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Translocation comme outil de conservation : fidélité des sites et mouvement de tortues gaufrées (Gopherus polyphemus) rapatriées
Introduction à l'article :
Le succès de translocation des reptiles et des amphibiens est plus faible que celui des mammifères et des oiseaux. Or 2/3 des tortues sont évaluées comme "En Danger" par l'IUCN.
La tortue gaufrée est la seule espèce de tortues à habiter le Sud-Est des Etats-Unis et a été la cible de beaucoup de relocalisations.
Le but du projet de l'article a été (1) de ré-établir une population viable et protégée et (2) de tester si des enclos affectent la fidélité au site et la taille de la zone d'activité.
Expériences de l'article :
106 tortues ont été déplacées de leur ancien environnement à un site situé à 217 km plus au Nord. Sur ces 106 individus, seuls les adultes et sub-adultes ont été suivis par GPS ce qui représente environ 40 individus.
Trois zones de 1 ha chacune ont été créées dans le nouveau site. Une de ces zones a été fermée par un enclos pendant 9 mois, une autre pendant 12 mois et la dernière a été laissée ouverte. Dans chacune de ces zones, des terriers artificiels ont été creusés et 13 à 14 individus y ont été installés.
Après avoir enlevé les enclos, les tortues ont été localisés au minimum une fois par semaine. Les tortues qui se sont déplacés de plus de 1 km de la zone sans avoir fait aucun terrier sont considérées comme "dispersées". Elles sont ensuite capturées et remises dans leur zone mais sont considérées comme un échec pour la translocation.
La fidélité au site et l'aire d'activité de chaque tortue sont ensuite calculées pendant 2 ans.
Résultats de l'article :
Le fait que les tortues aient été retenues par un enclos et le temps de cette rétention influent beaucoup sur la fidélité au site en réduisant le nombre de tortues qui se dispersent et le nombre de fois que la dispersion s'effectue. Une seule tortue de l'enclos "12 mois" a dispersé contre 10 pour la zone sans enclos. Ces différences se retrouvent la première année mais disparaissent la seconde où seules 4 tortues (toutes zones confondues) ont dispersé.
L'aire d'activité se retrouve réduite lorsque l'enclos dure 12 mois la première année. Lors de la deuxième année, les aires d'activité sont plus petites, moins différentes entre les traitements et plus proches que celles retrouvées dans des populations naturelles.
Les adultes femelles recquièreraient plus de temps d'enclos que les autres pour rester dans le site tandis que les sub-adultes s'établiraient plus facilement que les adultes.
Rigueur de l'article :
Aucune mesure n'a été réalisée sur les juvéniles. Certaines tortues auraient pu rester dans la zone pour s'occuper des juvéniles et cela aurait ainsi pu entraîner un biais sur la fidélité au site. Un autre biais est que la date de retrait des enclos n'est pas la même. Ainsi, l'enclos "9 mois" a été enlevé en Juillet tandis que l'enclos "12 mois" a été enlevé en Septembre. Or, les tortues subissent une période de "dormance" pendant les saisons non-favorables. Les tortues provenant de l'enclos "12 mois" ont peut-être moins dispersé à cause de leur faible activité au moment où elles étaient libres.
Il serait intéressant de réaliser cette étude sur une durée plus longue et de mesurer aussi le taux de survie ou le taux de reproduction des tortues.
Translocation comme outil de conservation : fidélité des sites et mouvement de tortues gaufrées (Gopherus polyphemus) rapatriées
Introduction à l'article :
Le succès de translocation des reptiles et des amphibiens est plus faible que celui des mammifères et des oiseaux. Or 2/3 des tortues sont évaluées comme "En Danger" par l'IUCN.
La tortue gaufrée est la seule espèce de tortues à habiter le Sud-Est des Etats-Unis et a été la cible de beaucoup de relocalisations.
Le but du projet de l'article a été (1) de ré-établir une population viable et protégée et (2) de tester si des enclos affectent la fidélité au site et la taille de la zone d'activité.
106 tortues ont été déplacées de leur ancien environnement à un site situé à 217 km plus au Nord. Sur ces 106 individus, seuls les adultes et sub-adultes ont été suivis par GPS ce qui représente environ 40 individus.
Trois zones de 1 ha chacune ont été créées dans le nouveau site. Une de ces zones a été fermée par un enclos pendant 9 mois, une autre pendant 12 mois et la dernière a été laissée ouverte. Dans chacune de ces zones, des terriers artificiels ont été creusés et 13 à 14 individus y ont été installés.
Après avoir enlevé les enclos, les tortues ont été localisés au minimum une fois par semaine. Les tortues qui se sont déplacés de plus de 1 km de la zone sans avoir fait aucun terrier sont considérées comme "dispersées". Elles sont ensuite capturées et remises dans leur zone mais sont considérées comme un échec pour la translocation.
La fidélité au site et l'aire d'activité de chaque tortue sont ensuite calculées pendant 2 ans.
Le fait que les tortues aient été retenues par un enclos et le temps de cette rétention influent beaucoup sur la fidélité au site en réduisant le nombre de tortues qui se dispersent et le nombre de fois que la dispersion s'effectue. Une seule tortue de l'enclos "12 mois" a dispersé contre 10 pour la zone sans enclos. Ces différences se retrouvent la première année mais disparaissent la seconde où seules 4 tortues (toutes zones confondues) ont dispersé.
L'aire d'activité se retrouve réduite lorsque l'enclos dure 12 mois la première année. Lors de la deuxième année, les aires d'activité sont plus petites, moins différentes entre les traitements et plus proches que celles retrouvées dans des populations naturelles.
Les adultes femelles recquièreraient plus de temps d'enclos que les autres pour rester dans le site tandis que les sub-adultes s'établiraient plus facilement que les adultes.
Aucune mesure n'a été réalisée sur les juvéniles. Certaines tortues auraient pu rester dans la zone pour s'occuper des juvéniles et cela aurait ainsi pu entraîner un biais sur la fidélité au site. Un autre biais est que la date de retrait des enclos n'est pas la même. Ainsi, l'enclos "9 mois" a été enlevé en Juillet tandis que l'enclos "12 mois" a été enlevé en Septembre. Or, les tortues subissent une période de "dormance" pendant les saisons non-favorables. Les tortues provenant de l'enclos "12 mois" ont peut-être moins dispersé à cause de leur faible activité au moment où elles étaient libres.
Il serait intéressant de réaliser cette étude sur une durée plus longue et de mesurer aussi le taux de survie ou le taux de reproduction des tortues.
Cet article nous montre une des mesures que les chercheurs peuvent adopter pour que la translocation d'espèce soit un succès. Cela peut être complémentaire ou peut remplacer une autre mesure qui est d'installer de nouveaux individus dans une zone déjà peuplée (cf. Impacts of Translocation on Behavior and Survival of Timber Rattlesnakes, Crotalus horridus).
Dernière modification il y a plus de 6 ans.