant cet article, il y avait au moins 25 définitions d'espèces. Différents concepts donnent des nombres différents d'espèces et de groupements différents, avec des implications financières, juridiques, biologiques et de conservation. Les deux définitions les plus importantes sont le concept d'espèce biologique (BSC) et le concept d'espèce phylogénétique (PSC). Lorsque ces deux concepts ont été appliqués aux mêmes organismes, la PSC a conduit à 48% plus d'espèces que les BSC et dans certains cas, le regroupement selon les BSC et les PSC était assez discordant avec les espèces PSC non nichées dans les espèces BSC, ou vice versa.
De nouvelles perspectives sur les processus de spéciation et la nature du terme « espèce » accumulées lors des 10 dernières années demandent de se questionner sur le terme d’espèce.
Pour définir une espèce il faut déjà comprendre les processus de spéciation et particulièrement les limites de ce processus.
Ce débat, bien que philosophique, est particulièrement présent dans la sphère scientifique. Agapow et al en 2004 ont montré dans une étude bibliographique un dénombrement d'espèces 49% plus élevé dans les études utilisant un concept d'espèce phylogénétique que dans les études portant sur des concepts non phylogénétiques sur les mêmes organismes et une diminution de la taille et de la portée de la population.
A cause de l’importance d’un consensus pour une définition du terme espèce, une pléthore de concepts ont été proposée (Mayden 1997; de Queiroz 1998; Harrison 1998; Coyne and Orr 2004)
Parmi ces découvertes on peut citer :
Les barrières reproductrices sont semiperméable au flux génique et les espèces peuvent se différentier malgré une interfécondité en cours
(Harrisson 1998; Rieseberg 2001; Wu 2001)
Les organismes uniparentaux sont organisés en unités qui rassemblent des espèces d'organismes biparentaux
(Holman 1987; Gevers et al. 2005; Cohan and Perry 2007; Fontaneto et al. 2007; Cohan and Koeppel 2008)
La review montrent les impacts de ces découvertes sur les différentes notions d'espèce. Ici on se concentrera sur la notion d'espèce biologique.
Pour l'auteur, les barrières reproductrices semi-perméable au flux génétique et la différenciation des espèces malgré une interfécondité en cours challenge ce concept.
Accepter ce concept nécessiterait de regrouper des espèces bien différenciées et généralement acceptées de nos jours qui se croisent néanmoins régulièrement.
Cette définition a été définie uniquement pour des organismes biparentaux ce qui ignore les découvertes concernant le rassemblement d'espèces uniparentales. Ce qui est incompatible avec, par exemple, des organismes procaryotes.
En outre, il existe des organismes uniparentaux sans échange de gènes tels que les espèces parthénogénétiques, pour lesquels même une modification du concept d'espèce biologique ne serait pas applicable.
L'auteur compare les différentes notions en fonction d'un regroupement d'espèce (figure 1).
Les groupes classés en tant qu'espèces selon le concept des espèces biologiques possèdent des caractéristiques qui causent l'isolement reproductif chez les organismes biparentaux ont des effets négatifs sur la fitness dans d'autres groupes et ces caractéristiques ne peuvent pas être échangées régulièrement.
Rigueur de la review :
La review est très documentée mais ne donne que peu d'exemples concrets.
Ce que cette review apporte au débat :
La review montre que certains processus ne sont pas en accord avec la définition actuelle de l'espèce et oriente le débat vers un concept plus général prenant en compte les diverses définitions actuelles.
D'un point de vue subjectif, l'auteur s'oppose à la définition de l'espèce couramment utilisée en biologie : la notion dite "biologique" et apporte un argumentaire étayé de processus évolutifs.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
Marion.Cheron.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Avancées vers un concept généralisé de l'espèce
Figure 1.
