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Titre de l'article :

Possibles risques écologiques d'un relâchement d'organismes transgéniques lorsque les transgènes affectent la probabilité d'accouplement


Introduction à l'article :

L'introduction d'organismes génétiquement modifiés dans les milieux naturels représentent un possible danger pour l'environnement, surtout s'ils présentent des traits qui les avantagent dans la reproduction par rapport aux populations naturelles. Les poissons génétiquement modifiés présentent une croissance accélérée et elle est, in fine, plus importante. Ces traits sont souvent déterminant dans le succès reproducteur des individus. Donc quel est le potentiel pour un transgène de se propager la population lorsqu'il concerne un trait sexuel ?

Expériences de l'article :

Leur objet d'étude est le poisson de l'espèce médaka (Oryzias latipes) ayant subit l'insertion d'un gène de l'hormone de croissance humaine. Cette modification lui permet de grandir plus rapidement, voire de manière plus importante. Ils ont construit des modèles mathématiques comprenant des équations de récurrence, considérant comme seules variables le succès d'accouplement des mâles et la viabilité des jeunes. Leur but étant de prédire les changements de fréquences des gènes, mais également les changements de taille de la population, suite à l'introduction d'individus transgéniques dans une population d'individus sauvages. Ainsi, ce modèle simule l'introduction de 60 individus transgéniques homozygotes de sex-ratio égal à maturité sexuelle dans une population sauvage de 60 000 individus de sex-ratio égal.

Résultats de l'article :

Le succès d'accouplement des mâles transgéniques et la viabilité des juvéniles influencent respectivement la vitesse de propagation du transgène et la vitesse d'extinction de la population. Donc, si les mâles transgéniques ont un succès d'accouplement supérieur à celle des sauvages, l'extinction de la population sera d'autant plus rapide que la viabilité des juvéniles est faible. Il s'agit de l'effet "gène de Troie". Le transgène pourrait être contre-sélectionné si l'avantage des mâles réside seulement dans la préférence des femelles et non pas dans une meilleure compétition entre les mâles.

Rigueur de l'article :

Le modèle déterministe de l'article et donc ces conclusions sont une simplification de la réalité. La population simulée par le modèle n'est pas intégrée dans un réseau de populations où elle aurait pu échanger des migrants avec d'autres populations. La fécondité, la fertilité, la susceptibilité à la prédation et la longévité ne subissent pas d'effet du transgène, ils sont donc identiques dans le temps et entre les poissons. Par ailleurs, la probabilité de s'accoupler n'est pas dépendante de la fréquence, ce qui est faux pour certaines espèces. De plus, ici, les transgènes sont considérées comme ayant un effet que sur les mâles.

Ce que cet article apporte au débat :

D'après le modèle établi par les auteurs, les individus transgéniques ayant une probabilité supérieure de se reproduire auront plus de descendants que les individus sauvages. Cependant, contrairement à ces derniers, ils sont moins adaptés aux conditions naturelles. Les descendants auraient donc une plus faible probabilité de survie, ce qui mènerait à l'extinction de la population.

Remarques sur l'article :

Les auteurs mentionnent qu'ils ont effectuées précédemment des croisements entre des individus sauvages de médaka et des individus ayant reçus le gène de l'hormone de croissance humaine. Ils ont estimé que la viabilité des médaka (survie jusqu'à l'âge de 3 ans) est 30% inférieure à celle des sauvages. De plus, les mâles transgéniques se sont accouplés 4 fois plus que les mâles sauvages.

Publiée il y a plus de 8 ans par G. Uguen.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.