Classification de groupes d'individus en tant que espèces (+), habituellement des espèces (±) ou des espèces non différenciées (−) par différents concepts d'espèces (na, concept non applicable). BSC=biological species concept; PSC=phylogenetic species concept; GCD=genotypic cluster definition; CSC=cohesion species concept; GSC=genic species concept; DFSC=differential fitness species concept.
Hausdorf, B. (2011), PROGRESS TOWARD A GENERAL SPECIES CONCEPT. Evolution, 65: 923–931. doi:10.1111/j.1558-5646.2011.01231.x
L'auteur voudrait redéfinir le concept d'espèce biologique en intégrant l'importance de la fitness différentielle.
Il définit les espèces comme :
" Des groupes d'individus qui sont réciproquement caractérisés par des traits qui pourraient avoir des effets négatifs sur la fitness d'autres groupes et qui ne peuvent pas être régulièrement échangés entre les groupes lorsqu'il y a contact"
Avant cet article, il y avait au moins 25 définitions d'espèces. Différents concepts donnent des nombres différents d'espèces et de groupements différents, avec des implications financières, juridiques, biologiques et de conservation. Les deux définitions les plus importantes sont le concept d'espèce biologique (BSC) et le concept d'espèce phylogénétique (PSC). Lorsque ces deux concepts ont été appliqués aux mêmes organismes, la PSC a conduit à 48% plus d'espèces que les BSC et dans certains cas, le regroupement selon les BSC et les PSC était assez discordant avec les espèces PSC non nichées dans les espèces BSC, ou vice versa.
De nouvelles perspectives sur les processus de spéciation et la nature du terme « espèce » accumulées lors des 10 dernières années demandent de se questionner sur le terme d’espèce.
Pour définir une espèce il faut déjà comprendre les processus de spéciation et particulièrement les limites de ce processus.
Ce débat, bien que philosophique, est particulièrement présent dans la sphère scientifique. Agapow et al en 2004 ont montré dans une étude bibliographique un dénombrement d'espèces 49% plus élevé dans les études utilisant un concept d'espèce phylogénétique que dans les études portant sur des concepts non phylogénétiques sur les mêmes organismes et une diminution de la taille et de la portée de la population.
A cause de l’importance d’un consensus pour une définition du terme espèce, une pléthore de concepts ont été proposée (Mayden 1997; de Queiroz 1998; Harrison 1998; Coyne and Orr 2004)
Parmi ces découvertes on peut citer :
La review montrent les impacts de ces découvertes sur les différentes notions d'espèce. Ici on se concentrera sur la notion d'espèce biologique.
Pour l'auteur, les barrières reproductrices semi-perméable au flux génétique et la différenciation des espèces malgré une interfécondité en cours challenge ce concept.
Accepter ce concept nécessiterait de regrouper des espèces bien différenciées et généralement acceptées de nos jours qui se croisent néanmoins régulièrement.
Cette définition a été définie uniquement pour des organismes biparentaux ce qui ignore les découvertes concernant le rassemblement d'espèces uniparentales. Ce qui est incompatible avec, par exemple, des organismes procaryotes.
En outre, il existe des organismes uniparentaux sans échange de gènes tels que les espèces parthénogénétiques, pour lesquels même une modification du concept d'espèce biologique ne serait pas applicable.
L'auteur compare les différentes notions en fonction d'un regroupement d'espèce (figure 1).
Les groupes classés en tant qu'espèces selon le concept des espèces biologiques possèdent des caractéristiques qui causent l'isolement reproductif chez les organismes biparentaux ont des effets négatifs sur la fitness dans d'autres groupes et ces caractéristiques ne peuvent pas être échangées régulièrement.
La review est très documentée mais ne donne que peu d'exemples concrets.
La review montre que certains processus ne sont pas en accord avec la définition actuelle de l'espèce et oriente le débat vers un concept plus général prenant en compte les diverses définitions actuelles.
D'un point de vue subjectif, l'auteur s'oppose à la définition de l'espèce couramment utilisée en biologie : la notion dite "biologique" et apporte un argumentaire étayé de processus évolutifs.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.